
Ce lieutenant-colonel, né le 28 novembre 1897 à Montpellier a accompli la plus grande partie de sa carrière militaire dans l’infanterie coloniale. Durant la 1ère guerre Mondiale, il participe courageusement aux combats dans l’Aisne. Il est alors cité à l’ordre de la 133° division à laquelle il appartient. Puis affecté au 8° régiment d’infanterie coloniale stationné à Toulon, il est envoyé, en 1921, au Sénégal, puis en 1923 au Liban. De nouveau il a droit à deux citations à l’ordre de l’armée pour participation aux combats et il est élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1927.
L’année suivante, il devient capitaine et en 1933 il est admis à l’Ecole de Guerre d’où il ressort breveté d’Etat Major en 1935.
Mobilisé durant la Seconde Guerre Mondiale, il est alors chef du 4° bureau du corps d’armée coloniale et à la fin de 1939, il est affecté au 44e régiment d’infanterie coloniale et prend le commandement du 3° bataillon avec lequel il doit assurer la couverture de la ligne Maginot. Au mois de juin 40, lors de l’offensive allemande, il combat sur la Somme.
Le 21 août 1940 il est nommé officier de la Légion d’honneur, cité alors de l’armée et envoyé comme sous-chef d’état-major à Damas en Syrie. Là il va participer aux opérations contre les armées britanniques et gaullistes. Il est rapatrié en août 1941, démobilisé le 1er décembre 1942 et placé en congé d’armistice le 1er mars 1943.
À partir de là, sa carrière va connaître une autre orientation puisqu’il est nommé inspecteur de l’éducation générale et des sports à Besançon. Il réside alors dans une habitation appelée » le château » aujourd’hui disparue, aux 131, Rue de Belfort.

Le « château » au 131 rue de Belfort, collection Denis Arbey
Il devient alors un agent de renseignements actif du réseau Micromegas.

Il est alors marié avec Dominique Massoni originaire de Toulouse et ont deux enfants.
En juillet 1944 il monte un réseau de renseignements en Franche-Comté avec des chefs de district à Besançon, Belfort, Vesoul, Dole et Lons-le-Saunier. Son groupe est alors dénommé Papillon.

Attestation d’appartenance au réseau Micromegas
Il fait part à plusieurs reprises à son responsable, le commissaire principal Simon Cotoni. spécialiste reconnu du contre-espionnage français.
« Je voudrais que tu me précises si ce que je fais actuellement est considéré comme une affectation régulière dans les FFI. J’aimerais pas rester à ce poste et passer par la suite pour un insoumis ou un dégonflé. Selon ce que tu m’avais dit, les membres de ton organisation étaient considérés comme faisant parti intégrante FFI et en service commandé. Logiquement, il devra en être de même pour moi. Donc, fais-moi savoir si je dois continuer ma mission ici me mettre en relation avec un dirigeant de la dissidence régionale pour solliciter une affectation… »(.Propos rapportés par M. Yves Mathieu dans son étude citée).
Le 7 septembre 1944, rentrant d’une tournée professionnelle d’inspection à moto, un voisin l’informe que les combats pour la libération de Besançon ont commencé. Aussitôt il se rend derrière la gare là où les Résistants FFI affrontent un canon antichar et une mitrailleuse allemande. Il décline son identité et son grade, inspecte le dispositif et effectue une reconnaissance des forces ennemies. C’est là, avenue de Chastes-Montjoux (aujourd’hui avenue du commandant Marceau) qu’il est tué avec un autre agent de renseignements, Pierre Rimey. Il convient de préciser que parmi les 24 Résistants tués lors des combats de la libération de Besançon, 3 sont des agents de renseignements : Gustave Filippi, Pierre Rimey et Gaston Cordier le directeur adjoint de l’Hôtel des Voyageurs en face de la gare Viotte.
Il est dans un premier temps inhumé au cimetière des Chaprais, puis exhumé selon la volonté de son épouse qui repart à Toulouse avec ses enfants et le cercueil de son époux.
La ville de Besançon a tenu à honorer la mémoire de celui qui ne fut que de passage dans cette ville. Le 7 septembre 2017, en présence du fils de Gaston Filippi, une plaque a été apposée sur le mur du gardien de la cité Parc des Chaprais qui a remplacé le « château ».

Plaque apposée au 131 rue de Belfort en 2017

Le dévoilement de la plaque en présence de Jean-François Philippi, à gauche ; à droite son épouse et au milieu, Madame Danièle Dard, 1ère adjointe au maire de Besançon

Article paru dans l’Est Républicain le 8 septembre 2017
En 2024, dans le cadre de la commémoration officielle des 80 ans de la libération de Besançon, la ville a fait déposer des fleurs sur les tombes des Résistants tués au combat. Elle n’a pas oublié la sépulture de Gustave Filippi au cimetière de Toulouse.

Tombe fleurie par la ville de Besançon. Photo transmise par la famille Filippi
Sources : travail biographique de M. Bernard Carré pour le blog Humeur des Chaprais ; archives Défense Nationale Vincennes ; souvenirs de Jean-Philippe Filippi ; livre de M. Yves Mathieu « Une résistance franco-suisse, le réseau Micromégas » éd. Cabedita.
J.C.G.


