
L’auteur de l’article paru le 27 mai 1880 dans le quotidien La Démocratie Franc-Comtoise, n’est autre qu’Adolphe Palangié (1817-1890), capitaine en retraite, domicilié 21 rue de l’Église. Il adresse les statuts d’un Cercle des Chaprais au mois d’avril 1885 à la Préfecture et l’association, après l’avis du Maire, est agréée le 12 mai 1885. Les nouveaux statuts comportent 50 articles, comme ceux de 1880 !
Une liste de 104 adhérents est jointe : on y compte le Docteur Druhen qui est alors conseiller municipal, les entrepreneurs Papineau (scierie bois), Pateu (bâtiment), Plançon (marbrier), Penot (teinturier), l’architecte Dampenon, de nombreux commerçants et propriétaires ; un seul est jardinier. Mais pas trace, parmi les membres déclarés, du jeune avocat Charles Perron.
Quelle est l’action de ce nouveau Cercle ? Difficile à dire, sinon que les questions posées à la municipalité sont toujours les mêmes et tournent autour des problèmes de voierie, d’approvisionnement en eau (même si beaucoup de propriétaires de petites maisons disposent d’une citerne qui recueille l’eau de pluie) et d’éclairage public.
1887 La société pour l’amélioration des Chaprais
Aussi, deux ans plus tard, en 1887, une nouvelle association est promue, semble-t-il par Charles Perron sous le nom de Société syndicale pour l’amélioration des Chaprais.
Les statuts sont déposés en préfecture. Un bulletin est imprimé et distribué : il dresse l’histoire de l’évolution du quartier et inventorie, non sans ironie, les nombreux problèmes qui restent à résoudre. Notre quartier est présenté comme fort délaissé par rapport à d’autres quartiers de la ville !

Voici donc la retranscription intégrale du texte de ce bulletin :
PDF DU BULLETIN
Le préfet adresse au maire, au mois de novembre 1887, un courrier afin de lui demander des compléments d’information sur cette société.

Lettre Préfet au maire 27 novembre 1887
Mais suite à ces sollicitations, Charles Perron annonce, quelques mois plus tard, vouloir renoncer à déposer les statuts de cette nouvelle société.

Lettre de Charles Perron au préfet, 4 mai 1888
Cette lettre est rédigée à quelques jours du premier tour des élections municipales au cours desquelles une liste dite de Protestation des Chaprais est présentée. L’avocat Charles Perron ne figure pas sur cette liste.

Liste de 14 candidats alors que le conseil municipal compte 31 sièges
A noter sur cette liste la présence de 3 jardiniers des Chaprais, de 3 propriétaires, d’un architecte, d’un ancien directeur des postes, d’un manufacturier, etc. Or si cette liste est bien imprimée, elle ne semble pas, au final, avoir été soumise aux suffrages. Elle n’apparaît pas dans le compte-rendu des résultats de ces élections dans l’édition du Petit Comtois du 7 mai 1888.
Il semble que les candidats de cette liste se soient répartis sur d’autres listes, en particulier la liste du comité républicain démocrate à laquelle se rallient Dampenon, Pateu, Druhen et Suleau.
Tandis que Bergerot (habite au 58 rue de Belfort), Boisson (rue des Chaprais), Fitsch (rue de Belfort), Saillard (rue des Docks) et Vichet (aux Cras) se présentent sur une liste d’un Comité de défense des intérêts communaux… Ces candidats sont déclarés « Conservateurs » par le quotidien des Radicaux, Le Petit Comtois.
Est-ce la raison du renoncement de Charles Perron quant à sa volonté de constituer une nouvelle société ?
Sont élus les républicains Dampenon, Pateu, Druhen et Suleau. Par contre aucun élu parmi ceux qui ont choisi de rallier le comité de défense des intérêts communaux.
Si les habitants des Chaprais vont continuer à pétitionner, il faudra attendre la constitution de la Commune Libre des Chaprais dans les années 1930 pour retrouver une nouvelle forme d’organisation des Chapraisiens. Et encore, il ne s’agissait là que de se grouper pour s’amuser.
Et il faudra de nouveau attendre jusqu’au 24 octobre 1998 pour que soit créée une association de défense des habitants Chaprais-Rotonde, devenue en 2010 Vivre aux Chaprais.
Sources : archives municipales : Mémoirevive Besançon, Gallica
J.C.G.


