Louis de Vaulchier, marquis (1808-1882). Site geneanet. Olivier Audéoud.

Pourquoi s’intéresser à ce marquis, le 4e du nom, né dans son château du Jura ? Car si de nombreux membres de sa famille sont inhumés au cimetière des Chaprais, ce n’est pas son cas…

Eh bien, tout simplement parce que Louis de Vaulchier a joué un rôle fondamental, il y a 170 ans, afin que le premier train Dole-Besançon arrive à la gare Viotte le 7 avril 1856. C’est du moins ce que l’on peut lire dans la presse de l’époque. En effet, il est alors l’administrateur délégué de la Compagnie Paris Lyon qui deviendra par la suite le compagnie PLM Paris Lyon Méditerranée.

 

Louis de Vaulchier, ici comte avant de devenir marquis, est administrateur délégué de la compagnie ferroviaire. Union Franc-Comtoise 7 avril 1856 Mémoire Vive Besançon.

 

Il convient de préciser, que dès la constitution de la première société qui a pour objet la construction de cette ligne de chemin de fer, Louis de Vaulchier fait partie des 15 premiers actionnaires qui constituent la Compagnie de chemin de fer de Dijon à Besançon

Un article spécifique sera consacré à cette histoire.

Mais revenons à cette inauguration qui est réalisée en fait le 6 avril avec plusieurs centaines d’invités qui font le trajet Besançon-Dole.

 

Suite de l’article de l’Union Franc-Comtoise du 7 avril 1856

 

Le compte-rendu de cette inauguration met l’accent sur le rôle joué par Louis de Vaulchier qui, avant de devenir Administrateur délégué «… ne s’occupait alors que de littérature et d’art… ». Il s’agit là d’un très bref portrait qui fait l’unanimité parmi ses contemporains.

Le bibliothécaire bisontin Charles Weiss tient au jour le jour, un journal, relatant ce qui se passe à Besançon à son époque (son journal évoque la période qui s’écoule de 1815 à 1842 : il a été publié en 4 volumes par les Presses Universitaires de Franche-Comté, les PUFC). A la date du 11 novembre 1834, (Louis de Vaulchier est alors âgé de 26 ans), il relève : « M. Louis de Vaulchier est de retour de sa campagne (du Deschaux) où il a passé 6 mois. Nous allons donc commencer le dépouillement des mémoires de Granvelle, car c’est sur lui qu’on doit principalement compter pour ce travail qui doit durer plusieurs années ».

Qui est donc ce comte devenu par la suite marquis du château et des terres du Deschaux ?

Dans son Dictionnaire biographique du département du Doubs, l’historien Michel Vernus lui consacre un article de 17 lignes : l’essentiel y est dit.

« Né en 1808, issu d’une vieille famille noble du Deschaux (Jura). »

Son père, Louis René Simon, marquis de Vaulchier est un haut fonctionnaire et homme politique nommé plusieurs fois Préfet  et élu député. Voir https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/16841

La famille de Vaulchier est une vieille famille franc-comtoise dont on retrouve la trace dès le XV° siècle. Un ancêtre, Jean Vaulchier, a reçu ses lettres de noblesse en 1516.

Quant à Louis, l’artisan du chemin de fer à Besançon :

« Il a reçu une éducation soignée, au collège de Besançon d’abord, puis au petit séminaire de Saint-Acheul, enfin au lycée Louis le Grand de Paris. Il fait des études de droit qui le conduisent au doctorat (Il est docteur en droit à 22 ans !). Esthète, il aime la musique, mais également bibliophile il aime les livres et la lecture. Dilettante, il appartient cependant à cette noblesse provinciale qui cherche à se rendre utile » indique M. Michel Vernus.

 

 

 

Il est d’abord journaliste dans un journal local puis collabore à des journaux nationaux tout en effectuant des recherches aux archives sur l’histoire de la Franche-Comté.

Il est un ardent défenseur de la Gazette de Franche-Comté, organe du parti légitimiste (opposé à Louis-Philippe), lors d’un procès intenté en 1832 par le pouvoir en place.

Le procès de 1832

 Voir sur Gallica à partir de la page 7

Il est admis à l’Académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts de Besançon dès 1837.

Puis il voyage à travers l’Europe : en Italie, en Allemagne et en Suisse. Ses récits de voyage font alors les beaux jours des séances de l’Académie. « Voyages touristiques, mais aussi culturels, au cours desquels il hante les musées, les collections, donnant libre cours à se goûts d’esthète » souligne M. Michel Vernus.

Voir l’article « Le marquis Louis de Vaulchier du Deschaux (1807-1882) : un voyageur atypique » sur persee.fr

Et à partir de 1852, il entre dans les affaires économiques avec cette compagnie des chemins de fer, mais aussi la société des salines de Franche-Comté, la société des forges de Franche-Comté, etc.

A la date du 28 février 1836, Charles Weiss relève dans son journal :

Louis de Vaulchier, que je regarde comme la perle de nos jeunes gens, l’espoir alternis Romoe, est parti pour Paris où il va faire les emplettes de son mariage avec Melle Philippine Charlotte de Mauclerc »…

Il se marie le 2 mai 1836 avec Philippine de Mauclerc âgée de 20 ans. Ils célèbrent l’année suivante la naissance de leur fils, Louis Marie Anne de Vaulchier (1837-1910). Malheureusement, 3 mois après la naissance de ce fils, Philippine décède. Elle est alors âgée de 21 ans.

 

Acte de décès : les époux sont alors domiciliés 5 rue des Granges

 

Curieusement ce décès n’est pas évoqué par Charles Weiss qui note le départ de Louis de Vaulchier en Italie, en 1838.

Et en 1839, à la date du 25 février :

Louis de Vaulchier ne se porte pas, mais se laisse porter candidat légitimiste au collège de Besançon intra muros. Il sait d’avance qu’il n’a pas de chance de succès ; conséquemment, il ne porte pas grand intérêt à toutes les menées électorales, dont il est scandalisé plus que moi, parce qu’en sa qualité de jeune homme, il est tout simple qu’il connaisse moins le monde et par conséquent qu’il soit indulgent pour les faiblesses du prochain…..il est plus disposé à soutenir le trône chancelant de Louis Philippe… »

Donc, à partir de 1852, Louis de Vaulchier se lance dans la gestion de ses biens et investit dans des industries  locales.

Lorsqu’il décède en 1882, l’Académie bisontine à laquelle il appartient lui rend hommage.

 

Eloge funèbre prononcé lors de lace de l’Académie du 25 janvier 1882 par le Marquis Terrier de Loray.

 

Comme nous l’indiquons en introduction de cet article, nous ne savons pas où est inhumé Louis de Vaulchier, l’administrateur délégué de la compagnie du chemin de fer. Décédé à Nice le 12 janvier 1882, nous n’avons pu       accéder aux archives départementales numérisées des Alpes-Maritimes en ce qui concerne le registre des décès (de toute façon, le lieu d’inhumation n’est pas précisé dans l’acte).

Mais de nombreux membres de sa famille sont inhumés au cimetière des Chaprais comme le montrent ces 3 lieux d’inhumation différents ci-dessous.

La sépulture la  plus imposante est en fait constituée de 3 tombes regroupées sur lesquelles l’on peut voir, sculpté, le blason de la famille qui figure sur 2 de ces 3 tombes.

 

Trois tombes regroupées au cimetière des Chaprais

 

 

Ce blason est de couleur azur avec un chevron d’or, accompagné de 3 étoiles, 2 en chef et une en pointe. Sans oublier la couronne de marquis.

 

Autre sépulture de la famille au cimetière des Chaprais

 

Une simple plaque évoque Bernard de Vaulchier 1909-1983

 

Sources : Michel Vernus, dictionnaire biographique du département du Doubs ; Mémoire Vive Besançon pour les Mémoires de l’Académie et le journal l’Union Franc-Comtoise ; Gallica site de la BNF; R. Genevoy  Monuments héraldiques ; site Assemblée Nationale ; Journal de Charles Weiss, PUFC.  Photos Collectif Histoire des Chaprais D.R.

J.C.G.