Ce monument, près du pont de la République, côté Chaprais, a subi l’outrage des temps. La fontaine ne fonctionne plus ; le monument sous les arbres des berges du Doubs était souillé et attaqué par la pollution. A la demande de M. Gilles Champion, demande reprise par le Collectif Histoire des Chaprais auquel il appartient, la mairie a entrepris des travaux de remise en état de ce monument.

Une petite cérémonie officielle a été organisée une fois les travaux terminés, le samedi  5 juillet 2025, en présence de la Maire de Besançon, Madame Anne Vignot qui a retracé l’essentiel de l’histoire de ce monument.

C’est pourquoi nous avons jugé utile de vous communiquer les termes de son discours, suivi de celui de Gilles Champion.

Nous avons agrémenté ces discours de quelques illustrations

 

Madame la Maire Anne Vignot devant le monument le 5 juillet 2025

 

Madame, Monsieur,
Messieurs du Collectif Histoire des Chaprais
Mes chers collègues,

Nous sommes réunis ce matin pour marquer la fin des travaux de rénovation du Monument Hilaire de Chardonnet.

Cette rénovation s’inscrit, en partenariat avec les associations de défense du patrimoine, dans notre politique de rénovation des monuments historiques.

Du monument au Champs Bruley à la statue de Victor Hugo, promenade Granvelle, en passant par Pierre-Joseph Proudhon, Vieil Picard, ou encore Victor Hugo, esplanade des droits de l’homme, nous avons entrepris de protéger et sauvegarder ce patrimoine ancien, notre patrimoine commun.

Nous avons aussi fait le choix culturel de permettre d’autres monuments, d’autres statues : Henriette de Crans, Colette, ou encore dernièrement Jenny d’Hericourt.

Nous avons également l’honneur, la semaine prochaine, de poser, près du futur quartier Saint-Jacques, à quelques pas du Doubs, la statue de « Victor Hugo, nu debout », d’Auguste Rodin qui se trouvait au Musée des Beaux-arts depuis 2022 par le don exceptionnel du regretté Léonard Gianadda.

La statue va ainsi trouver son emplacement extérieur comme convenu avec M. Gianadda.Il faut savoir prendre soin de nos monuments du passé, les faire revivre, et ouvrir de nouvelles perspectives.

Quant au Comte Hilaire de Chardonnet, figure historique de Besançon, je laisserai la parole dans quelques instants à M. Gilles Champion du Collectif Histoire des Chaprais pour nous en parler mieux que moi.

Je me permets donc quelques mots sur le monument conçu par l’architecte bisontin Maurice Boutterin, en 1936, en son honneur.

 

 

Ce monument majestueux symbole de l’innovation et du progrès rend hommage au célèbre inventeur de la soie artificielle, qui a révolutionné l’industrie textile.

Les détails architecturaux de l’édifice sont impressionnants avec des sculptures élégantes représentant des motifs liés à l’industrie textile.

 

 

Le buste du scientifique qui y trône est un agrandissement d’une sculpture réalisée par sa fille Anne.

 

 

Anne de Chardonnet

 

Les autres sculptures, allégories de la Science et de l’Industrie, sont de Georges Laëthier et René de Chateaubrun.

 

Catalogue de l’exposition au MBA en 1996
3 de ces sculpteurs ont contribué à la création de ce monument

 

Le travail d’Anne de Chardonnet ne la situe pas à l’avant-garde artistique de son époque. Mais sa vocation et la place de choix qu’elle est parvenue à se faire dans un monde hyper masculin suffisent certainement à l’honorer d’une place éminente dans la course jamais achevée pour le progrès et l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le projet de restauration engagé visait à préserver le patrimoine tout en apportant une touche de nature et d’harmonie à son environnement.

Le diagnostic avait révélé des dépôts qui altéraient la surface d’origine de la pierre et la modifiaient en créant des microfissures.

Les travaux, pour un coût global de 63 000 €, ont donc inclus la rénovation des éléments en pierre sculptée, le nettoyage des surfaces et la réintégration d’ornements manquants, en accord avec les préconisations de l’Architecte des Bâtiments de France.

 

Le monument en travaux : photo du 5 juin 2025

 

L’ancien bassin d’accumulation sera transformé en un espace végétalisé harmonieux, conçu pour respecter l’identité historique du site tout en lui apportant une touche contemporaine.

Ainsi, les plantations sélectionnées ne dépasseront pas 30 cm de hauteur afin de garantir une mise en valeur optimale du monument.

 

Merci aux entreprises

*  HUSSOR ERECTA
* ATELIERS LLERENA
* ALBIZZIA ESPACES VERTS

Merci aux Directions Patrimoine de la Ville et au Service des Travaux Programmés et Entretien).

Le résultat nous permet de réussir notre politique de sauvegarde du patrimoine et rendre, et c’est déjà le cas, notre ville encore plus belle, riche de culture et d’histoire, une ville que l’on aime à parcourir, à découvrir ou re découvrir à travers tous ces monuments et édifices qui nous content de belles histoires, de belles rencontres avec des personnalités qui ont marqué notre ville.

Merci à vous, place à la belle histoire du Comte Hilaire de Chardonnet.

 

Le monument restauré photo juillet 2025

 

 

HILAIRE DE CHARDONNET par Gilles CHAMPION

 

Hilaire de Chardonnet

Le comte Hilaire de Chardonnet

 

François-Marie-Gustave Hilaire de Chardonnet, sous-préfet de Prades, fidèle à Charles X rejoint la famille royale en exil qui lui accorde le titre de comte. Il se marie avec sa cousine germaine, Marie-Louise-Christine Pautenet de Véreux qui lui permet de s’installer en Franche-Comté, à Besançon précisément où naît le premier mai 1839, Louis-Marie-Hilaire Bernigaud de Chardonnet de Grange, place Dauphine devenue place Jean Cornet dans le bel hôtel particulier Petit-de- Marivat. Un frère, Alfred vient lui tenir compagnie cinq ans plus tard.

 

Hôtel Petit-de-Marivat dessin de Gaston Coindre « Mon vieux Besançon »

 

La fortune de la famille déjà considérable, ne cesse de prendre de l’importance notamment par héritages auquel s’ajoute la découverte d’un trésor dans leur hôtel de Chalon constitué de milliers de pièces d’or et d’argent.

Le jeune Hilaire va recevoir une éducation sans jamais fréquenter le collège. L’instruction par son père donnée à la maison, porte très vite ses fruits. Pour parfaire ses connaissances, le garçon suivra l’enseignement dispensé par la préceptrice d’origine allemande, Anna Hohenleitner grâce à qui la langue de Goethe n’aura plus de secret. Le latin et le grec figurent aussi au programme.

Sa mère l’initie au piano et il devient vite un virtuose. Ayant appris le chant, il fait partie des chœurs bisontins. Il s’exerce au théâtre et montre son aisance dans l’art de parler en public.

 

Le jeune Hilaire de Chardonnet

 

En 1855, un examen décisif approche.  A seize ans, Hilaire est reçu bachelier ès sciences et est admis en novembre comme étudiant à l’Université de Besançon.

A la faculté, ses professeurs se nomment Résal pour la mécanique, Person pour la physique et Loir (beau-frère de Pasteur) pour la chimie.

En 1859, sans être passé par une école préparatoire, le jeune Chardonnet est admis au concours de l’Ecole impériale Polytechnique où il a pour camarade Sadi Carnot, futur président de la République.

En 1861 il est admis dans le service des Ponts et Chaussées mais refuse d’entrer dans ce corps prestigieux. Comme sa famille, lui aussi est légitimiste; fidèle au comte de Chambord, il ne peut se résoudre à prêter le serment à Napoléon III.

Nommé gentilhomme du comte de Chambord, il effectue son service auprès de lui et devient chambellan. Il accomplit de nombreux voyages avec le prince et se perfectionne dans les langues étrangères tout en se livrant à l’écriture d’un roman.

En France, les maladies du ver à soie font des ravages. En 1865 deux hommes sont très inquiets.

  • Le sénateur Dumas lance un appel à Pasteur afin qu’il trouve le remède à cette hécatombe.
  • Le comte de Chambord charge son chambellan d’une étude sur l’état de la sériciculture dans la vallée du Rhône. Chardonnet doit entrer en contact avec un éleveur de cocons, un nom lui est donné: le baron de Ruolz résidant au château du Vernay. Le jeune Hilaire âgé de vingt six ans se lance tout de suite dans l’observation des chenilles et l’action des feuilles du mûrier.

Si Pasteur a réussi à enrayer la maladie, Chardonnet a acquis la certitude qu’il parviendra à imiter le travail de la nature et créer une nouvelle richesse.

Hilaire est d’autant plus heureux qu’il vient de faire la connaissance de Camille, la fille du baron de Ruolz ; elle a vingt ans, gracieuse, des yeux vifs et des traits fins.

Le mariage est célébré le 12 décembre 1866 à Lyon.

Le voyage de noce se fait à Frohsdorf, où les mariés reçoivent un accueil royal du comte de Chambord. Ils sont présentés à Don Carlos, duc de Madrid et à sa femme.

Ironie du sort pour une famille royaliste, le 14 juillet 1869, la vicomtesse après de dures souffrances, met au monde celle qui sera baptisée trois jours plus tard sous les prénoms d’Anne-Marie-Antoinette.

Le 19 juillet 1870, la guerre est déclarée à la Prusse. Hilaire est exempté par tirage au sort en usage à l’époque. Cependant, en résidence au Vernay, il regroupe les hommes valides, les instruit à la défense de la patrie et est nommé capitaine de la Garde nationale. Le jour de la défaite, rassemblant ses hommes, il ne peut retenir ses larmes. Il est élu quelques mois plus tard maire de la commune de Charette.

En 1872, le prince italien Amédée, second fils de Victor-Emmanuel accède au trône d’Espagne qui est revendiqué par Don Carlos resté très lié avec Chardonnet qui par solidarité va s’investir considérablement surtout financièrement dans cette cause. Charles VII ne montera pas sur le trône mais Chardonnet offrira toujours l’hospitalité à tous les carlistes exilés ou réfugiés y compris à Besançon.

Le 24 août 1883, le comte de Chambord rend son dernier soupir qui  cause un énorme chagrin à Hilaire qui déclare : « le roi est mort, maintenant je suis républicain ».

Il est élu membre de l’Académie des Sciences-Belles-lettres et Arts de Besançon, le 31 janvier 1884 et collabore au journal l’Union comtoise comme critique d’art dramatique.

Chardonnet s’interroge quant à savoir comment fabriquer un fil à partir de la cellulose qui ne se trouve pas à l’état pur.

Une solution est connue sous le nom de collodion employé en photographie. Hilaire se rend place Granvelle où son ami photographe, Alfred Boname possède un laboratoire dans lequel sur les plaques de verre, on étend une couche du mélange visqueux.

Chardonnet qui manie l’une de ces plaques, par mégarde, l’incline trop et retient au bout d’un doigt un fil de…collodion. Le fil s’étire à volonté: « j’ai trouvé! » s’écrie-t-il. Nous sommes au mois de juin 1883.

Dès lors, Chardonnet passe le plus grand de son temps dans ses domaines de Charette et Cergy en Saône-et-Loire où se trouve sa villa appelée « la Croix Blanche ». C’est là qu’à la fin de juillet 1883, le premier fil de soie artificielle au collodion est étiré.

Chardonnet poursuit ses expériences et en août 1884, il obtient un millier de mètres de fil continu.

En 1886, il visite à Novillard près de Besançon, la première fabrique française de cellulose de Jean-Baptiste Weibel.

En mai 1889, le comte présente sa découverte à l’exposition universelle de Paris. Le Président de la République, Sadi Carnot visite les stands et salue son camarade polytechnicien qui a obtenu le grand prix.

Dans un premier temps, Chardonnet envisage l’implantation de sa première usine à l’étranger après avoir été déçu de l’accueil reçu à Lyon.  Adolphe Trincano démarche les personnes qui comptent afin que l’usine soit édifiée à Besançon.

 

Le laboratoire des prés de Vaux.. Au premier plan Adolphe Trincano : archives municipales

 

Vuillecard, maire de Besançon exprime au nom de la municipalité le vœu que l’inventeur fasse profiter de sa découverte sa ville natale. Chardonnet accepte et M. Weibel constitue un syndicat qui achète en 1890 les brevets et crée la première usine de soie artificielle à Besançon.

La même année, Hilaire dépose un brevet portant sur la composition chimique du pyroxyle qui intéresse la défense nationale et à ce titre, le ministre de la guerre lui attribue la croix de la Légion d’honneur.

La société créée acquiert les terrains des Prés-de-Vaux, voisins des papeteries Weibel, au bord du Doubs et obtient l’autorisation de construire le 28 mai 1891. M. Bruneau, polytechnicien est nommé directeur de l’usine.

A la fin du mois de mai 1892, l’essentiel des travaux est achevé et le premier juin, l’usine est mise en marche. Le comte s’intéresse chaque jour au travail de chacun. En octobre considérant terminée sa mission de formation du personnel, il laisse la direction de l’usine à M. Bruneau qui quitte le mois suivant ses fonctions en raison de graves divergences.

 

L’usine des prés de Vaux

 

La production est très inférieure aux prévisions.

Dans la nuit du 28 décembre 1892, une vive lueur éclaire les flancs de Bregille, un immense panache de fumée rouge s’élève dans le ciel, l’intervention rapide des pompiers a limité les dégâts au séchoir et à l’atelier du lavage.  Un second incendie éclate le 2 janvier 1893 et le laboratoire, les bâtiments de préparation  et les étuves sont détruits.

Le 12 mars, le tocsin de l’église Saint-Pierre met en émoi la population : le malaxeur a explosé. De nombreuses toitures sont détruites, les vitres ont éclaté, on ne dénombre aucun blessé car le sinistre s’est produit un dimanche.

Interdit d’usine, le comte de Chardonnet poursuit cependant ses recherches en vue de perfectionner le procédé de fabrication.

A Besançon, c’est la valse des directeurs et M. Weibel meurt au début de l’année 1894. Le déficit est de 800.000 francs.

Le nouveau président, Gabriel Jouvanceau estime qu’un homme peut sauver la situation, celui qui fut à l’origine même de l’usine : Adolphe Trincano.

Jouvanceau en avançant 700.000 francs va sauver l’industrie du textile artificiel avec Trincano, nommé directeur et administrateur.

Au printemps 1895, le comte est de retour. Il cherche à améliorer le sort des ouvriers par des primes d’intéressement et surtout en améliorant les conditions d’hygiène et de santé mais ses dettes considérables le conduisent à vendre le domaine de Gergy et la famille s’installe à Paris.

En 1896, avec quatre cents ouvriers, la production atteint un chiffre record mais l’usine travaille toujours à perte. En octobre, l’usine ferme ses portes temporairement. Face à la situation du personnel, Trincano rouvre le site et revoit l’organisation des services afin d’alléger le travail,  fait fonctionner la caisse de secours, et assure le fonctionnement des soins médicaux.

En 1898, pour la première fois, l’usine fait des bénéfices, la situation demeure au beau fixe l’année suivante.

Le Grand prix de l’Exposition universelle est décerné à la Société bisontine de soieries.

Trincano décède le 24 août 1900 et la direction technique et commerciale est confiée à Jules Douge.

Cependant, la situation financière personnelle des Chardonnet, se dégrade encore, sa fille Anne vend les actions qu’elle détient et la famille recourt à de nouveaux emprunts qui ne suffisent pas, d’où les hypothèques nombreuses, des vieux meubles sont vendus et des domestiques doivent quitter leur service.

En 1902 est créée l’usine de Tubize en Belgique.

Deux usines en Allemagne et la fabrique en 1903 d’Izieux connaissent le succès.

A soixante-cinq ans, Chardonnet se demande s’il ne devrait pas fonder une autre usine à l’étranger. Il se rend en Hongrie, l’archiduc soutient le projet et l’établissement est inauguré en 1905.

Il est demandé à Louis Trincano de prendre les rênes de cette nouvelle usine mais il refuse car il se destine à l’horlogerie bisontine. Six des meilleures ouvrières de Besançon son envoyées en Hongrie pour former le personnel local.

Le succès faisant, les financiers pensent qu’il est temps de fusionner toutes les unités mais Chardonnet s’oppose à un tel projet.

En 1904, une nouvelle unité voit le jour à Padoue en Italie et une filiale est fondée en Amérique.

L’usine de Besançon est agrandie en 1905 et en 1908, elle emploie mille deux cents salariés dont huit cents femmes. En juillet, le refus de la direction d’attribuer une augmentation de cinquante centimes déclenche la grève. Pendant près d’un mois les affrontements avec les forces de l’ordre sont violents. Les meneurs sont condamnés par le tribunal et le 7 août le travail reprend avec la protection de la police et de l’armée et cent quatre vingt dix grévistes ne sont pas réintégrés.

 

 

La grande médaille de Lavoisier est décernée à Chardonnet en 1910.

Cette même année le comte se consacre à la conception d’un pneu automobile mais Chardonnet vient encore de perdre beaucoup d’argent et la plupart des domaines ont été vendu s; en 1913, les Chardonnet en sont réduits à déposer leurs bijoux au Mont-de-Piété.

En mars 1914, infatigable, Hilaire négocie en Angleterre la constitution d’une société alors que lui est attribuée la prestigieuse médaille de Perkin : l’usine de Kirklees est créée.

Cependant, le procédé employé est concurrencé par d’autres textiles comme la viscose. Le site bisontin entreprend sa conversion et la société existante est remplacée pour être intégrée au Comptoir des Textiles Artificiels.

La production cesse pendant la première guerre et le site est utilisé comme hôpital militaire.

A 80 ans, toujours actif, Chardonnet est élu le 12 mai 1919 membre de l’Institut et siège auprès de Louis Lumière.

En juillet 1921, le comte est à Rennes où il installe une nouvelle usine : il tisse une profonde relation avec le jeune Charles Tillon, apprenti ajusteur, syndicaliste et communiste. Le futur résistant FTP et ministre du général de Gaulle écrira : « ceux qui ont travaillé avec Chardonnet regretteront ce vieillard qui, à plus de 80 ans, cherchait encore avec acharnement à perfectionner une machines que les sales combines des profiteurs de son intelligence ne lui ont pas permis de sauver ».

Constatant le dénuement dans lequel se trouvait le comte et suite à la démarche de deux industriels lyonnais qui ne voulaient pas laisser mourir dans la misère l’inventeur, différentes sociétés de la soie artificielle décident de lui verser une pension annuelle de cent mille francs.

 

Hilaire de Chardonnet âgé

 

Hilaire de Chardonnet meurt le onze mars 1924 à Paris.

Les funérailles ont lieu à Paris en présence du maréchal Foch. Dans le journal « Le Quotidien » on peut lire : « un grand vieillard vient de s’éteindre, il meurt sans aucune fortune après avoir donné à l’humanité l’une de ses industries les plus originales et les plus fécondes ».

L’inhumation devra attendre le 11 mars 1925 pour satisfaire les dernières volontés du défunt car le domaine ayant été vendu, le lieu de sépulture n’appartient plus à la famille et il faudra une décision de justice pour permettre à la dépouille mortelle de gagner sa dernière demeure dans le caveau familial des Ruolz.

A Besançon, l’usine subit d’importantes transformations et change plusieurs fois de noms. Après la société Givet-Izieux, les Soieries sont achetées par le groupe Rhodiaceta qui fabrique le tergal et une grande partie des bâtiments est détruite pour donner naissance à une nouvelle usine mais c’est une autre histoire…

 

 

Gilles Champion du Collectif Histoire des Chaprais lors de son discours le 5 juillet2025 devant le monument rénové

 

 

Sources : Auguste Demoment, Un grand inventeur, le comte de Chardonnet, Editons du Vieux Colombier, Paris, 1953. Bibliothèque de conservation de Besançon.

De Chardonnet H., Souvenirs de la guerre carliste, Comptes rendus de l’Académie des sciences de Besançon, 1897, p. 191

De Leeuw H., Les soies artificielles : technologie chimique et physique, C. Béranger, Paris, Liège, 1932

Bertrand G., Les découvertes scientifiques du comte de Chardonnet et l’invention de la soie

artificielle, 1936

Pinard J., Rebelles et révolté(e)s, Éditions Cêtre, Besançon, 2003.

Tillon C., On chantait Rouge. Mémoires pour l’histoire d’un ouvrier breton devenu

révolutionnaire professionnel, chef de guerre et ministre, Robert Laffont, 1977.

Bertrand G., Les découvertes scientifiques du comte de Chardonnet et l’invention de la soie artificielle, 1936

De Leeuw H., Les soies artificielles : technologie chimique et physique, C. Béranger, Paris, Liège, 1932.

Plusieurs articles très détaillés de la Société Chimique de France, dont celui-ci sur la soie Chardonnet. Articles de Jean-Marie Michel, sous le titre général Contribution à l’histoire industrielle des polymères en France

Martinet J., Allocution au cours du déjeuner d’inauguration de l’exposition « Rétrospective du Comte de Chardonnet, 60 ans de rayonne à Besançon », 1951. Document dactylographié conservé dans le fonds d’archives R.P. Demoment. Cote 15 Z, archives de la bibliothèque de Besançon. Ce fonds contient un grand nombre de documents originaux, manuscrits ou dactylographiés, collectés par Auguste Demoment et cédés ensuite à la Ville de Besançon.

Arçay G., Quelques points peu connus de l’histoire de la soie artificielle, in Mémoires de la société d’émulation du Doubs, 10e série, Besançon, 1936, p. 279.

Serge LUNEAU, professeur honoraire de chimie à l’Université de Franche-Comté, Besançon.

La Rhodiacéta de Besançon Nicolas MENSCH Paroles ouvrières L’Harmattan, 2018

CHARLES Jean (2010), Besançon ouvrier. Aux origines du mouvement syndical (1862-1914), Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté.
FOHLEN Claude (sous la dir. de) (1982), Histoire de Besançon. De la conquête française à nos jours, Besançon, Cêtre (1 ère éd. 1962)
.

Gilles CHAMPION

Vous pouvez lire un texte plus complet  sur Hilaire de Chardonnet, écrit par Gilles Champion, sur ce site, dans la rubrique Personnalités ou en cliquant ici.