
1872-1947
Maire de Besançon 1919-1925
Paul Charles Krug, ancien maire de Besançon, possède aux Chaprais, depuis 1952, une rue baptisée de son nom (ancienne rue des Noyers).

Ce natif de Strasbourg, docteur en droit, notaire, s’installe dès le début du XIX° siècle dans notre capitale comtoise. Marié en 1901 à Nancy à une fille de notaire des Vosges, le couple accueille un premier enfant en 1903, une fille, Marguerite, née à Besançon. Deux autres enfants suivent et naissent également à Besançon : Paul en 1907 et Françoise en 1912.
Après un premier domicile 70 Grande Rue, il s’installe au 6 rue Delavelle qui semble héberger son étude et son domicile.

Le 6 rue Delavelle aujourd’hui
A noter que c’est dans son étude que sont déposés les premiers statuts de la société Lipmann Frères le 1er janvier 1901.
Charles Krug se présente pour la première fois aux élections municipales, en 1919, sur une liste radicale et d’union démocratique. Il n’est pas tête de cette liste conduite par l’horloger Adler. Face à lui se présentent deux autres lites : une liste d’Entente républicaine, classée au centre droit politique et une liste socialiste.
Si Gaston Adler obtient 2 808 voix sur un total de 7 335 votants (sur 12 436 inscrits), et Charles Krug 2 682 voix, ce sont les deux premiers candidats de la liste d’Entente Républicaine qui obtiennent le plus de voix : Léon Bredillot 2 756 et Louis Deliot 3 143 voix, seul candidat des 3 listes à dépasser les 3 000 voix ! Quant aux socialistes conduits par Auguste Jouchoux, celui-ci obtient 1 852 voix, mais son second de liste, très populaire, le docteur Maurice Baigue récolte 2 007 suffrages.
Il faut noter que, sur les différentes listes, figurent au 1er tour des chapraisiens qui nous sont encore connus comme :
• pour les Radicaux, G. Adler (2808 voix); l’horloger Friez (2522), les entrepreneurs Désiré Micciollo (2 730 et Georges Pateu (2 707) , ou encore Narcisse Lanchy (2 663 ), sans oublier celui qui deviendra maire, Charles Krug ( 2 682 voix);
• pour l’Entente Républicaine le docteur Heitz (2 910 voix) ;
• pour les Socialistes, le docteur Maurice Baigue (2 007 voix).
Le candidat qui obtient le plus de voix est celui de l’Entente républicaine
Et là, chose étonnante, mais se réalise une sorte « d’union sacrée » comme au cours de cette guerre 14/18 qui vient de se terminer.
Une seule liste est constituée intitulée Liste de représentation proportionnelle. En effet chacune des trois listes qui fusionnent obtient un nombre de candidats proportionnel aux résultats du premier tour. Il y a donc 12 candidats de Droite, 12 radicaux et 8 socialistes.
Toute la liste est bien sûr élue ! Là encore Louis Deliot obtient le plus de voix : 4 945. Ce qui s’expliquerait pas son action inlassable au conseil municipal où il siège, pendant la Grande Guerre, contre la disette dont souffre la population bisontine.
Charles Krug obtient 4 650 voix et le docteur Maurice Baigue 4 558.
Et le maire et ses adjoints sont élus à l’unanimité !
Voici donc Charles Krug élu maire de Besançon mais flanqué d’adjoints qui ne sont pas tous du même bord politique lui : comme le socialiste Maurice Baigue ou le docteur Heitz du centre droit.

Portrait officiel de Charles Krug, mairie de Besançon.
Dans l’histoire de Besançon publiée sous la direction de l’universitaire Claude Fohlen, on peut lire, le concernant :
« ..Charles Krug fut élu maire. Notaire, arborant l’étiquette radicale, le lorrain (sic…il est alsacien d’origine…c’est son épouse qui est d’origine lorraine…) se considérait comme l’administrateur d’une grande commune et se préoccupa moins de politique que du développement de sociétés de secours mutuels ».
Lors de la première séance du 12 décembre 1919, il déclare en ce sens :
« Je me suis engagé vis-à-vis de moi-même et je m’engage à bannir complètement la politique de mon administration, à m’occuper avant tout en homme d’action et de réalisations, des affaires de la ville, à envisager exclusivement et toujours l’intérêt supérieur de la ville ».
Il obtient ainsi, aux côtés de Georges Pernot, homme de droite (qui deviendra plus tard ministre…), en novembre 1920, l’ouverture d’une faculté libre de Droit.
Il n’accomplit qu’un mandat et ne se représente pas aux élections suivantes qui porte au siège de maire de la ville le radical Charles Siffert.
Mais il est très engagé, entre autres, à la tête de la Caisse d’épargne régionale dont il est le président. A ce titre, dans les années 1930, il est souvent chargé du rapport, lors de la conférence annuelle des Caisses d’épargne, de proposer la fixation du taux d’intérêt pour les dépôts.
En 1937, il est nommé au conseil général de la Banque de France comme l’indique cette parution dans Le Petit journal du 29 octobre 1937.

Il est alors Commandeur de la Légion d’Honneur.
Quand s’installe-t-il à Paris? Il est toujours répertorié dans l’annuaire Fournier de 1946 à son adresse de la rue Delavelle à Besançon. Mais il décède à Paris le 7 octobre 1947.

La ville dont il fut le maire semble l’avoir alors oublié. Dans la presse, aucun article ne lui est consacré. Seul figure ce faire part :

Il est inhumé à Paris.
Sources : archives municipales; Le Comtois.
J.C.G.


