
1.- Le fondateur Jules Jacquemin (1825-1912)
Il est né le 30 août 1825 à Scey sur Saône où son père est cafetier. Il s’installe à Besançon et fonde une fabrique de dragées, au centre ville, 38 Grande Rue.

Acte de naissance de Jean-Claude, Jules (prénom rajouté lors du baptême ?) Jacquemin
Après la guerre de 1870, elle est transférée au 41 rue des Granges où elle occupe un magasin et les 2 arrière-cours.

En 1889 Jules spécule sur la gomme arabique (épaississant indispensable pour les dragées ; aujourd’hui E 414) produite pour l’essentiel en Afrique.
Ce qui lui permet d’acheter l’immeuble du 41 rue de Belfort, au coin de la rue du Château Rose, ainsi que le 1 rue du Château Rose et tous les terrains du côté gauche en montant depuis la rue de Belfort et ce jusqu’à la rue de la Rotonde.

Le 41 rue de Belfort et la rue du Château Rose
Dans le même temps il achète une maison au 10 rue de Vittel pour son fils Joseph.

Le 10 rue de Vittel
et une propriété pour Emile, son 2° fils, 59 avenue de Montjoux.

Le 59 avenue Montjoux aujourd’hui, la villa n’existe plus
Il réside lui-même au 41 rue de Belfort.
Dès le début du XX° siècle, (1905 ?) il construit une usine ultramoderne rue du Château Rose : « usine modèle », « usine à vapeur » c’est-à-dire avec une chaudière à vapeur qui transmet via une dynamo le courant électrique pour les machines.

Usine Jacquemin Musée du temps
Là, deux fabrications essentielles avec toute la gamme de déclinaisons et variétés possibles : les dragées (comme dans les anciens ateliers du centre ville) et le chocolat alors très à la mode.

La fabrication des dragées

Il existe, au début du XX° siècle dans le Doubs, deux autres fabriques de chocolat : Klaus à Morteau et la compagnie des chocolats Peter, Nestlé, Cailler, Kolher S A à Pontarlier.
Jules meurt à Besançon en 1912.
2.- Les 2 fils à la tête de l’entreprise
– Emile est né en 1862, il meurt d’une insolation contractée dans le tramway à Besançon le 6 août 1949. Un fils unique, Maurice (1910-1980).

– Joseph est né à Besançon en 1865 et décédé à Besançon en 1933. Il fait des études à Paris et assiste en 1885 aux obsèques de Victor Hugo. Il a deux enfants : Madeleine (1904-1977) ; Henri (1908-1993).
Les deux frères vont être, avec le docteur Tisserand, les fondateurs du Sport Nautique Bisontin, le SNB, à la fin du XIX° siècle.


3.- Les cousins Maurice et Henri prennent la suite
– Maurice fait des études au lycée Victor Hugo, puis Ecole Supérieure de Commerce de Dijon puis HEC.
Très actif, il est entre autre vice-président de la CCID (Chambre de Commerce et d’Industrie du Doubs), président de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales), membre dirigeant de la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises), membre du Comité Economique et Social. Il est un des pères de la formation permanente, une salle porte alors son nom à l’institut de formation permanente de l’avenue Carnot.

Est Républicain 8 avril 1965
Il se marie en 1946 avec Josette Brochet, fille de Gustave Brochet, fondateur et dirigeant de l’usine Brochet frères. Naissance de 3 filles, Odile, Dominique et Pascale.


Mariage Josette et Maurice
A partir de 1953, des difficultés sont d’ordre économique surgissent (notamment manque de fonds propres pour rénover les machines). Brochet Frères interviennent pour éviter la faillite de l’usine qui est néanmoins démantelée à partir de 1954. Maurice est nommé liquidateur.
: Jusqu’en 1954, date du centenaire de l’entreprise, l’usine emploie entre 60 et 100 personnes. A cette même date, par suite de difficultés d’exploitation, Henri (fils de Joseph) et son cousin Maurice (fils d’Emile) vendent la partie des bâtiments bordant la rue.
Maurice reprend à son compte le magasin confiserie Jacquemin du 41 rue des Granges.

41 rue des Granges
Henri, conserve avec les ateliers de dragées et d’office, la partie en retrait de la rue avec accès par la cour. Les bâtiments longeant la rue furent occupés par la droguerie Viret et la cartonnerie bisontine. Le bâtiment sur cour échut à la Banque populaire de Franche-Comté. L’immeuble du 43 rue de Belfort resta dans la famille.
– Henri : est né au 10 rue de Vittel. Il fait ses études au lycée V. Hugo, puis au lycée Pasteur et, comme Maurice, est étudiant à HEC après 2 années à l’Ecole Supérieure de Commerce de Dijon. Il dirige l’entreprise avec son couin Maurice, puis rachète ses parts, avec un prêt bancaire. D’où des difficultés d’ordre économique signalées et une liquidation avec vente d’une partie des locaux rue du Château Rose en 1955 et le redémarrage d’une activité recentrée sur les dragées.

Henri a 5 enfants : 3 garçons et 2 filles : Daniel, Michel, Philippe, Bernadette et Marie-France.
4.- Daniel, le dernier dirigeant de la famille Jacquemin

Daniel né en 1937 rue de Vittel. Etudes à Paris (ESCP) ; il rejoint son père dans la société en 1965.

Le mariage de Daniel et d’Anne-Marie
Il vend les locaux de la rue du Château Rose à la BNP en 1981. Il installe un atelier de fabrication rue des Cras.

Atelier rue des Cras Photo Google street

Daniel est le dernier dirigeant de l’entreprise vendue en 2002.

Panneau toujours visible rue Matie-Louise
Il décède le 6 avril 2020 au début de la pandémie de Covid..
Il a deux enfants : Xavier qui travaille 3 ans avec son père et Catherine.

Fabrication des dragées rue des Cras
Son épouse, Anne-Marie est décédée en 2024.
5.- Michel, entrepreneur, président de la CCI du Doubs, député

Il est né le 14 mai 1939, rue de Vittel.
Il fait ses études d’abord au lycée Saint-Jean puis au lycée Victor Hugo. Ensuite, c’est l’ Ecole Centrale à Paris. Il devient ingénieur d’abird chez Zani puis il fonde « La Thermique Franc-Comtoise »
Il se marie en 1994 mais n’a pas eu d’enfant.
Président de la CCI du Doubs de 1976 à 1985.
Député du Doubs de 1986 à 1997.
Conseiller municipal de Besançon de 1989 à 2001.
Conseiller régional de 1992 à 1999.
Président du mouvement européen de 2001 à 2006.
En 1999, il cède son entreprise et entame un cursus d’études d’Histoire. Il décède en 2009 à l’âge de 69 ans alors qu’il prépare une thèse de doctorat sur l’Histoire du château de Rupt sur Saône.
En 2022, Christiane, son épouse fait une importante donation à la ville de Besançon de dessins, cartes, estampes, etc. Cette donation fait l’objet d’une exposition au Musée des Beaux Arts de Besançon sous le titre En toute discrétion, qui résume bien l’amour de ce couple pour l’art et leur générosité.

Sources : archives municipales ; archives familiales ; brochure Michel Jacquemin, un homme de passion et d’engagement.

JCG
Pour aller plus loin PDF « Récit historique d’Henri Jacquemin »


