Photo collection du Musée de la Résistance et de la Déportation (MRD)

Le 8 mai 1945 est un mardi. Il fait beau et chaud sur toute la France alors que le 1er mai avait été glacial ! Dès le vendredi 4 mai nous rapporte le journal Le Comtois, les bisontins avaient commencé à décorer les façades des maisons et les rues, le dénouement de cette guerre terrible étant annoncé comme imminent.

Dès le lundi 7 mai, la nouvelle est confirmée par la radio vers 16h. Aussitôt il y a foule place du 8 septembre. Les bisontins veulent célébrer l’annonce des la capitulation de l’armée allemande, signée le matin même, à 2h41 du matin, à l’état-major des forces alliées, dans un lycée de Reims (rebaptisé depuis lycée Roosevelt : la salle où ces accords ont été signés a été conservée…). Marins et soldats présents entonnent une vibrante Marseillaise reprise par la foule. Un défilé s’organise en ville. Le soir, les élèves du lycée Victor Hugo se rendent au lycée Pasteur afin que les filles les rejoignent en ce moment historique. Ceux de l’École d’Horlo ne veulent pas être en reste et se dirigent vers le collège Lumière pour y mobiliser les filles. Mais la directrice de l’établissement ne se laisse pas impressionner et les disperse à l’aide d’une lance à incendie raconte M. Pierre Taillard, alors élève à l’École d’Horlo.

Les lycéens créent quelques désordres en ville qui seront impitoyablement sanctionnés, par des renvois des « fautifs », par le rectorat malgré les appels à la clémence de la mairie.

 

 

 

La « Une » de l’Est Républicain

 

Les autorités municipales préviennent la population : la cérémonie patriotique officielle afin de fêter « la fin des hostilités » sera organisée le jeudi 9 mai.

 

Programme officiel de la fête de la victoire. Archives municipales Besançon

 

Et comme vous pouvez le constater dans le document joint, cette fête de la Victoire se déroule entièrement aux Chaprais.  Avec la formation du cortège officiel dans un ordre protocolaire établi, au rond-point des Bains qui n’exister plus, c’est-à-dire au débouché du pont de la République depuis la Boucle, au début de l’avenue Carnot, au croisement de la rue Krug et de l’avenue d’Helvétie. Rappelons qu’il existait également à cet endroit le monument à la gloire de Proudhon dû au sculpteur Laëthier. (voir https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/georges-laethier/)

 

 Le rond point des Bains dans les années 20. Mémoire Vive Besançon

 

Est Républicain 30 novembre 1970

 

Outre ce défilé de la Victoire sont annoncés les 9 et 10 mai des offices religieux à la cathédrale Saint-Jean, au temple Protestant du Saint-Esprit et à la synagogue.

« Les autorités locales et départementales invitent la population de Besançon à assister en masse à ces diverses manifestations où seront vécues des heures qui seront sans doute les plus émouvantes de notre vie ».

Le cortège formé au rond point des Bains doit se rendre au monument aux morts devant la gare Viotte en parcourant l’avenue Carnot, un tout petit morceau de la rue de Belfort situé avant l’avenue du maréchal Foch.

A noter qu’étrangement, les prisonniers de guerre sont avant les déportés. Mais il est vrai que peu de déportés sont rentrés à cette date et il faudra tout le courage de la responsable de la Croix Rouge, Mme Marguerite Marchand pour en ramener un certain nombre. A trois reprises elle organise des déplacements dans cette Europe dévastée par la guerre pour aller chercher les déportés francs-comtois dans les camps. Car les moyens de transport n’existent plus et l’organisation de leur rapatriement traîne…

Autre remarque : points de Résistants en ordre constitué. Car beaucoup ont rejoint la première armée française (ce qui sera qualifié d’amalgame entre les soldats militaires et les combattants FFI ). Les autres ont rejoint leur famille et repris leurs activités professionnelles. Et dans cet après guerre, il n’est  pas sûr que les organisations d’anciens Résistants soient déjà constituées et organisées.

Devant le monument de la gare Viotte ce cortège défile et dépose des gerbes. Les enfants des écoles défilent également.

 

Dépôt de gerbes devant le monument aux morts. Photo collection MRD

 

Pour le 80° anniversaire de cette victoire, le 8 mai 2025, notre Collectif Histoire des Chaprais a lancé un appel afin de recueillir les témoignages de celles et ceux qui ont vécu cet événement exceptionnel. Les résultats ont été maigres, car nombreux sont les bisontins qui confondent le jour de la Libération de Besançon, le 8 septembre 1944, et le jour de la Victoire.

Un reportage de FR3 réalisé à partir de nos  indications, a pu faire témoigner quelques personnes.

Voir https://france3-regions.franceinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/besancon/le-parquet-de-l-ecole-huile-pour-pouvoir-danser-80-ans-apres-ils-nous-racontent-le-8-mai-1945-3148397.html?at_campaign_group=1&at_campaign=bourgogne-franche-comte&at_offre=4&at_variant=V2#at_medium=5&at_send_date=20250508&at_recipient_id=726375-1516366018-b62a53e0&at_adid=DM1099017&at_highlight=

Plus que jamais, il nous faut transmettre la mémoire de ces événements.

C’est pourquoi nous vous invitons à assister nombreux à la commémoration officielle, à Besançon, aux Glacis.

 

Sources : Archives municipales Besançon ; Mémoire Vive Besançon ; Musée de la Résistance et de la Déportation Besançon.

J.C.G.