
Henri Alexis REGNIER
1882-1969
Henri Régnier est très connu pour avoir été le fondateur et directeur général des Monts-Jura (se reporter, sur ce site, à l’article consacré à l’histoire de cette société de transports).
Il est connu également du fait qu’il a été Maire de Besançon de 1950 à 1953 et Président de la Chambre Economique du Doubs de 1959 à 1965.
Rappelons qu’il est né le 18 septembre 1882 à Pierrefontaine les Varans. Son père Virgile (1845-1929), et son frère aîné François sont tous deux originaires de Sancey le Long où ils sont employés à la maison Girardet, un marchand de vin.
En 1877 Virgile et François s’installent à Pierrefontaine les Varans où ils créent une société de commerce de vin : Virgile voyage et s’occupe de la clientèle tandis que François se charge des expéditions. Leurs affaires prospèrent et ils achètent une ancienne brasserie et construisent une immense maison.
En 1881, Virgile épouse Marie Clémence Chatras : Virgile a 12 ans de plus que son épouse.
Sept enfants naissent, dont Henri qui est l’aîné, né un an après le mariage de ses parents.
En 1894, Henri qui a 12 ans entre en 6° au lycée Victor Hugo à Besançon.
En 1895, la société Régnier Frères esr florissante et la famille achète dans les années qui suivent plusieurs maisons et domaines. Dont « le Clos Monsieur », une propriété de 26 ha appartenant à la comtesse de Montalembert.

Virgile et ses 5 fils en 1897. Le 6° fils naît en 1898, et ne figure donc pas sur cette photo datée de 1897. Ce 6° fils, Marcel, décède quelques mois après sa naissance.

Henri au centre de la photo, en haut avec ses parents, ses 4 frères et sa sœur.
En 1898, Henri vient d’obtenir la première partie de son baccalauréat. Il quitte alors le lycée et part en Suisse pour apprendre l’allemand, tout d’abord à Thervil, puis dans une famille à Hambourg.
En 1900, il est à Paris il prépare la visite de ses parents à l’Exposition Universelle.
En 1904 il rejoint le 5° régiment d’artillerie à Besançon. L’année suivante il travaille avec son oncle François mais il souhaite monter sa propre affaire. D’autant que les deux frères Régnier son père et son oncle, ne s’entendent plus : la société Régnier Frères est dissoute le 2 août 1905.
1905 toujours : Henri a 23 ans. Il fait la rencontre d’une jeune fille, Marie, Eugénie Vautray : la mère d’Henri, Clémence est une amie d’enfance de la mère de sa future épouse.
Ils se marient à Morteau le 26 octobre 1907. Marie est âgée de 26 ans.

Cette année 1907, Henri, après un bref séjour à Belfort s’installe à Besançon en rachetant l’entreprise de déménagements de Camille Hehlen 17 avenue Carnot.
En 1908, il rachète l’hôtel de la Cloche, 50 rue de Belfort et s’installe dans la maison située à côté au n°48 (la maison n’existe plus aujourd’hui).

Henri Régnier dans les années 30
Tous les petits enfants actuels de la famille d’Henri Régnier s’accordent pour dire que leur grand-père a été visionnaire en matière de transports. Il a compris très tôt les nécessités des déplacements des personnes et des marchandises, ce qui va lui permettre de développer cette entreprise franc-comtoise, les Monts Jura. C’est en 1968 seulement qu’il quitte la présidence de sa société confiée alors à son fils Jean et à son petit-fils Philippe.
Durant l’Occupation, la maison d’Henri Régnier et une partie des ateliers sont réquisitionnés.

La villa de 11 pièces est occupée en totalité par des officiers

Garage réquisitionné pour 15 voitures. Atelier libéré en juillet 1942
Henri entre donc tardivement en politique. Il se présente en 1947 sur la liste conduite par Henri Bugnet (voir portrait de cet ancien maire sur ce site). Ce dernier après avoir était maire de Besançon pendant la guerre, est battu aux élections municipales de 1945. Jean Minjoz devient maire
Mais de nouvelles élections sont organisées en 1947 : Henri Bugnet conduit une liste qui rassemble des membres du RPF (Rassemblement du Peuple Français) créé par le général De Gaulle et des membres du parti radical. Henri Régnier comme Henri Bugnet sont membres du RPF. Même s’ils n’obtiennent pas la majorité absolue, du fait de l’abstention de la Droite modérée alliée au MRP lors de l’élection du maire, Henri Bugnet redevient maire de Besançon, Henri Régnier son premier adjoint.
Henri Bugnet décède le 20 juin 1950 à la suite d’une opération chirurgicale. Et c’est donc Henri Régnier qui devient maire jusqu’à la fin du mandat 1953.

Dès le début de sa mandature une « affaire » va éclater : l’opposition l’accuse d’avoir payé des émissaires auprès du ministère de l’Intérieur afin que le Casino puisse rester ouvert l’hiver. Car, en ces temps là, il n’est ouvert que le temps de la saison thermale qui dure du printemps à l’automne.
Or Henri Régnier est actionnaire de la société des bains Mouillère qui gère les thermes et le Casino.

Conseil municipal du 27 avril 1951

Article paru dans Le Comtois en mai 1941
Il ne semble pas que cette affaire ait eu des suites : il n’en a plus été question au conseil municipal qui suit mais qui se réunit qu’au mois de juillet seulement.
Henri Régnier va tenter de conserver son siège et conduit une liste aux élections municipales de 1953 en faisant campagne sur le bilan global de ces six années passées.

Bilan et programme proposé lors des élections municipales de 1953 par H. Régnier

Le bilan des 6 ans de la municipalité Bugnet/Régnier
Malheureusement une crise du logement sévit toujours à Besançon et c’est la liste socialiste conduite par Jean Minjoz qui l’emporte. Henri Régnier est élu mais siège désormais dans l’opposition, une opposition relativement courtoise. D’autres tâches attendent désormais Henri Régnier : il est élu en 1959 présidents de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Doubs, responsabilité qu’il occupe jusqu’en 1965.

Henri Régnier et le Préfet du Doubs
Sa présidence est remarquée et un vibrant hommage lui est rendu lors de ses obsèques en 1969.

Henri Régnier décédé le 20 juin est inhumé dans le caveau familial au cimetière des Chaprais.
Sources : archives de la famille Régnier,, archives municipales, journal Le Comtois.

Sources : archives familiales; archives municipales; Mémoire Vive Besançon.
J.C.G.


