Marcel Lerner 1898-1963

Il est né le 28 février 1898 à Besançon.

 

 

Son père, Jean-Baptiste Lerner, alors âgé de 41 ans, est d’origine autrichienne ; il est noté qu’il exerce la profession de sommelier. Sa mère Joséphine née Martinot, âgée de 38 ans est née en Suisse. Tous deux naturalisés français le 19 juin 1923.

 

Actes de naturalisation du 19 juin 1923. Documents archives familiales.

 

La famille réside au centre-ville, 33 rue Bersot.

On ne sait rien de son enfance. En 1921, la famille Lerner est recensée au n°14 de la rue des Docks

 

Extrait registre recensement 1921, archives municipales

En 1921, il épouse Marie-Marguerite Vernerey native d’Emagny où son père est instituteur. Elle est donc âgée de 23 ans lors de ce mariage. Son père est déjà décédé et elle demeure alors avec sa mère 44 rue Bersot tandis que Marcel Lerner est domicilié chez ses parents 14 rue des Docks.

Le couple aura 7 enfants, 6 garçons : Jean (1919-2000), Michel (1924-2005) Jacques (1926-1992), Claude (1929-2016), André (1932-1984), François (1936 -) ; et une seule fille, Jeanine (1940-2024).

 

Acte de mariage de Marcel Lerner : il se marie le 1er avril 1921

 

Famille Lerner en 1950. Photo archives familiales.

Dans les années 1920, Marcel Lerner qui exerce lors de son mariage un emploi de bureau va acquérir une société d’auto-vulcanisation installée 6 rue du Porteau, une petite rue qui relie la rue Charles Nodier à l’avenue de la Gare d’Eau. Cette entreprise a été créée en 1920 par deux bisontins, messieurs Ronserail et Thubet.

 

 

Publicité parue dans L’Eclair Comtois du 7 janvier 1926

 

Le 6rue du Porteau aujourd’hui

 

L’activité devait se dérouler dans la cour du 6 rue du Porteau

 

Mais qu’est-ce que ce procédé de vulcanisation ?

La vulcanisation des pneus est le réchauffement du caoutchouc et du soufre dans la surface du pneu, en appliquant aussi de la pression, pour monter une nouvelle bande de roulement ou pour réparer un défaut du produit.

Par conséquent, ce processus est valable tant pour la substitution complète de la bande de roulement que pour la réparation de n’importe quel défaut, par exemple, une crevaison. Dans le cas d’une substitution complète, la bande de roulement usée est éliminée et, après, une nouvelle est vulcanisée.

Nous sommes, à cette époque, après la première guerre mondiale, en plein développement de l’industrie automobile. On passe d’un véhicule pour 400 habitants à 1 véhicule pour 39 habitants dès 1929.

L’état des routes alors, le plus souvent empierrées, fait souffrir les pneumatiques qui doivent être fréquemment réparés.

Il apparaît donc que très tôt, Marcel Lerner a compris l’importance du développement de ce mode de transport. Il ouvre d’ailleurs dès 1928 une seconde station de vulcanisation, 64 rue des Granges.

A titre d’anecdotes, nous avons relevé ces deux articles parus à cette époque concernant l’automobile à Besançon.

 

Le Petit Comtois 19 août 1923

Ainsi, le 17 août 1923, 879 véhicules automobiles sont recensés en ville en une journée.

 

Le Petit Comtois 22 mars 1926

Et déjà, dès 1926, la vitesse de ces véhicules automobiles est mise en cause et discutée au conseil municipal. S’il n’existe pas alors de limitation de vitesse (le code de la route de 1921 indique que le conducteur doit rester « maître de sa vitesse », la puissance des moteurs (hors courses automobiles) limite celle-ci entre 40 et 60 kms à l’heure avec des pointe à 70/80.

 

Eclair Comtois 7 février 1928

A noter la vente de tubes à gaz et à douches en caoutchouc. Quant aux pneus la réparation est élargie aux motos et vélos, avec un deuxième lieu d’activités, 64 rue des Granges.

 

Le 64 rue des Granges aujourd’hui

 

Marcel Lerner tient un stand à la Foire Comtoise de 1931.

 

Article paru dans Le Petit Comtois du 13 mai 1931

Et en 1931, Marcel Lerner poursuit son développement en installant une station-service avec deux pompes qui distribuent de l’essence au 106 de la rue de Belfort.

 

La station Lerner et fils :4 de ses fils seront garagistes…

 

Il souhaite compléter cette installation par son activité de vulcanisation. Mais du fait de l’utilisation d’un liquide réputé dangereux, il doit obtenir toutes les autorisations administratives nécessaires.

 

 

Il doit joindre à sa demande un plan géométrique qui donne une idée de l’organisation de la station-service.

 

Plan des installations

 

Une enquête dite de commodo incommodo est ouverte.

 

 

A l’issue de cette enquête, aucune remarque n’est formulée. Le comité départemental d’hygiène qui siège à la préfecture, donne dans sa séance du 20 février 1932 l’autorisation nécessaire à l’activité de vulcanisation avec une préconisation concernant les bidons de 50 litres de benzine.

 

Autorisation d’exercer l’activité de vulcanisation

 

En 1932, de nouveau, l’entreprise Marcel Lerner est présente.

 

Le Petit Comtois 4 Mai 1932

 

Le Petit Comtois du 7 mai 1932

 

Stand à la Foire Comtoise 1950. Photo archives familiales

 

Stand à la Foire Comtoise 1951. Photo archives familiales.

La famille Lerner va alors résider dans une maison 7 rue de la Pernotte.

 

Cette lettre de 1940 indique 2 adresses

Si la vie professionnelle de Marcel Lerner est bien remplie, sa vie sociale l’est tout autant.

Il est tout d’abord un membre actif du Sport Nautique Bisontin (SNB). Il est d’ailleurs référencé sur une photo datée de 1926, publiée sur le site Mémoirevive, dans un article consacré à l’histoire du SNB. Voir https://memoirevive.besancon.fr/page/les-150-ans-du-snb

 


Marcel Lerner est le 2ème à partir de la droite

On le retrouve beaucoup plu tard, en 1941, comme Président de la section natation du SNB.

 

Le Petit Comtois 1er octobre 1941

En 1932, il participe à une fête organisée par la Commune Libre des Chaprais : il est acteur dans la revue créée « A un chat…près » … aux côtés, entre autres, de Daniel qui se fera ensuite appeler « Daniel’s » et deviendra « maire » des Chaprais.

 

 

Son engagement dans la vie sociale de la cité se double très vite d’un engagement dans la vie politique aux côtés des radicaux qui dirigent alors la ville.

Il est ainsi élu conseiller municipal lors des élections complémentaires du 31 juillet 1939, organisées suite à la mort du maire Charles Siffert. Henri Bugnet devient maire de la ville jusqu’en 1944.

 

 

Marcel Lerner est élu avec 3902 voix

Marcel Lerner va suivre le maire Henri Bugnet qui, battu en 1945 par Jean Minjoz, présente une liste, aux élections municipales de 1947. Elle est alors composée de membres du nouveau parti gaulliste le Rassemblement du Peuple Français (RPF) et d’anciens radicaux.

La liste d’Henri Bugnet bat le maire sortant Jean Minjoz (d’un siège) et Marcel Lerner devient deuxième adjoint au maire.

 

Compte-rendu officiel du conseil municipal du 26 octobre 1947

Mais Henri Bugnet décède brutalement en 1950 : le premier adjoint, Henri Régnier devient maire et Marcel Lerner est élu premier adjoint. Et ce jusqu’en 1953 où de nouvelles élections municipales sont organisées. Henri Régnier, le maire sortant est battu par Jean Minjoz. Marcel Lerner est élu conseiller municipal mais siège cette fois dans l’opposition.

C’est à cette période, le 4 août 1954, que décède son épouse.

 

Conseil municipal du 23 octobre 1954

Dans cette vie publique d’élu municipal et d’adjoint au maire, Marcel Lerner préside de nombreuses commissions.

Aussi n’est-il pas étonnant qu’il soit nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1954. Il est un des membres fondateurs du Festival International de Musique de Besançon. Il est vice-président de son conseil d’administration.

 

C’est le docteur Jean Frémiot, 1 avenue Carnot qui propose Marcel Lerner à la Légion d’Honneur

Mais il est également, de 1953 à 1956 Président de la SNB dont il fut un des membres actifs. Aussi la médaille d’or de l’éducation physique lui est décernée. Il est également Chevalier de l’ordre de la santé publique.

 

Les nombreuses activités de Marcel Lerner. Dossier Légion d’Honneur.

M. Marcel Lerner décède le 20 octobre 1963, à l’âge de 65 ans, des suites d’une longue maladie.

 

L’Est Républicain du 21 octobre 1963

Il est inhumé au cimetière des Chaprais.

 

 

Dans le cadre de la succession familiale, la station-service du 106 rue de Belfort est vendue et démolie en 1966 afin de faire place à la construction d’immeubles.

 

Est Républicain du 5 octobre 1966.

Sources : archives familiales; archives municipales ; archives départementales du Doubs ; Mémoirevive Besançon. Nous remercions tout particulièrement M. Jean-Michel Lerner pour les précisions et documents transmis pour cet article.
J.C.G.