
Tout commence avec Jean Millot né à Presle en 1843, en Haute-Saône. Il vient s’installer à Besançon comme maraîcher.
Jean Millot, peu après son arrivée à Besançon, habite à Palente ; il fait chaque jour, à pied, le trajet Palente-Centre Ville. C’est à la faveur de ses trajets quotidiens qu’il rencontre Claude Françoise Bietrix, une habitante des Chaprais, fille de Jean-Pierre Bietrix qui tenait l’auberge du Cheval Blanc.

Jean et Françoise Millot
Jean-Pierre Bietrix vient d’Amagney et s’est marié à Jeanne-Amodru (1817-1893) qui habite au 62 rue de Belfort, dans une maison construite (vers 1820-1830) par son père Claude –François Amodru (1791-1864), maçon de profession, qui tenait le terrain de sa mère, Jeanne-Claire Bourderon (1762-1824). Elle-même est fille de Jacques Bourderon ; maraicher aux Chaprais (1743-1779). Les Bourderon semblent avoir acquis ce terrain par mariage avec une fille Gogard : une famille attestée aux Chaprais vers le milieu du XVIIème siècle. Les Bourderon sont une famille de maraichers établis aux Chaprais. Ils vendent leur production sur la marché de Besançon. Gaston Coindre dans son ouvrage parle des Bourderon des Chaprais : « …chrétiens héroïques sous la Terreur » (p. 742 – Mon vieux Besançon)
Jean s’installe donc chez son épouse au n° 62 rue de Belfort. Il y décède en 1922.(cette maison n’existe plus aujourd’hui).
Ils ont deux fils Louis et Paul, tous deux nés au 62 rue de Belfort en 1884.
Ils sont employés comme typographes à l’Imprimerie Jacquin (rue Claude Pouillet actuelle) puis recrutés par Jules Gros pour imprimer le quotidien de tendance radical-socialiste, le Petit Comtois dont le premier numéro paraît le 1er août 1883. Ils en deviennent propriétaires par rachats successifs d’actions de 1886 à 1903.
Louis Millot reprend la direction comme rédacteur en chef jusqu’en 1944. Il a été comme son père Jean une figure politique locale importante du radical-socialisme.
L’imprimerie et les bureaux ont d’abord été dans au rez de chaussée de l’immeuble Savoye, Square St Amour) puis 20 rue Gambetta dans un immeuble acheté en en 1913 par la société Millot).
Les Millot, grâce à leur imprimerie de la rue Gambetta vont éditer plusieurs titres qui intéressent les horlogers alors fort nombreux.
Ils vont racheter en 1907 le journal La France Horlogère créé en 1901 par deux horlogers bisontins Favre-Heinrich et Maxime Fernier.


Publicité parue dans Le Petit Comtois du 15 novembre 1919
Puis ce sera le journal de publicité intitulé

Les Petites Affiches de l’horlogerie et de la bijouterie
La société a été mise en liquidation judiciaire en 2008.
La France-Horlogère a donc été dirigée par Louis Millot (aidée de son frère Paul), puis par son fils Jean, puis son fils André (en retraite de son poste d’ambassadeur), puis par la fille de ce dernier : Isabelle Millot (décédée à Paris en 2014) . Elle été enterrée dans le caveau du cimetière des Chaprais.
C’est Louis Millot (1884-1967) qui fait construire la Villa des Iris en 1910 (année de son mariage avec Juliette Vuillet, native de Morez) sur un terrain acheté en 1858 par Jean-Pierre Bietrix et Jeanne-Amodru. L’actuel jardin privatif de la villa et le parc des Chaprais était alors essentiellement un potager et un verger. Les arbres fruitiers ont été abattus et l’aménagement du parc date de cette époque. Ce parc s’est agrandi par l’acquisition en 1926 du terrain voisin appartenant à l’auberge de la Cloche auprès de Mr Galloche (actuel cabinet médical plus l’entrée du parc). La rumeur locale parlait d’un trésor enfoui quelque part dans ce terrain. Cette propriété est restée à la famille Millot jusqu’en 1980 (environ) date de sa vente, suite au décès en 1977 de Juliette Vuillet, veuve Louis Millot.

Villa les Iris, 6 rue de l’Eglise
Louis a deux fils : Jean né en 1911 et André né en 1913, tous deux au 6 rue de l’Eglise (villa des iris) et tous deux aujourd’hui décédés. Jean est décédé à Besançon en 1986 et André à Paris en 1999.
Jean dirige jusqu’à son décès La France Horlogère.
André travaille avec son père à la rédaction du Petit Comtois jusqu’à la disparition de ce journal le 22 mai 1944.
Cette histoire familiale fait apparaître que la famille Millot et ses ascendants ont vécu de manière attestée aux Chaprais pendant presque 3 siècles….

La tombe familiale au cimetière des Chaprais a été construite par Claude-François Amodru, cité ci-dessus et maçon de profession (caveau familial de dimension très importante….) : sont enterrés des membres des familles Amodru, Bietrix, Millot.
André MILLOT
Le donateur du parc des Chaprais

André Millot est donc né le 19 mars 1913 ;

Acte de naissance d’André Millot

Tout comme son frère Jean, André va faire ses études au lycée Victor Hugo de Besançon. Puis, toujours avec son frère, il s’inscrit en droit à Paris. Ils logent alors rue Beaubourg dans un petit immeuble acquis par la famille. Il poursuit ensuite ses études à Sciences Po. Pendant deux ans il accomplit des séjours comme auditeur libre dans les universités de Fribourg-en-Brisgau, Londres, Milan et à l’Institut d’Histoire de l’art de Florence.
Quelques années avant la guerre, il travaille à la rédaction du quotidien familial Le Petit Comtois. Il doit normalement succéder à son père. Mobilisé dès la déclaration de la seconde guerre mondiale, il est affecté à l’état-major du 7° Corps d’armée, puis comme aspirant à la 2ème Division Légère de Cavalerie comme Aspirant.
Démobilisé, il rejoint la rédaction du quotidien familial et participe aux activités clandestines de l’Organisation de la Résistance Armée (ORA). Il est arrêté à Besançon au titre du Service du Travail Obligatoire (STO) mais parvient à s’échapper et à passer en zone libre, à Villars les Dombes où la famille possède une propriété. Il s’y marie en 1943 (et divorce en 1984). Une fille naît en 1944, Catherine aujourd’hui psychanalyste et écrivaine.
A la libération, alors sans emploi, il rejoint le Ministère des Affaires Etrangères qui recrute alors d’anciens Résistants.
Il occupe divers postes : consul de France à Francfort puis à Helsinki. Séparée de son épouse, avec sa conjointe finlandaise, iil a deux filles nées à Helsinki : Isabelle, décédée à Paris en 2014 et Caroline qui habite toujours la Finlande et qui est mère d’une famille de deux enfants.
Il ne souhaite pas s’éloigner de l’Europe afin d’observer explique-t-il alors, le communisme alors en construction. Son dernier poste est celui d’ambassadeur en Albanie.
A sa retraite, il intègre la rédaction de la France Horlogère : il y signe des éditoriaux jusqu’à son décès à Paris le 7 février 1999.
Il est inhumé dans la tombe familiale au cimetière des Chaprais, tombe située à l’angle des murs de la rue du Repos et de l’Eglise, à deux pas où il est né et du parc familial dont il a fait donation.
Sources : archives municipales et archives familiales. En particulier le témoignage de Jean-Louis Millot, décédé en 2018 et réinhumé en 2020 au cimetière des Chaprais. Il nous a donné les éléments de généalogie de sa famille et mis en contact avec sa cousine Catherine. Nous ne l’oublions pas.



