
Du Casino Joa au parc des Chaprais
Cette balade a été organisée au profit de l’APIM (Association pour la Promotion de l’Information à Montrapon) dans le cadre des promenades qu’elle organise, depuis plusieurs années, l’été, avec un grand succès. Le départ se fait depuis le Casino Joa et conduit au parc des Chaprais par l’avenue Fontaine-Argent, la rue Chopard et la rue de l’Eglise.
Voici donc ce parcours que vous pouvez effectuer vous-même, avec les commentaires ci-dessous.
1 – Besançon les Bains
Un article publié sur ce site retrace avec beaucoup de détails, cet ensemble développé à Besançon à la fin du XIX° siècle. Voir https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/besancon-les-bains/
Mais résumons…En 1866 des eaux salées sont découvertes à Miserey-Salines par les ingénieurs Boyer et Résal. La guerre de 1870/71 vient retarder l’idée d’exploiter cette eau au degré de salinité proche de la saturation. Et arrive un « parisien » Achille Vialatte (1831-1913) qui prétend exploiter déjà des établissements thermaux pour des cures alors très à la mode. Comme il porte beau, il impressionne tout le monde et une société anonyme est créée. Après plusieurs hésitations sur l’emplacement du futur établissement thermal, le choix se porte sur la Mouillère, sur un terrain de 2 ha. La ville de Besançon accorde aussitôt une subvention de 150 000 F en échange de quelques avantages (10% des bénéfices seront reversés à la ville et 6 cabines de bain seront réservées aux nécessiteux). La pose des premières pierres pour la réalisation des thermes, du casino et du Grand Hôtel des Bains se déroule à la fin de l’année 1891.C’est l’architecte Marcel Boutterin (1842-1915) qui est choisi pour les plans du Grand Hôtel et de l’établissement thermal et Maurice Forien (1869-1938) pour celui du Casino. Tous deux sont bisontins.
Mais c’est le Casino qui est inauguré le premier, à la date du 10 juillet 1892.


Petit Comtois 11 juillet 1892
Suivront l’ouverture des autres établissements : établissement des bains ; grand Hôtel des Bains.

Établissement thermal de Besançon

Pour l’établissement thermal, les travaux concernant la canalisation d’amenée des eaux salées n’étant pas terminés, l’eau salée est apportée par des charrettes comportant des « bonnes » remplies d’eau.

Une « bonne » à eau
Aujourd’hui subsiste, afin d’alimenter la piscine du centre de kinésithérapie de la Mouillère, une conduite souterraine d’amenée de l’eau salée qui passe sous l’avenue Carnot. Rue du Chasnot, dans le sous-sol d’une copropriété privée sont installés deux réservoirs de deux mètres cube qui stocke l’eau salée.
Les thermes sont rachetés par la ville en 1932 et démolis en 1969.
Le Grand Hôtel des Bains est racheté par la ville en 1950. Il est transformé en hôtel Ibis en 1981 puis en Villa Médicis en 2002.
Les réservoirs d’eau salée de la rue du Chasnot
En 1917, le syndicat d’initiative propose au conseil municipal de baptiser la ville Besançon les Bains.

Proposition rejetée à une voix de majorité !

Besançon les Bains en 1893
2 – Le pont de la République
Il est ouvert en 1834. Il s’git alors d’un pont suspendu souvent appelé à l’époque le pont de fil de fer. Il est d’une grande importance pour le développement des Chaprais car auparavant l(entrée dans la Boucle se faisait par le pont Battant.
Ce pont est à péage et le restera pendant 38 ans ! Il est reconstruit en pierre (de la Malcombe et des Montboucons) en 1884. L’arche sur le canal provient des forges de Fraisans dans le Jura. En 1885, le tramway circule sur le pont.
Le 16 juin 1940, le pont saute devant l’avancée de l’armée allemande. Partiellement détruit il est reconstruit puis saute à nouveau le7 septembre 1944 devant l’avancée de l’armée américaine. Il est reconstruit en 1947 en béton coffré. Les pierres apparentes sont des parements.
3 – Le rond-point des Bains
Au débouché du pont a été construit le siège de la Banque Populaire en partie, en lieu et place de la quincaillerie Grosperrin. Le bâtiment actuel est d’Armand Jaboeuf (1912-1970).
Une statue à la gloire de Proudhon du sculpteur bisontin Georges Laëthier (1875-1955) a été inaugurée en 1910. Elle a été refondue en 1942.
L’office du tourisme était alors au début de l’avenue Carnot. Puis a été construit le bâtiment actuel à l’entrée du parc Micaud en selon les plans de l’architecte Michel Demenge (1930-2021), bâtiment moderne inauguré en 1969.
Le parc Micaud ouvert en 1843 porte le nom du maire qui l’a initié, Agathe Micaud (1770-1860), selon les plans de l’architecte Alphonse Delacroix (1807-1878).
Dans l’immeuble actuel du début de l’avenue Carnot a résidé l’avocat Henri Bugnet (1899-1950), maire de Besançon de 1939 à 1944 puis de 1947 à 1950.
4 – Avenue Fontaine-Argent
Inaugurée en 1881, cette avenue est créée à la demande des autorités militaires afin de desservir le parc à fourrage. Une prison devait y être construite.

Cette avenue porte le nom du ruisseau Fontaine-Argent, canalisé mais que l’on peut voir encore à l’air libre chemin de Brûlefoin. Le premier immeuble de l’avenue est le Champs Elysées. C’est le premier immeuble de Besançon doté d’un ascenseur. Voir sur notre site : https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/limmeuble-champs-elysees-aux-chaprais/

Le collège Saint-Joseph de l’architecte René Tournier (1899-1978) a été créé à l’emplacement de l’ancienne usine automobiles Schneider créée en 1910Elle produisait, avec 300 salariés, 250 véhicules par an. La faillite est prononcée en 1929. Voir sur notre site :
https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/lautomobile-aux-chaprais/
L’ouverture de Saint-Joseph est prévue à la rentrée 1939. Mais la seconde guerre mondiale transforme cet établissement scolaire en hôpital militaire pour les Français, puis pour les Allemands et enfin pour les alliés.
La première rentrée scolaire a eu lieu le 1er octobre 1948. Voir sur notre site : https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/etablissement-scolaire-saint-joseph/

5 – Rue Chopard
Elle porte le nom, depuis 1930, d’un ancien adjoint au maire de Besançon, Alexis Chopard (1859-1929).
Elle a été réalisée en 3 tronçons à différentes époques. Le dernier tronçon entre la rue des deux Princesses et la rue de Belfort date de 1957/58.

Le dernier tronçon longe le vaste terrain alors occupé par l’entreprise les Monts-Jura.
6 – Les Monts-Jura
Entreprise de transport créée par Henri Régnier (1882-1969). Henri Régnier rachète en 1907 l’hôtel de la Cloche et ses dépendances et une entreprise de déménagement. Il réside au 50 rue de Belfort dans une villa aujourd’hui rasée pour faire place au parking du supermarché créé en 1988.
Voir sur notre site : https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/mont-jura/

Le supermarché Casino en construction. Subsistent à gauche des bâtiments aujourd’hui détruits à l’angle de la rue de Belfort et la rue Chopard
En 1922, les Monts Jura exploitent 8 lignes d’autocars dans le Doubs. Le départ est 12 rue de la République. En 1939 est créé l’autogare de la rue Proudhon.

Les terrains ont été vendus en 1985 et le dépôt transféré rue Berthelot. En 1998, les Monts Jura sont vendus au groupe Cariane filiale de la SNCF, aujourd’hui Kéolis.
7 – Rue de Belfort
A remarquer les Bains Douches construits en 1911 par l’architecte Alphonse Burcey (1866-1943) qui a également réalisé ceux de la Madeleine. Ils ont fermé en 1990.

En 1979 on compte 8 519 entrées aux Chaprais et 12 636 à la Madeleine. (fermés en 2004). L’Auberge du Cheval Blanc 71 rue de Belfort, occupée aujourd’hui par une agence du Crédit Lyonnais. Créée en 1726 sous le nom de Saint-Denis, elle devient Cheval Blanc en 1784. C’est un ancien relais de poste. Comportait 2 écuries avec une chambre pour cocher. L’immeuble du 71 rue de Belfort, daté de 1881. Occupé par la famille Walch, négociant en bestiaux : 5 membres dans la famille et 2 domestiques.

Le 71 rue de Belfort
8 – Le parc des Chaprais
Don à la ville d’André Millot (1913-1999), en 1978, lorsque l’ancien maire Jean Minjoz, maire de Besançon de 1945 à 1947, puis de 1953 à 1977, quitte son siège à l’Hôtel de Ville.
Ce don de ce parc propriété auparavant de la villa de la famille Millot « Les Lilas » est réalisé en mémoire à la famille Millot qui a habité depuis 250 ans aux Chaprais. Anciens propriétaires du Petit Comtois ancien journal Radical qui paraît de 1883 à 1944 et sera remplacé à la Libérations par le quotidien Le Comtois.

Voir sur ce site, pour le parc des Chaprais : https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/le-parc-des-chaprais/
Pour la famille Millot : https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/732/
Sources iconographiques : MémoireVive Besançon ; Collectif Histoire des Chaprais.
Collectif Histoire des Chaprais


