Automobile Thieulin 1906 photo musée

Musée de l’automobile Henri Malastre de la Rochetaillée sur Saône

 

Avant la guerre 14/18

Quatre Thieulin exercent une activité dans l’automobile : Louis, Maurice, Joseph et Emile. Louis (1852-1914) est le père, il fonde une maison de mécanique générale en 1886, maison qu‘il transformera en société en commandite en 1906. Il la dirigera jusqu’au 15 aout 1914 date de son décès. Emile prendra sa succession, il sera secondé par Joseph.

Les locaux utilisés par Louis, Maurice, Joseph et Emile sont implantés aux Chaprais : avenue Carnot et avenue Fontaine-Argent.

Louis construit un véhicule à vapeur en 1889, dont machine et chaudière à 25 atmosphères. Il dépose le brevet 280939 : « moteur à essence de pétrole pour automobile et comme moteur fixe » en 1898.

Louis Thieulin fonde, avec d’autres dont Emile Amstoutz, l’Automobile club Franc comtois en 1904.

Thieulin est stockiste des pneus l’Electric en 1906, il représente également la société Ateliers de Construction Mécanique l’Aster, basée à Saint Denis près de Paris, et qui fabrique des moteurs, des châssis et des boîtes de vitesses pour différents constructeurs automobiles.

 

Annonce parue dans Le Petit Comtois du 26 juillet 1906

 

En 1907 la société Thieulin et Cie est « stockiste » de Dion Bouton. Le 20 février 1908, les Thieulin déposent le brevet 387348 : « Changement de vitesse pour automobile à prise directe à toutes les vitesses. » La même année Louis Thieulin dépose le brevet 445658 : « Adaptation des moteurs à explosion à la propulsion des faucheuses, moissonneuses-lieuses et au travail des lames coupeuses et autres agrès « .

Maurice (1885-1939) est ingénieur des Arts et Métiers, il travaille avec son père, il est agent exclusif de Panhard et Levassor et de Rochet Schneider puis Il est nommé Directeur général des Carburateurs Zenith en 1911. Cette usine est implantée 55 Chemin Feuillat Lyon III°.

Joseph (1886-1926) et Emile (1879-1935) ont démarré leur carrière dans l’automobile comme pilotes, Emile et Joseph sont passionnés de sports mécaniques. Ils font leurs débuts en compétition sur La Buire en 1906, un Thieulin arrivera 1° dans la quatrième catégorie, au « Concours de côte de l’AC Bourguignon » de 1906. Puis ils courront sur Rochet-Schneider en 1907. Un Thieulin obtiendra une 4° place à la course de côte de Château Thierry et Joseph une 6° au Taunus ou coupe de l’Empereur en Allemagne. Joseph court à Brescia, septembre 1907, sur Rochet-Schneider, il termine (6°) devant Carlo Maserati (9°) sur Bianchi, à la Guadarama, … puis à Dieppe pilotant une voiturette Thieulin, il y obtient un bon classement.

Cette même année ils construisent une série de 10 voitures, selon certaines sources, et en engagent deux dans plusieurs Grands Prix. « On dit les deux voiturettes construites par M. Louis Thieulin, de Besançon, extrêmement vites et résistantes, elles sont munies d’un moteur Ravel, monocylindrique, de 100 mm d’alésage et 150 mm de course, 3 vitesses, une marche arrière, thermosiphon … « , carrossées par Monjardet, elles seront conduites par MM. Thieulin et Viton. En juin Joseph Thieulin participe au Grand Prix de l’ACF accompagné d’Emile Zettwoog son mécanicien. Au grand prix des voiturettes du 6 juillet 1908 à Dieppe, Joseph Thieulin, Salmer son mécanicien, se classe 6° et Zettwoog, Guth son mécanicien, se classe 11°, leurs voiturettes pesaient 617 kg, pour une masse mini de 600 kg. Selon les courses, Zettwoog est mécanicien ou pilote, il est engagé en juillet 1908 au circuit de Dieppe. Une Thieulin est engagée au circuit de Boulogne sur mer en janvier 1909. Plus tard, les Thieulin ont diversifié leur activité.

 

 

Joseph Thieulin sur Thieulin 1908

 

La vie locale : Fêtes du mois d’août 1910

« La sous-commission chargée de l’organisation du concoure d’automobiles fleuries, avec bataille de fleurs, s’est réunie hier soir à huit heures et demie. Sont présents : MM. … Ravel, … Joseph Thieulin, Th. Schneider, …  »

Vingt propriétaires de voilures ont pris l’engagement de prendre part au concours.

En 1913 un Thieulin est correspondant général du journal l’Auto, à ce titre il intervient comme commissaire local, dans la compétition organisée par ce dernier. En septembre de la même année, au comice agricole de Rougement dans le Doubs, la Maison Thieulin, obtient la Mention Spéciale pour son moteur Dolo actionnant une machine à battre.

Les relations commerciales locales : Emile et Louis Thieulin, livrent des pièces à Th. Schneider, Louis Ravel, aux frères Douge, François Dolo … Henri Régnier et Joseph Thieulin ont fondé les Monts Jura, Ferdinand Monjardet et Joseph Thieulin sont au conseil d’administration des Monts Jura.

 

La Grande guerre

Joseph Thieulin est membre civil de la commission de recensement des automobiles mises en place en mai 1914. La maison Thieulin, 20 avenue Fontaine Argent fabrique des obus 75 et de 155 ainsi que des balles de mitrailleuse pour avion.

En 1914, Maurice est officier, affecté au Centre des Elèves Officiers du Service Automobile. Plus tard il organise le la production de l’économie de guerre, il est rappelé aux usines Zénith à Lyon, fin 1918 ces usines produisent en usinage / montage, l’équivalent de 1 800 moteurs d’avion par mois. Il est promu Chevalier de la légion d’honneur.

 

Après la guerre

Le garage Louis Thieulin dirigé par Emile occupe les 20, 22 et 24 Avenue Fontaine Argent, annexe 17 rue Beauregard. C’est le plus important de la région (6 000 m²), Le garage est également concessionnaire Renault. Les locaux du 6 avenue Carnot sont reconvertis en magasin d’exposition.

 

Thieulin facture de 1928 adressée à la ville

 

 

Ils sont agent pour la région, des Automobiles Darracq, Rochet-Schneider, Zénith (L. Ravel, constructeur à Besançon) ils font également de la réparation automobile. Leurs ateliers de l’avenue Fontaine Argent sont équipés d’une forge et d’une menuiserie.

Emile Thieulin est gérant concessionnaire des Etablissements Simon de Cherbourg, appareils pour la fabrication des cidres, des vins, appareils pour laiteries, beurreries et fromagerie, concasseurs à grains …, de Gaulin de Paris (matériels de viticulture et agricole), des moteurs Douge, ingénieurs-constructeurs, système Dolo, des batteuses de la société Bourguignonne de Constructions agricoles, des trieurs Pernollet, des pompes Guimard et des écrémeuses Baltic. Ils sont dépositaires des Etablissement Sulzer de Saint Denis, de plus ils conservé leur atelier de mécanique avec 6o machines-outils et 80 ouvriers, une menuiserie et une forge.

 

Publicité dans Le Petit Comtois du 10 août 1928

 

Emile est Juge au Tribunal de commerce, président de la Chambre syndicale des Agents d’automobile du Doubs en mai 1930. Emile sera promu officier du Mérite agricole en 1927.

Louis Thieulin décède à la mi-août 1914, ses obsèques ont lieu en l’église des Chaprais. Joseph décède le 9 novembre 1926, Emile le 8 avril 1935 et Maurice le 20 décembre 1939.

 

Avis décès paru dans l’Eclair Comtois du 16 aout 1914

 

Avis décès d’Emile dans le Petit Comtois du 10 avril 1935

 

Avis décès de Maurice dans le Petit Comtois du 22 décembre 1939

 

 

Brevet  280939 moteur à essence de pétrole pour automobile et comme moteur fixe

J.P. ancieingénieur automobile