
Avocat, mort en déportation
1915- 1944
Il est né le 6 novembre 1915 à Paris 15ème. Il est le fils de Georges, Jean François Dubreuil et de Rose, Marguerite, Antoinette Ragot. La famille de Georges Dubreuil, également né à Paris, est d’Argenton sur Creuse. Son père, ouvrier agricole en été, allait à Paris en hiver comme ouvrier dans le bâtiment.
Enfant, il a vécu à Saint-Brieuc, Rennes puis Besançon, selon les affectations successives de son père, directeur des PTT à St Brieuc, Directeur régional à Rennes. Il a pris sa retraite à Besançon dans la maison familiale de son épouse dans le quartier de Saint-Ferjeux.
Bon élève au lycée Victor Hugo, il passe son bac à Besançon puis entreprend des études de droit (Besançon et Dijon). Licencié en droit en 1937, il est affecté au cabinet du procureur de Besançon où il prépare le concours de la magistrature. Etudiant, il rencontre, en 1938, Lucienne Saunier, étudiante en 1ère année de pharmacie. Ils se marient et un premier enfant, Jean Louis, nait en juillet 1939.
A la déclaration de guerre en 1939, il est mobilisé et envoyé à Fontainebleau à l’Ecole des Officiers de Réserve. Avec l’avancée des troupes allemandes, il part en 1940 avec son école à Poitier puis à Tulle (Corrèze) où il est démobilisé. Son épouse restée à Besançon quitte en 1940 la ville pour aller chez son oncle vigneron à Béziers (Hérault). Elle accouche dans cette ville d’un second fils, Philippe. Peu de temps après, elle rejoint son mari resté à Tulle. Louis a trouvé sur place un travail au service contentieux de l’Intendance. En 1941 il obtient avec sa licence en droit un poste de Commissaire de Police à Le Teil (Ardèche). Faute de pouvoir se présenter au concours de la Magistrature, il prépare celui de la Préfecture. Il y est reçu et est nommé en avril 1942, Chef de cabinet du Préfet de la Haute Loire (Le Puy). Il sera révoqué en été 1943 pour activités clandestines. Selon nos sources on lui reprochait le faible recrutement de STO et de faciliter le passage de la ligne de démarcation pour des familles juives.
Il retourne alors à Besançon et loue une petite maison au quartier des Chaprais, 22 rue de l’Église. Il ouvre alors un cabinet d’avocat dans la Grande Rue. Il est arrêté le 25 mai 1944 à Besançon après une réunion clandestine de Résistants bisontins réunissant, entre autres, Jean Minjoz, avocat, adjoint au maire de Besançon et René Mussillon, secrétaire de police au poste des Chaprais. Ces deux derniers sont arrêtés le même jour.

Fiche officielle arrestations conjointes de Louis Dubreuil, Jean Minjoz et René Mussillon
Emprisonnés tous les trois à la prison de la Butte, Jean Minjoz et René Mussillon seront libérés mais Louis est déporté par le dernier train des déportés pour Mauthausen. Il est affecté au camp de travail de Melk. Il meurt peu de temps après le 22 novembre 1944. Il avait alors 29 ans.
Déclaré Mort pour la France, son nom figure sur une plaque mémorielle dans la salle des avocats du palais de justice de Besançon. Cette plaque honore également l’avocat Jean Cornet, 35 ans, commandant des FFI de Besançon, tué à l’ennemi au pont de Cromary, le jour de la libération de Besançon.

La reconnaissance « administrative » du décès de Louis Dubreuil
Louis Dubreuil a été promu Officier de la Légion d’Honneur à titre posthume.
Son fils Philippe, malheureusement aujourd’hui décédé, nous a communiqué ces renseignements. Dans un des livres qu’il a publiés Un chemin de souvenirs publié au Lys Bleu, il évoque ses origines familiales. Ancien cadre de l’industrie, il a, la retraite venue, obtenu un Doctorat en lettres grecques et latines.
Nous l’avons rencontré, il y a quelques années, dans la maison familiale de Saint-Ferjeux afin d’évoquer la personnalité de son père qu’il évoque douloureusement dans ses écrits.
Aussi nous tenons à rendre hommage tout à la fois à l’avocat Louis Dubreuil, mort en déportation, mais aussi à son fils Philippe.

Le 22 novembre 2024, pour le 80° anniversaire de disparition de Louis Dubreuil, le Barreau des avocats de Besançon et l’Ordre des avocats ont organisé un hommage émouvant, dans la salle des avocats du Palais de Justice de Besançon. L’hommage a également été rendu à Jean Cornet.

Sources : archives départementales, témoignage de son fils Philippe, Ordre des avocats.
J.C.G.


