
Georges Laëthier n’est certes pas né aux Chaprais le 23 avril 1875 (mais à Battant). Mais il est un sculpteur emblématique des Chaprais où il possède son atelier, 8 rue Grosjean au moment même où il sculpte, sur commande, un des deux poilus du monument commémoratif de la Grande guerre de 1914-1918, alors devant la gare Viotte (il a été, depuis transféré aux Glacis).
Il se consacre presque exclusivement à l’aquarelle à la fin de sa vie. Mort le 24 novembre 1955 à Besançon, il est enterré au cimetière des Chaprais avec son frère Edmond mort en 1889, à 31 ans.

le Monument aux morts lors de son inauguration en 1924 – Photo Mémoirevive Besançon

Le monument aux morts avant son transfert aux Glacis – Le Poilu de G. Laethier est à gauche sur la photo
Son père qui exerce alors la profession d’avoué, est alors âgé de 48 ans au moment de la naissance de Georges ; sa mère a 41 ans. La famille compte 7 enfants : Georges est l’avant dernier. Un de ses frères, Edmond (1859-1881) est peintre, élève de 2 peintres francs-comtois célèbres Antoine Fanart (1831-1903) et Emile Isenbart (1846-1921). Nous aurons l’occasion d’évoquer ces deux peintres tous deux enterrés au cimetière des Chaprais.
Georges fait ses études à l’école des Beaux-Arts de Besançon : il a alors comme professeur de sculpture, le bisontin Just Becquet (1829-1907) que nous évoquerons également, car très lié également à notre quartier.
Georges Laethier va par la suite rejoindre l’école des Beaux-Arts de Besançon comme professeur de sculpture, remplaçant alors un autre sculpteur bien connu alors , Albert Pasche (1873-1964).

La première œuvre de Georges Laethier, reconnue au niveau national, au Salon de 1903 concerne le Vieillard buvant à la source, œuvre conservée au MBA de Besançon
Outre le poilu du monument aux morts de Besançon, il réalisera également ceux de Baume les Dames, Frasne, Isle sur le Doubs, Ornans et Pontarlier.
En bon franc-comtois, il va réaliser des sculptures (le plus souvent des bustes) de personnalités célèbres de Franche-Comté comme Courbet, Victor Hugo, Proudhon, Pasteur, Cusenier.

Ce monument qui était situé au rond point des Bains (devant le siège actuel de la Banque Populaire), a malheureusement été refondu sous l’Occupation dans le cadre des ordres du régime de Vichy soucieux de répondre aux demandes pressantes des autorités d’occupation qui ont alors besoin de métaux non ferreux pour la production de son armement.
Avant d’être transporté à Houdemont, en Lorraine, pour cette refonte, on peut voir sur la photo ci-dessous le sculpteur posant devant son œuvre alors transportée sur le chantier Pateu-Robert, rue de la Mouillère lors de l’hiver 1941/1942.

Photo archives municipales Besançon
On ne peut bien sûr citer toute la production de cet artiste qui, ensuite peint de nombreuses aquarelles. Il décède à Besançon le 24 novembre 1955, dans une grande misère nous précise ses descendants.
A noter qu’en 1996, le MBA de Besançon va organiser une exposition en hommage à 4 sculpteurs alors oubliés René de Chateaubrun (1875-1942), Marguerite Syamour (1857-1945), Anne de Chardonnet (1869-1926) et, bien sûr, Georges Laëthier.

Sources : archives familiales; archives municipales.
Alain Prêtre


