
Par Jean-Marc LOISEAU
Sous la plume de Luc Gravier dans le numéro de mars 1962 de la France Horlogère, Nappey est à l’honneur.
Imaginez !
Une innovation technique, digne de cette époque, celle des jets, des turbos, des trains rapides, des DS Citroën et autres Spoutniks, naît dans la rue de Vittel à Besançon, chez Heuroplan.
Les voyages (pas encore interplanétaires, même si ceux-ci étaient prévus à très court terme) deviennent réguliers et presque populaires.
– Aujourd’hui que le téléphone relie instantanément les antipodes, qu’un coup de Bourse n’est souvent qu’une question de minutes, qu’il faut passer des ordres de toute urgence…
Le chroniqueur relate ses rapports téléphoniques avec un de ses amis alors qu’il était lui-même à Singapour.
– Si nous avions, l’un et l’autre, possédé la nouvelle Jumelles-Times de Nappey dont le cadran marque simultanément l’heure de deux lieux différents, c’eut été plus facile.

Cette Jumelles-Times est un jumelage de deux mouvements 5 1/4, assez petits pour encombrer une boîte de montre « homme ». Ils sont inversés et ainsi peuvent être remontés et mis à l’heure simultanément ou indépendamment. Deux couronnes « opposées » pour deux calibres distincts résument la révolution technique.
Mais cette « montre révolutionnaire » l’était-elle vraiment ?
Il existait déjà et depuis plusieurs siècles des montres à cadrans multiples. Elles n’étaient pas initialement conçues pour ces décalages horaires et intercontinentaux mais plutôt pour le plaisir, la simple technique ou encore… ?

Montre double fuseau
Jules Nappey ou plus précisément son directeur du service « Exportation » au retour d’un voyage en Amérique du Sud fut à l’origine de la création de ce nouveau garde-temps et même si le concept du double affichage existait déjà, il semble bien que pour une montre bracelet, ce fut une première ?
Présentée en avant-première, elle obtint d’ailleurs le fameux label « Salon de l’horlogerie 1960 ».
Mais Heuroplan ne garda pas longtemps l’exclusivité puisque quelques années plus tard, Maty proposait dans son catalogue, celui de 1966, la Jumelles-times, sous sa propre marque et avec un cadran plus original.

Publicité Maty 1966

Montre Maty Jumelles Times
Sources : France Horlogère, archives personnelles J.M. Loiseau
Jean-Marc Loiseau


