
20 ans ! Ce sera le temps de la durée de vie de la CEDIS, une grande société de distribution commerciale dont le siège était aux Chaprais, boulevard Diderot.
Et tout d’abord, que signifie le sigle « CEDIS » ? Tout simplement Centre Est DIstribution Succursaliste. Il s’agit, à l’initiative des Docks franc-comtois, du regroupement de 4 sociétés concurrentes, société qui vient de fêter ses 50 ans d’existence au début de septembre 1962. C’est en effet le 12 septembre 1962 qu’est créé par Joseph Mathey, la plus petite épicerie de la place de la Révolution à Besançon. Voir l’article sur ce site : https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/1254/
Les quatre sociétés qui se regroupent sont : Les Docks Franc-Comtois et Bourguignons, les établissements les Economiques bisontins, la Comtoise (magasins la Ruche Comtoise) et les Comptoirs de Bourgogne (de Dijon).

Article paru dans l’Est Républicain le 10 février 1965
Il s’agit d’une société anonyme reposant sur des actionnaires.

Le capital créé est de 36 500 000 francs qui se répartit ainsi : la famille Mathey propriétaire des Docks franc-comtois, 60% ; l’actionnariat divers des Economiques bisontins, 20% ; la famille Steiner propriétaire des magasins la Ruche comtoise :10% ; la famille Urbain, propriétaire des Comptoirs de Bourgogne : 10%.

Des Docks à la Cedis Photo B. faille Mémoirevive Besançon
C’est donc une société d’envergure nationale qui est créée. Gabriel Mathey, l’aîné des 3 frères Mathey présents dans la société en devient le PDG. Voir pour la famille Mathey, sur ce site https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/la-famille-mathey/

Est Républicain 1965

Gabriel Mathey PDG de la Cedis Photo B. Faille Mémoirevive Besançon
Comme le rappelle l’article de presse paru au moment de la création de la CEDIS, « …le principe essentiel des maisons à succursales a toujours été l’obtention des prix de vente les plus bas par la vente de quantités importantes. Son envergure et sa concentration lui permettent de réaliser des économies nombreuses ». Ces économies sont ainsi, en principe, reportées sur les prix de vente aux consommateurs.
Au premier janvier 1965 « … ce sont 847 points de vente dans 6 départements qui sont concernés dont 780 succursales, 58 supérettes et 9 supermarchés. Quant au personnel, toujours à la même date, ce sont 159 cadres et agents de maitrise, 1026 employés et ouvriers, 787 gérants dans les succursales. Soit au total 2933 personnes. Et dès 1966 il est prévu l’ouverture de 4 supermarchés et un certain nombre de supérettes permettant la création de 250 emplois.
Un magazine d’informations interne est créé, intitulé Cedis Panorama, avec un tirage, au début des années 1980 de 6 500 exemplaires.

Magazine Panorama 1968
La CEDIS va poursuivre son expansion en ouvrant des supérettes MAGECO, puis des supermarchés SUMA et enfin des hypermarchés MAMMOUTH.

Le SUMA de la rue Tristan Bernard au pied du Marly. Photo B. Faille Mémoirevive Besançon

Article Est Républicain 9 avril 1965

Le Mammouth de Châteaufarine ouvre le 22 avril 1972 Photo collection particulière F.N. Mathey
François-Noël Mathey, fils de Jean, est le directeur des hypermarchés Mammouth qui vont produire des résultats financiers très importants pour la société.

François Noël Mathey. Photo magazine Panorama

Les magasins succursales deviennent des minimarchés en libre-service. Les Docks, épiceries traditionnelles ont vécu.
La société se diversifie en ouvrant de nouvelles enseignes tant au niveau des succursales que des supermarchés : Cebien, Cebon, Cefrais, Maison Jardin…

Cebien rue Rochaux

Publicité Est Républicain

Cefrais rue Rochaux. Photos B. Faille Mémoire Vive Besançon

Maison Jardin ouvre à Châteaufarine
En 1982, Gabriel Mathey prend sa retraite et c’est Charles URBAIN, l’ex directeur des Docks de Bourgogne qui le remplace.

Gabriel Mathey et Charles Urbain
En 1984, les résultats de la société sont bons.

Résultats 1er trimestre 1984. Magazine Panorama
Mais les trois frères Mathey sont persuadés que la société est en danger et décident de vendre la CEDIS au groupe CASINO de Saint-Etienne. Et ce, malgré l’opposition de François Noël Mathey, le directeur général des Mammouths.
En mai 1985, la CEDIS est vendue à CASINO, la société de Saint-Etienne. Il n’aura pas fallu 6 mois pour que soit cédée cette société.

Article paru dans l’Est Républicain en 1985
Et lors de la publication des résultats de la CEDIS de 1984 et de 1985, il apparaît que si certaines branches de la société sont déficitaires, le bilan est globalement positif grâce, entre autres aux résultats des Mammouths.

Dès 1986, la CEDIS est complètement intégrée au groupe Casino. Le siège social du boulevard Diderot est fermé et la reconversion débute pilotée par la Chambre de commerce et d’industrie et la ville de Besançon.

Dossier archives municipales

Création d’une Zone d’Aménagement concerté

Le projet de passerelle enjambant le boulevard pour les élèves du lycée Saint-Paul.
Aujourd’hui c’est une véritable cité scolaire, voire un campus qui est installée en lieu et place du siège social et des locaux de la société.
François-Noël Mathey intégré au siège social de Casino à Saint-Etienne n’y restera pas longtemps. Il le quitte en 1989.

Article de l’Est Républicain du 5 avril 1989
François-Noël Mathey publie en 2020, dans son récit Itinéraire d’un fils de famille, l’histoire de la CEDIS.

Cet ouvrage se révèle précieux pour qui veut comprendre les mécanismes de la disparition d’une société aussi importante. Il est aujourd’hui épuisé. Mais une réédition peut être envisagée si la demande est suffisante. Vous pouvez manifester votre intérêt pour cet ouvrage en nous adressant un message à chapraishistoire@gmail.com.
Sources : archives municipales, ; Mémoirevive Besançon ; archives personnelles de M. François-Noël Mathey ; magazine Panorama de la Cedis ; livre Itinéraire d’un fils de famille éditions du Reflet.
J.C.G.


