Les Docks Franc-Comtois, en 1962, fêtent leurs 50 ans d’existence. C’est alors une entreprise prospère qui possède ses propres entrepôts de marchandises, entre autres pour les produits frais et le commerce des vins.

Dans cet historique des Docks franc-comtois, il est précisé que dans les années 50, « …les DOCKS, se tenant à l’avant-garde du progrès, modernisèrent leurs entrepôts et les dotèrent d’un matériel dont quelques chiffres peuvent donner une idée :

– L’ensemble des installations, qui couvre tant à Besançon qu’à Dijon : 61 000 m², sont dotées, pour le chai, de deux cuveries comprenant 195 cuves dans total de 60 000 hectos de cuves frigorifiques. Toutes ces cuves sont réunies entre elles par plus de 3 km de canalisations de cuivre rouge, dont certaines d’un diamètre de 100 mm. Avec de nombreux tableaux de répartition. Les Docks  traitent ainsi plus de 180 000 hectos, soit 18 millions de litres de vin par an.

– La mise en bouteilles est effectuée par 7 groupes qui lavent, stérilisent, emplissent, bouchent, étiquettent automatiquement. Le plus important réalise une production de 8000 l à l’heure ; il est pourvu d’une décaisseuse unique dans la région, qui prend en une seule fois, 20 l du casier, pour les déposer sur la chaîne alimentant la laveuse.

– 39 élévateurs, descenseurs, permettent une manipulation quasi automatique des casiers.

– Un appareil fait automatiquement le tri entre les casiers contenant des litres de vin courant et ceux contenant d’autres sortes de litres ou bouteilles. »

Il peut être utile de comparer la mise en bouteilles des vins des Docks avec celle des vins Union de la Société Comtoise du 45, Avenue Carnot.

Les Docks vont donc fusionner, en 1965, dans une nouvelle société, la CEDIS, résultat de leur fusion avec 3 autres sociétés concurrentes : les Economiques, la Ruche et les Comptoirs, soit quelques 800 magasins d’alimentation nous précise M. François-Noël Mathey dans son livre Itinéraire d’un fils de famille.

 

Logo de la CEDIS : Centre Est DIStribution.

 

La CEDIS informe, dans les années 60, ses salariés et gérants de magasin de la vie de la société, avec un magazine trimestriel intitulé CEDIS PANORAMA.

 

Magazine d’information de la CEDIS  automne 1968

 

Dans ce numéro automne 1968, un reportage est publié sur le chai de la CEDIS à Besançon. Il s’agit de mettre à l’honneur des salariés ce service et d’expliquer leur travail et ses résultats. En voici le contenu sous le titre

Chai-exploitation rue des Docks

Un « chai (le mot vient d’un ancien mot gaulois, gloire soit rendue à Astérix !) était à l’origine un endroit où on soignait (c’est le terme technique) les vins en fûts.

 

Pendant longtemps, lorsque notre entrepôt de la rue des Docks s’appelait encore « DOCKS FRANC-COMTOIS », les vins ont été soignés et élevés (c’est aussi un terme technique parenthèses en fûts, les «anciens» se rappellent fort bien les livraisons de fûts en succursales. Mais les temps ont changé, la technique industrielle a remplacé le fût par la bouteille et la «CEDIS » a, maintenant des chais » ou les vins sont traités, mis en bouteilles et stockés en attendant leur livraison.

L’ensemble des opérations nécessaires au traitement des vins, à leur mise en bouteilles, à la préparation des commandes, est très important et mettent en jeu des techniques très différentes. C’est pourquoi, à la naissance de CEDIS, la Direction a jugé nécessaire de séparer en deux services distincts tout ce qui concerne les vins et a créé dans chacun de ses deux entrepôts de Besançon et de Dijon :

– un service chai-production qui stocke les vins en cuve, les traite et les met en bouteilles. Ces bouteilles sont elles-mêmes mises en casiers.

–et un service chai-exploitation qui stocke les casiers de bouteilles et en effectue la préparation en fonction des commandes des magasins

C’est le service chai-exploitation de l’entrepôt Docks que nous vous présentons aujourd’hui.

Responsable du service, Monsieur Pierre Sister a sous sa direction 18 personnes réparties en différents postes de travail

– 11 employés à la préparation de gros

– 6 employés à la préparation de détail

– 1 employé au quai.

 D’abord recevoir des approvisionnements des différents fournisseurs et les stocker.

 

Largement en tête par ordre d’importance de nos fournisseurs, vient le service chai – production. Il travaille dans les mêmes locaux que le chai – exploitation, un seul étage les sépare, ce qui simplifie naturellement les communications, mais celles-ci doivent être aménagées le mieux possible, car le service chai – production fournie en moyenne 110 tonnes de marchandises par jour.

 

 

Ces marchandises ce sont des caisses de 20 ou 15 « trous » garnis, selon le cas, de « litres » de « bouteilles » (les bouteilles contiennent 75 cl et sont réservées aux « vins fins ».) Ces casiers sortent des machines de triage sur des chaînes de stockage, ou ils sont pris et palettisés par de stockeurs et stockés et gerbés par des caristes. Ces casiers sont repris tels quels par les préparateurs, c’est-à-dire que ceux-ci auront à manipuler des casiers et non pas des bouteilles. C’est pourquoi les articles ainsi traités sont appelés « articles de gros ».

 

 Les autres articles, appelés « articles de détail » parce que pour eux ce sont les bouteilles elle-même qui sont manipulés, représentent au total 10 tonnes par jour en moyenne.

 

Tous se sont livrés par les différents fournisseurs extérieurs. Ce sont par exemple certains vins mousseux, champagnes, vins doux, ce sont les apéritifs, les alcools, les liqueurs. Ils sont réceptionnés et pris en compte d’une manière très stricte car la régie des alcools nous oblige à des contrôles fréquents et rigoureux sur tous nos stocks. Puis ils sont livrés en attendant d’être préparés pour les livraisons.

 

Une visite du service de la répression des fraudes en 1977 Photo B. Faille Mémoire Vive Besançon

 

Visite du service de la répression des fraudes en 1977. Photo B. Faille Mémoire Vive Besançon

 

Ensuite la deuxième étage du service et de préparer les commandes passées par les magasins. La préparation d’une commande commence par celle des articles de détail. Les bouteilles sont mises en casiers, leur nombre et leur nature sont contrôlés puis les casiers sont amenés par le transporteur à la préparation de gros où ils sont disposés sur palettes qui vont être reprises par les préparateurs de gros.

Ceux-ci disposent de transpalettes électriques, et préparent à leur tour tous les casiers complets des articles de gros. Lorsque la préparation est terminée et les casiers étiquetés au numéro du magasin, les palettes sont mises à quai où elles sont contrôlées par le pointeur.

 

 

Ainsi donc en moyenne sur une journée, le service chai – exploitation aura manipulé 120 tonnes de marchandises. Compte tenu de ses emballages, bouteilles divers et quasi bois, 1 litre ou une bouteille pèse 2 kg. C’est donc une quantité de 60 000 bouteilles par jour qui est manipulée, stockée, préparée. Mises côte à côte, ces bouteilles couvriraient une distance de 6 km, toute la longueur du boulevard Nord de Besançon.

Bien sûr, toutes les journées ne se ressemblent pas. Selon les magasins, selon le temps où l’époque, les commandes sont plus ou moins importantes, et il faut bien les honorer. Mais toujours grâce à la bonne volonté de tous, le courrier tombe à l’heure, car, comme dit le proverbe « Quand le vin est tiré il faut le boire ».

L’article n’est pas signé. Publié sur trois pages de ce magazine, ce reportage est accompagné de 10 photos reproduites ici mais disposées sans correspondance directe avec le texte, mais pour une présentation agréable.

 

Présentation de la 2° page de ce reportage en 3 pages.

Sources : archives familiales de François-Noël Mathey ; archives municipales ; Mémoire Vive Besançon.

J.C.G.