Le nouveau Maire Ludovic Fagaut et ses adjoints dans la salle des portraits des anciens maires. Photo officielle mairie.

 

Lorsqu’un Maire arrive à la fin de son mandat d’élu, qu’il se soit représenté ou non, qu’il soit réélu ou non, c’est le doyen des nouveaux conseillers municipaux qui préside le Conseil au cœur duquel doit être élu (ou réélu) le (ou la) nouveau (nouvelle) maire.

L’Historien François PINARD nous a fait part d’une anecdote concernant une introduction célèbre du discours du doyen d’âge, qui aurait souvent été utilisée :

« Faut-il que cette assemblée soit si jeune pour que j’en sois le doyen ! ».

Nous avons donc eu la curiosité d’examiner dans les comptes-rendus du bulletin officiel de la commune de Besançon, ce moment de passage du pouvoir, lorsqu’il y a eu changement de majorité politique au conseil municipal de Besançon et donc un changement de Maire. Et ce à partir de la seconde guerre mondiale.

A la suite de la libération  de Besançon, le 8 septembre 1944, le maire Henri Bugnet est destitué et le nouveau Préfet, Pierre Dumont, nomme le président du comité local de libération, le docteur Maître, afin d’administrer provisoirement la cité bisontine. Le Comité local de libération faisant fonction de conseil municipal se réunit pour la première fois le 3 octobre 1944.

 

Discours du docteur Maître devant l’hôtel de ville automne 1944. Photo MDRD

 

Première réunion du Comité local de libération comme conseil municipal le 3 octobre 1944

 

Mais le docteur Maître ne reste en poste que très peu de temps, puisque très rapidement, dès le mois de novembre 1944 sont rétablis, provisoirement, dans leurs prérogatives les anciens maires en poste au début de la seconde guerre mondiale à condition qu’ils  n’aient pas collaboré avec l’ennemi.

Henri BUGNET, maire de 1939 à 1944 reprend donc ses fonctions jusqu’aux élections municipales du 29 avril 1945.

 

Portrait officiel maire Henri Bugnet. Salle des portraits Hôtel de ville

 

 

Extraits du bulletin officiel compte-rendu du conseil municipal 28 décembre 1944 : Henri Bugnet est rétabli dans ses fonctions de Maire de Besançon

 

La fin du mandat d’Henri Bugnet le 28 avril 1945, à la veille du 1er tour des élections municipales

 

Il n’y a donc eu réellement passation de pouvoir qu’à la suite du deuxième tour des élections municipales du 13 mai 1945 qui consacre la victoire des socialistes alliés aux communistes (22 sièges obtenus contre 12 à l’Opposition)..

 

Le doyen d’âge est donc Auguste Jouchoux, un militant socialiste

 

Auguste Jouchoux journal hebdomadaire L’Œuvre Sociale 14 avril 1928

 

Jean Minjoz est alors élu maire par 33 voix sur 33 suffrages exprimés, le 19 mai 1945.

 

Jean Minjoz en 1945. Photo Fonds Bourgeois MDRD.

 

Et du fait de nouvelles élections municipales en 1947 et de la victoire d’Henri Bugnet, changement de majorité .le 26 octobre 1947.

 

Le doyen d’âge est toujours Auguste Jouchoux

 

Auguste Jouchoux déclare alors :

« Je vous souhaite à tous en tant que doyen d’âge du conseil municipal, la bienvenue et j’espère que cette séance se passera d’une façon normale.

Je regrette que la loi oblige un vieux comme moi à présider une séance aussi importante alors que beaucoup parmi vous pourrez le faire avec plus de dynamisme et de compétence ; je ferai de mon mieux je compte sur votre appui pour que règne le calme et la correction.

J’en profite pour dire que pendant 28 mois que nous avons siégé nous nous sommes surtout occupés de l’intérêt général de la Cité et de nos concitoyens, délaissant les questions politiques : je vous demande d’en faire autant à cette séance pour qu’elle se passe, je le répète, de façon normale ».

Henri Bugnet est donc élu Maire de Besançon jusqu’à son décès au mois de juin 1950. Henri Régnier, son premier adjoint, lui succède alors, mais la passation de pouvoir est simple puisque la majorité municipale est la même. Mais il ne lui reste que 3 ans à gouverner la Ville. Jean Régnier présente une liste aux élections de 1953, mais il est battu d’un siège

Le 11 mai 1953, le doyen d’âge est M. Maurice Cornet ne se livre à aucun discours et se contente, « … après avoir donné lecture des articles 76,77 et 80 de la loi du 5 avril 1881, a invité le Conseil à procéder, au scrutin secret et à la majorité absolue des suffrages, à l’élection d’un maire à demander quelles sont les propositions ».

Jean Minjoz est donc élu par 18 voix contre 17. La Gauche revient donc au pouvoir qu’elle ne quittera plus jusqu’en 2026.

 

Jean Minjoz Photo B. Faille Mémoire Vive Besançon

 

En conclusion, même si depuis la seconde guerre mondiale, il y a eu peu de passations de pouvoir,  il faut souligner qu’elles se sont  toutes bien   déroulées.

Sources : bulletins officiels des délibérations du conseil municipal Mémoire Vive Besançon ; archives municipales ; collections du Musée de la Résistance et de la Déportation

J.C.G.