Histoire de la voirie aux Chaprais

Fabrice Petetin dans son mémoire consacré au développement des Chaprais note qu’à la fin du XVIIIe siècle,«… on compte trois hameaux principaux sur le territoire des Chaprais :

  • la Route de Baume, un hameau rue qui s’étale le long de la Route Royale de Lyon à Strasbourg (notre R. N. 83) qui serait d’après le Bulletin de la Société Syndicale pour l’amélioration des Chaprais, à l’origine du quartier. En effet tout serait parti de : « deux auberges très achalandées dont l’une avait renseigne A la Cloche et l’autre Au Grand Saint Denis. ../..
  • Le second hameau, beaucoup plus petit est né d’un moulin installé sur le ruisseau de la Mouillère, auquel il doit son nom. C’est l’emplacement d’une brasserie dont l’Annuaire statistique du Doubs de 1812 nous dit qu’elle est la plus considérable du département.
  • Le dernier, les Chaprais, est un ensemble de fermes plus ou moins isolées et de villas de campagne pour riches bisontins comme celle que l’on peut encore voir à l’angle de la rue de la Cassotte et de celle des Deux Princesses.
  • Communiquer avec des Chaprais ne pose aucun problème car le lieu est traversé par ce qui deviendra une importante route nationale. Mais celle-ci n’est pas conçue pour relier les Chaprais à Besançon. Prenons le cas de la Mouillère, elle se trouve à l’angle des rives du Doubs et des remparts de Battant soit à quelques mètres de la ville. Mais les remparts obligent les habitants un long détour pour passer par la porte Battant. Tous les chapraisiens subissent les contraintes des fortifications ».

La distance à parcourir provoque chez les habitants le sentiment d’être coupé de la ville, même si par ailleurs une passerelle existe à Bregille. Mais elle est plus éloignée et moins facile d’utilisation que la porte Battant. Les chemins sont petits voire étroits et résultent de l’exploitation du sol et des premières constructions. Il n’y a pas eu de tracé formel.

Il faudra donc attendre la construction, en 1838, du pont suspendu, le pont de fil de fer, actuel pont de la République pour rompre l’isolement des habitants.

L’ouverture de la gare de la Viotte, en 1856, va également contribuer au développement du quartier et donc de la voirie nécessaire.

 « Et  ce n’est qu’en 1881, que les rues des Chaprais comme tous les chemins de la banlieue sont officiellement nommés alors que le quartier compte désormais 4200 habitants répartis en 26 rues officielles ».

C’est en effet une délibération officielle du conseil municipal en date du 17 décembre 1881 que ces voies et lieux sont baptisés.

Délibération du conseil municipal du 17 décembre 1881

Seule l’avenue Denfert-Rochereau porte le nom d’un personnage. Elle rappelle le rôle héroïque du colonel après la défense de Belfort lors de la guerre de 1870/71. Cette avenue qui devait être dénommée lors de sa construction, avenue d’Alsace et de Lorraine, est baptisée ainsi à la mort du colonel en 1878.

En effet, lorsque le nom d’un personnage était donné à une voie, il fallait alors en obtenir l’autorisation par un décret présidentiel, comme le rappelle un conseiller municipal lors des délibérations. Ce qui retardait considérablement les choses.

Madame Éveline Toillon, historienne habitant les Chaprais, a consacré un ouvrage concernant Les rues de Besançon (éd. Cêtre).

Mais toutes les explications seront données sur ce site quant aux noms de la voirie de notre quartier.

Sauf erreur de notre part, on dénombre dans notre quartier :

– 62 rues
–  6 avenues (Foch, Droz, Helvétie, Carnot, Denfert Rochereau et Fontaine-Argent)
– 5 places (Payot, Première Armée Française, des Déportés, Liberté, Flore)
– 2 boulevards (Léon Blum, Diderot)
– 1 allée (des moineaux)
– 1 chemin (Grange Marguet)
– 2 Impasses (Rambaud, de la Lunette)
– 2 ponts (Robert Schwint, République)
– 1 esplanade (Maréchal Juin)

Pour aller plus loin