(1812-1880)

PARIS-TEXAS

 

Au cimetière des Chaprais à Besançon, une discrète stèle de calcaire est dressée, sculptée d’une tulipe et gravée aux noms de villes.

 

 

– La tulipe est le symbole fouriériste de la justice (Charles Fourier – 1772/1837 – instigateur du courant utopiste, auteur d’une théorie des analogies, influencée par les lois gravitationnelles de  Newton, à l’origine les phalanstères. Karl Marx s’en est inspiré.).

 

Le chemin de vie de Julie sur sa stèle funéraire

 

– Les noms de villes retracent le circuit de la vie de Julie : née à Besançon, passée par Paris, la Belgique, le Texas, retournée à Paris, enterrée à Besançon.

Julie était la deuxième fille de Clarisse Vigoureux (1789-1865), elle-même fille d’un riche maître des forges à Montagney (Doubs). Clarisse épouse à 17 ans un marchand drapier de Besançon, Pierre – François Vigoureux. Claire, Paul et Julie naîtront de leur union. Mais Pierre se suicide en 1817 à cause de méchantes rumeurs et Clarisse, veuve à 28 ans doit faire face.

 

Clarisse Vigoureux

 

Elle découvre Charles Fourier et son œuvre qui l’enthousiasme et le reçoit à Besançon. Sa ferveur se transmet à Victor Considerant (pas d’accent, Victor y tenait). Ce dernier se fiance d’abord avec Claire, (la fille aînée de Clarisse), mais qui, malheureusement, partit trop tôt à 17 ans.

 

Victor Considerant portrait de Jean Gigoux collection privée

 

Clarisse et Julie à Paris en 1834, 3 ans avant la mort de Fourier. Victor, fidèle adepte, lui succède à la direction de «L’Ecole Sociétaire » en 1838. Il épouse Julie, ils auront des enfants Gustave et Justine.

En 1841 Clarisse est ruinée car son frère à fort mal géré la fortune familiale qu’elle lui avait confiée. Elle continue à militer et publier des articles dans la revue fouriériste «La Phalange ». En 1848 Victor est député du Loiret (la dot de Julie lui permet de financer ses campagnes et d’entrer en politique. On le considère comme l’inventeur de la représentation proportionnelle en 1846). Soutenu par Clarisse, il demande à la Commission des Législations, le droit au travail et le vote des femmes. Sans succès… peu après, opposé à Louis-Napoléon Bonaparte, il est contraint de s’exiler en Belgique avec Julie. Il y rencontre Monsieur Brisbane, un américain fouriériste qui le convainc de fonder un phalanstère au Texas. Suivront embarquement depuis Ostende en 1855 et créations de la communauté « Réunion » près de Dallas, avec le financement de Godin (fabricant de poêles et créateur du phalanstère de Guise). Le manque d’expérience des colons et la sécheresse du climat (impitoyable…) les mènera à l’échec.

La famille gagne San Antonio, toujours au Texas, où Clarisse mourra dans la misère en 1865 en pleine guerre de Sécession

Retour en France en 1869 à la faveur d’une amnistie, Victor adhère à la première internationale et soutient la commune (1871). Il finit sa vie au Quartier Latin à Paris cessant toute activité politique.

Julie décède en 1880 et est enterrée à Besançon. Victor meurt en 1893 inhumé au Père-Lachaise.

 

Stèle de Julie fleurie par la ville

 

Brigitte Delsalle

Si vous souhaitez approfondir la vie de Julie, lire le document ci-dessous.

PDF