
Architecte : 1797-1882
Portrait de Marnotte à l’âge 18 ans
Par Alexandre Evariste Fragonard. Bibliothèque de Besançon
Voir https://www.archi-wiki.org/Personne:Pierre_Marnotte
Pierre Marnotte est né en 1797 à Dijon mais il décède à Besançon en 1882. Il est enterré au cimetière des Chaprais, cimetière qu’il a contribué à dessiner.
Après avoir exercé à Marseille et Lyon il devient architecte de la ville de Besançon (1823-1836)
Il réalise entre autres :
– les églises d’Avanne, de Franois, de Montarlot-les-Champlitte ;
– la chapelle Notre Dame-de-Pitié à Voray et Saint Ferreol et Saint Ferjeux de Miserez-Salines ;
– la synagogue de Besançon ;

Synagogue de Besançon Photo Mémoire Vive Besançon
– la Halle aux blés de Besançon (actuel musée des Beaux Arts) ;

Plan de la Halle aux grains Mémoire Vive Besançon

En 2018, à l’occasion de la rénovation du Musée par l’architecte bisontin Adolfo Scaranello, une exposition était organisée sur Marnotte et Miquel (1913-1987), le second architecte qui a transformé ce musée à la fin des années 60 après la donation de Georges Besson.
– l’Hôtel de ville de Mouthe ;

Hôtel de ville de Mouthe Wikipédia

Hôtel de ville vu de dos. Archives Départementales du Doubs
– le Lavoir d’Etuz ;

Etuz la fontaine et le lavoir Wikipédia
– mais aussi des immeubles (rue de la Préfecture, Grande Rue, rue Moncey 1, 3,5) et des maisons personnelles (rue Moncey et rue Lecourbe).

1,3,5 rue Moncey Photo CHC

10 rue de la Préfecture

Plaque 10 rue de la Préfecture
Il restaure et sauve la Porte Noire de Besançon que l’Armée souhaite détruire ! Il refait la partie droite de la porte et supprime le dessus (la porte formait alors un arc gigantesque coloré avec une statue impériale !).
Jean-Pierre Gavignet, historien bisontin, précise qu’un projet de Marnotte n’a heureusement pas été réalisé : la « restauration » de la cathédrale Saint-Jean avec, entre autres, la suppression de la chapelle du Saint-Suaire afin de construire un grand portail néogothique à deux tours….
Il restaure également des églises des chapelles (Pesmes) et des châteaux (celui de Thoraise).
Il est donc enterré au cimetière des Chaprais, pas très loin de l’entrée de la rue de l’Eglise, tout de suite à gauche en entrant.

Tombe de Marnotte photographiée en mai 2026 Photo CHC

Tombe Marnotte automne 2025 : on distingue la croix sous le lierre, mais plus le nom sur la stèle. Photo CHC

Tombe Marnotte : stèle en partie dégagée, il y a 2 ans Photo CHC

Tombe Marnotte il y a longtemps.
L’enfouissement de cette tombe de Pierre Marnotte sous le lierre, au point qu’elle en devient invisible, pose la question de leur conservation. Le monument funéraire est une propriété privée. La concession est perpétuelle. Seuls les héritiers et descendants de Pierre Marnotte peuvent intervenir sur ce monument. Tant que cette tombe ne menace pas la sécurité des visiteurs du cimetière, il semble, d’après les textes et règlements, qu’il soit quasi impossible d’intervenir.
Il y a quelques années, Renaissance du Vieux Besançon avait obtenu toutes les autorisations nécessaires afin de défricher un petit carré de concessions très, très anciennes (le cimetière ouvre en 1824), situées près de la tombe de l’ancien maire Clerc de Landresse (1801-1867, maire de 1860 à 1867). Ce travail avait été validé par les autorités compétentes. Il devait être poursuivi en ce qui concerne les anciens maires de Besançon et les grands chirurgiens. Il n’a pu alors être réalisé du fait de l’impossibilité de réunir les autorisations des familles concernées. Et depuis, il est interdit d’arracher le lierre sur ces tombes (sauf si vous êtes un descendant de la personne inhumée), car la pierre, pas toujours de très bonne qualité, ainsi mise à nu, devient encore plus vulnérable !
Des bisontins soucieux de mettre en valeur ce patrimoine funéraire et pensant bien faire, se sont parfois livrés à des défrichages sauvages et incontrôlés. Avec des conséquences souvent fort négatives comme cette colonne qui est désormais à terre (et depuis recouverte de lierre) à côté du monument célébrant l’explosion le 9 mai 1883 de la lunette de Charmont (à l’emplacement de la caserne Vauban) provoquant la mort de 5 jeunes artificiers.

La colonne à droite du monument à la mémoire des 5 artificiers tués Photo CHC 2025
Les monuments funéraires dans les cimetières peuvent être, eux aussi, victimes des bonnes intentions humaines.
A noter le succès remporté par notre participation au 10° printemps du patrimoine les 9 et 10 mai 2026 avec une visite commentée du cimetière des Chaprais (la partie ancienne), le samedi après-midi, sous un très beau soleil un peu brûlant. Et une visite du cimetière du Champ Brulley, sous la menace de la pluie qui nous a heureusement épargnés.
Les inscriptions pour les deux groupes ont été rapidement complètes. De plus ces visites ont attiré un public un peu plus jeune que d’habitude. Avec la présence remarquée d’une fillette d’à peine 10 ans, très intéressée par ce cimetière des Chaprais dans lequel elle se rend souvent le mercredi après-midi nous a confirmé son papa. Elle a égayé notre visite de sa présence et de sa participation active posant des questions pertinentes. Merci jeune demoiselle…
Quand on vous dit que la vision et l’usage des cimetières, à notre époque, comme à d’autres, changent…
Source : ; Marie-Lucie Cornillot, communication à l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Besançon ; Anne-Lise Thierry « La cimetière des Chaprais, une nécropole romantique », (PUFC) ; Jean-Pierre Gavignet, descriptif publié dans une ancienne revue de Renaissance du Vieux Besançon ;Lisa Mucciarelli, articles dans l’Atlas historique de Besançon ; Jean-Claude Meux, historien pour le cimetière du Champ Brulley ; Gaston Coindre « Mon vieux Besançon » ; archives municipales .
J.C.G.


