Il suffit de suivre l’évolution de l’hygiène à Besançon, comme dans le reste de la France. de l’Europe et du monde.
Celle-ci se situe au carrefour d’autres histoires sectorielles : elle est liée à l’histoire des techniques (apparition des baignoires, tubs, chauffe-eau, diffusion du savon à bas prix, des produits d’hygiène), à l’histoire des équipements collectifs (développement des services de distribution d’eau, création des bains- douches municipaux, équipements des collèges, des prisons, des hôpitaux), à l’histoire du logement et de son confort (distribution de l’eau dans les logements, apparition des salles de bains, des salles d’eau, de l’eau chaude, du chauffage central(1).

Différentes évolution de l’hygiène

Les Gaulois (Séquanes)
Le Doubs devait à cette époque, être propre, du fait d’une faible population ; et les déchets jetés à la rivière étaient beaucoup moins abondants.
L’eau de pluie était conservée dans des poteries plus ou moins grandes et dans des puits.
Dans les périodes suivantes, le Doubs servira de « tout à l’égout ». Son utilisation pour l’hygiène devint de plus en plus compliquée et risquée.

Il est dit que ce sont les Gaulois qui ont inventé le savon. Pour le fabriquer, ils chauffaient du saindoux (graisse animale) qu’ils mélangeaient à de la cendre. En refroidissant cela donnait une pâte épaisse.
Pline l’ancien indique que cette invention serait typiquement gauloise et surtout utilisée pour rendre les cheveux blonds(2) : « il se prépare avec du suif et des cendres; le meilleur se fait avec des cendres de hêtre et du suif de chèvre; il est de deux sortes, mou et liquide. L’un et l’autre sont en usage (également) chez les Germains, et les hommes s’en servent plus que les femmes »
En réalité le savon est beaucoup plus ancien
La plus ancienne évocation de la réaction de saponification remonte au début du IIIe millénaire av. J.-C. dans les royaumes de Babylone et de Sumer. Des Sumériens aux Égyptiens, en passant par les Gaulois, les Syriens d’Alep ou encore les savonniers de Marseille… il a bien évolué(3).
Les Gaulois prenaient soin de leurs corps, se baignant au bord des rivières et à l’intérieur des habitations, dans des baquets (ancêtres de nos baignoires).
A Besançon :
Traces d’un mur de protection au bord du Doubs avec un accès direct à la rivière le murus gallicus, cité par César(4) (Remparts dérasés), de maison d’artisans.

Les Romains

Si les Gaulois dont certainement les Séquanes se servaient de savon, les romains aux thermes s’enduisaient d’huile et raclait le corps avec un strigile, un petit instrument en forme de racloir ou de lame courbée en métal (bronze ou fer). Ne connaissant pas le savon pour leur toilette quotidienne, cette méthode permettait d’éliminer la sueur, la poussière et les impuretés piégées par l’huile.
Les riches Romains, amateurs de fontaines et de bassins, possèdent des bains dans leur maison privée. Les premiers thermes publics sont construits pour l’usage d’une population modeste puis se développent pour devenir un élément essentiel de l’urbanisme romain, symbole de puissance et de richesse. Ils illustrent le modèle de vie du citoyen, attentif aux soins du corps et avide d’échanges sociaux et amicaux. S’y accomplit un « rite de socialité(5) » qui participe à la diffusion de la culture romaine dans l’empire.
La création des thermes dépend du développement du réseau hydraulique. En 19 avant J.-C., les premiers thermes de taille monumentale sont édifiés par Agrippa, édile puis curateur des eaux. Ils nécessitent la construction d’un nouvel aqueduc, l’Aqua Virgo, et d’un système d’évacuation performant. En 11 avant J.-C., un sénatus-consulte accorde la gratuité de l’eau aux propriétaires des thermes et en garantit ainsi l’accès aux citoyens les plus pauvres. Sous l’empire, l’entrée des thermes coûte un quadrans soit un quart d’as, une somme dérisoire.
L’hypocauste est perfectionné pour s’adapter aux vastes constructions publiques. Le principe est le suivant : un four chauffe de l’air qui circule par des tuyaux sous le plancher surélevé. Au contact de l’eau, il produit un bain de vapeur et porte l’eau à température.

 


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http://www.maquetland.com/article-2493-rome-vie-qotidienne-l-hypocauste

 

Sous l’Empire, tout Romain se rend aux bains quotidiennement. Il passe aux vestiaires, s’adonne aux activités physiques de son choix, prend un bain froid, suivi d’un bain tiède puis chaud. À la manière des Grecs, les Romains s’enduisent d’huile et raclent leur peau pour la nettoyer à l’aide d’un strigile La première phase du parcours s’achève par un séjour dans l’étuve pour suer et purifier le corps. Un masseur et un épilateur offrent leurs services. Lors d’une seconde phase, le Romain effectue le parcours inverse jusqu’au bain froid où les pores de la peau se resserrent pour fortifier le corps(6).
Les thermes ne sont pas mixtes mais les femmes accèdent aux bains par des salles réservées en périphérie du bâtiment central. Par contre, les citoyens de tout rang social s’y côtoient de manière indifférenciée.
Amis ou simples citoyens conversent, suivent des conférences à moins qu’ils ne préfèrent lire dans la bibliothèque ou se promener sous les portiques (2) et dans les jardins attenants. Peu à peu, les thermes s’ornent d’œuvres d’art, de mosaïques, de tableaux, de statues pour le plaisir des yeux. La magnificence des thermes fait partie des actes d’évergétisme les plus populaires.

 

Vesontio

La présence d’un édifice thermal et public apparaît nettement à Besançon à travers les vestiges (invisibles actuellement) dégagés en 1964, lors d’une fouille de sauvetage, dans la partie Ouest de la place de la Révolution (place du Marché) à l’occasion de la construction d’un marché couvert (aujourd’hui démoli). Une grande salle à hypocauste, large de 9 m, terminée à l’une de ses extrémités par une abside de 4 mètres de large, de 1,75 m de profondeur et bordée de massifs rectangulaires, était établie en avant d’un mur épais d’un mètre. Une cheminée révélait la présence d’une quinzaine de tuyaux de chaleur (tubuli).
Dans l’espace de la Boucle, des thermes publics se trouvent à chacune des extrémités du cardo (site de la Place de la Révolution). L’amphithéâtre est au contraire relégué à l’extérieur du centre urbain, au-delà du pont, en limite ouest du quartier Battant (site du lycée Condé).
La place de la Révolution a eu de nombreuses vies. L’une d’entre elles aura été d’être un espace entièrement dédié aux thermes romains : « C’était une construction assez monumentale qui devait montrer la richesse de la ville », précise l’archéologue. Sur place, les passants peuvent apercevoir les murs d’1,6 mètre de large qui limite les différentes pièces thermales (bains chauds, tièdes, froids, hammam)(7).

 

© Hélène Loget

 

L’approvisionnement en eau : le moteur de l’hygiène

Pour alimenter les fontaines et les thermes de la cité, les ingénieurs romains réalisent un exploit technique entre 70 et 170 de notre ère (détruit au V° siècle lors des invasions barbares), l’aqueduc d’Arcier. Long de plus de 11 kilomètres, il acheminait l’eau des sources jusqu’au cœur de la Boucle, entrant dans la ville par une ouverture étroite percée à même le roc, qui donnera plus tard la Porte taillée. Les vestiges visibles au Square Castan correspondent d’ailleurs à un bassin de distribution de 5mètres de diamètre (un nymphée ? ou un réservoir) lié à cet aqueduc(8).

Un nymphée (ou nymphaeum) est un monument ou un édifice de l’Antiquité consacré aux nymphes, les divinités de l’eau. Il s’agit le plus souvent d’une grotte naturelle ou artificielle, ou d’un bâtiment richement décoré autour d’une source, d’un bassin ou d’une fontaine

 

Moyen Âge Ve-XVIe siècles

Malgré la chute de l’Empire romain, le bain reste d’usage au Moyen Age. Et même si elles ne sont pas comparables aux thermes romains, les étuves proposent toujours le bain chaud et l’étuve à air chaud (bain de vapeur).

A Besançon, il ne reste aucun vestige de ces bâtiments, mais on en garde de nombreuses traces écrites. La plus ancienne mention relevée évoque en 1450 des bains situés au 1 rue du Grand Charmont.

A partir de 1492, on trouve principalement deux établissements : les étuves de la Tête Noire situées rue du Bordelot(9) (aujourd’hui rue Girod de Chantrans) et les étuves du Cygne qui n’ont pas pu être localisées précisément (peut-être à proximité de la Tête Noire).

Au Moyen Âge, de nombreux établissements dits « d’Étuves et de bains » fleurissent dans la ville. Mal famés, lieux de prostitution et de trafic au milieu des vapeurs, ces établissements sont peu à peu fermés par la ville. En 1593, les élus de Besançon interdisent définitivement les bains.

La Tête Noire sera vendue aux enchères par la ville en 1593. La prostitution s’est déplacée ailleurs, se faisant désormais discrète.

Ces établissements acquièrent rapidement une mauvaise réputation, devenant un lieu privilégié de prostitution. La ville multiplie les actions pour moraliser leur fréquentation, y compris l’achat de ces établissements, sans grand succès.

Ces bains étaient alimentés probablement en eau des puits ou du Doubs(10).

 

Étuves publiques.
Ici les cuviers sont plus raffinés, réduits à la dimension d’un couple et garnis d’un baldaquin. Manuscrit de Valerius Maximus.(11)

 

Caractéristiques des dessins d’étuves au XVème siècle

Les cuviers en bois : les baigneurs prennent place dans de grandes cuves rondes en bois cerclées de métal.
Le dais de protection : un pavillon de tissu ou un dais suspendu par une perche surmonte souvent la cuve pour protéger les clients des courants d’air froid.
La sociabilité et les collations : les illustrations d’ouvrages de l’époque (comme les manuscrits de Valère Maxime conservés à la BnF) représentent des clients attablés, buvant du vin ou mangeant pendant leur bain.
La promiscuité : les hommes et les femmes partagent fréquemment ces bains publics dans une atmosphère de détente et de plaisirs mondains.

Fermeture des bains à Rouen en1510, à Besançon en1540(12), Dijon à la fin du XVe siècle. Besançon manque d’eau potable, le Doubs sert de « poubelle ».

En 1457, 4 fontaines sont créés à Battant : Jouffroy d’Abbans, Bacchus, Charmont et d’Arènes. Les fuites dans les tuyaux en bois (bournel) et le débit par gravité du Fontaine Argent est trop faible.

En 1557 on recourt aux sources : du vallon de Bregille (La Douin et celle du Moine), (tuyaux, passant par Battant alimentant les fontaines : la Mouillère, Arènes, Rivotte et Billecul ne suffisent pas pour alimenter la population Bisontine qui a doublée.

Vers la fin du XVIe siècle six fontaines sont en services à Besançon.

En 1724 les canalisations en bois sont remplacées par des canalisations en fonte.

 

Défiance et réhabilitation des bains (XVIe-XIXe siècle)

Paradoxalement, l’amélioration de l’alimentation en eau des XVIe et XVIIe siècles correspond à un abandon progressif de l’usage de l’eau pour l’hygiène corporelle. S’ajoutant au discrédit des bains publics, peu à peu désertés, un changement de mentalité s’effectue durant cette période et le bain apparaît désormais comme dangereux.

L’eau provenant des différentes sources étaient insuffisantes pour alimenter Besançon, dont la population doublera, quand celle-ci deviendra capitale régionale à la place de Dole.

Le Doubs et les puits sont pollués. « Les ordures reçoivent deux destinations principales : la rivière et les terrains que la municipalité aménage ou remblaie. Quant aux excréments, ils aboutissent également au Doubs, directement lorsqu’on y déverse le contenu des tinettes, indirectement en cas d’infiltration dans le sol au moyen des puits perdus dont disposent certaines maisons. Les puits perdus destinés aux eaux usées s’engorgent à l’occasion; l’étymologie nous en apprend sur les nuisances olfactives de ces béances urbaines, car puanteur et puits ont la même origine. »

L’épidémie de Peste du début du XVIe, sème le trouble sur les eaux de la ville. Plus de 2000 bisontins meurent de la peste, dans une ville qui compte 12.000 âmes. Le célèbre chirurgien Ambroise Paré déclare alors que l’eau en est responsable car « le corps en est ramolli et les pores ouverts et, partant, la vapeur pestiférée peut entrer promptement […] et le faire mourir subitement. »

Le bain n’est désormais plus qu’à usage thérapeutique, délivré notamment par les barbiers qui jusqu’alors exerçaient dans les étuves.

L’hygiène sèche : Les bains publics avaient été fermés un peu partout en Europe face à la menace des épidémies, remplacés par une toilette sommaire et sèche. On se frottait les mains et le visage avec de l’eau (parties du corps visible), le reste du corps quand on en avait les moyens étaient frotté avec des linges blancs (la qualité du tissu, dépendait de la hiérarchie dans la société), si le tissu était sale…. !a région du corps frottée était propre ! Pour les odeurs variées et nauséabondes, une multitude « de sent bon » existaient. Dans les endroits clos, le mélange d’effluves de toutes sortes rendaient l’air difficilement respirable.

Pour pallier à ces accidents et grâce aux idées des médecins des Lumières, les bains publics réapparaissent dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Et en 1771, la Ville autorise le sieur Suard à installer des bains publics à Chamars, qui ont fonctionné jusqu’à leur démolition en 1830 pour l’aménagement de la Gare d’eau.

 

 

Plan du pavillon destiné aux bains du Grand Champmars, 1771, DD39(13).

 

En 1816, le négociant Laurent Marquiset achète le couvent des Grands Carmes à un particulier qui l’avait lui-même acquis en lot unique en 1791 après confiscation des biens du clergé. Outre le bâtiment du couvent situé à l’angle de la Grande Rue et de la rue de la Préfecture, l’édifice comprenait aussi un jardin situé le long de cette dernière rue. En 1841, celui-ci est en partie loti pour y construire un grand immeuble sur rue par l’architecte Pierre Marnotte, tandis que le fond de la même parcelle est loué pour y bâtir des bains douches de plan en U, les deux édifices étant séparés par un jardin d’agrément. (Ilot Terrier de Sentans-10, Rue de la Préfecture). En 1975, les bains douches en mauvais état sont détruits pour faire place à un immeuble de rapport construit par les architectes François Barrès et Jacques Robert et le jardin d’agrément est transformé en cour(14).

Avec la disparition des bains de Chamars, et des bains douches de la rue de la Préfecture (dont la date de cessation d’activité n’est pas connue) le XIXe siècle offre principalement aux Bisontins les bains froids, c’est-à-dire les bains de rivière qu’on trouve notamment près du bastion Saint-Paul ou vers le pont de la République.

Mais ils restent soumis à la pollution des eaux et sont cause d’accidents et de noyades. Ils ne fonctionnent que pendant la belle saison, cela va de soi.

Bains de l’armée Mémoire Vive Besançon
Editions : GAILLARD-PRȆTRE- Mémoire vive Patrimoine numérisé de Besançon

Bains de la tour du pont Saint-Pierre et de l’îlot Saint-Paul

Editions : GAILLARD-PRȆTRE- Mémoire vive Patrimoine numérisé de Besançon
https://l.estrepublicain.fr/A9V

(XXe siècle) 

Besançon ville d’eau

Première tentative d’ouvrir les bains aux indigents, une des conditions imposées par la Mairie de Besançon, pour la réalisation du projet d’une station thermale

L’initiative de la construction de l’établissement thermal revient à Achille Viallate, un investisseur (« directeur de stations thermales ») demeurant au 346 rue Saint-Honoré à Paris. Il fait connaître son projet au maire, Claude-François Vuillecard, dans une lettre du 21 août 1890. Il se propose « de construire à Besançon un établissement hydrothérapique, en eaux douces et salines, avec salons de récréation et jardins ». Par le vote du conseil municipal du 17 septembre 1890, il obtient la promesse d’une subvention de la Ville d’un montant de 150.000 francs et un service gratuit d’eau douce, moyennant la mise « à la disposition de la Ville et gratuitement, six cabines de bains et une salle de douches pour les indigents de la Ville, ainsi qu’un cabinet de consultations médicales également gratuites ».

 

  1. Les cabines des premières Classes étaient à proximité de l’entrée
  2. Les deuxièmes classes ensuite
  3. Les troisièmes classes à l’autre extrémité de l’établissement thermal, comprenant les six cabines réservées aux indigents.

Compagnie des Bains salins de la Mouillère. Besançon [plan de l’établissement thermal]. [Vers 1892].-Compagnie des Bains salins de la Mouillère. Besançon [plan de l’établissement thermal] / [auteur inconnu].-[Vers 1892]. 90 x 68 cm. Échelle 1/100. Archives municipales, Besançon : 2 Fi 182

 

Aucune indication, sur le nombre de personnes ayant bénéficié de ces bains et des consultations médicales. L’établissement thermal est ouvert en 1892. Malheureusement, le thermalisme à Besançon a rapidement décliné. Faute de curistes en nombre suffisant, la Ville doit se résoudre à racheter les bâtiments du complexe de la Mouillère en 1932.

La mise en liquidation judiciaire de la Société en 1965 précipite la fermeture de l’établissement thermal, qui est détruit par la Ville au printemps 1966. Le terrain ainsi libéré permet la construction de l’hôtel Frantel (actuel hôtel Mercure) de 1967 à 1970.

Le 7 mars 1969, le conseil municipal vote en faveur de la création d’un nouveau centre hydrominéral à la Mouillère. Il ouvre ses portes en 1976(15).

 

Les bains douches

L’idée de puiser l’eau du Doubs est définitivement écartée. Finalement les sources d’Arcier haute et basse sont exploitées de nouveau grâce à un nouvel aqueduc, conçu par l’ingénieur des eaux de la ville de Paris Louis Charles Mary, et approuvé par la municipalité de Besançon en 1847. Les travaux sont supervisés par l’architecte de la ville, Alphonse Delacroix et achevés en 1854. L’ouvrage reprend sensiblement le tracé de l’aqueduc antique. En 1878 près de 40% des logements du centre-ville sont raccordés à l’eau courante(16).

Les choses évoluent au début du XXe siècle avec les œuvres sociales de la Caisse d’Epargne de Besançon, qui est à l’origine du projet d’installation de bains douches populaires, dans l’objectif de permettre au plus grand nombre l’accès aux bains. En juillet 1910 s’ouvrent les premiers bains douches au 4 rue Proudhon, proposant douze cabines au public. Dès son ouverture, l’établissement connaît une fréquentation telle qu’il faut parfois refuser du monde, notamment les samedis et dimanches.

 

Photo Gaillard-Prêtre – Mémoire Vive Besançon

Encouragée par ce succès, la Caisse d’Epargne poursuit ses œuvres en novembre 1911 avec les bains douches de la Madeleine.

 


Photo Mauvillier-Mémoire Vive Besançon

 

Et en juillet 1921 avec l’établissement de la rue Belfort aux Chaprais.

 

Photo Mauvillier- WWW.cpa-besançon.fr

 

Dès 1925, des bains douches municipaux sont envisagés dans le cadre de la construction de la cité-jardin de Saint-Ferjeux. Les anciens bains-douches de la rue du Caporal-Peugeot à Besançon ont ouvert au 28 rue du Caporal Peugeot le 2 juin 1932. Construits par la société Peugeot vers 1930, ils étaient à l’origine destinés aux ouvriers. La Ville de Besançon a ensuite procédé à leur acquisition en 1946.

 

Photo JP Régazzoni -08.2026

 

En 1914, un franc français avait un pouvoir d’achat équivalent à environ 3,33 € actualisés(17).
Le tarif est de 0,20 centimes d’ancien franc (environ 0,68€), pour une douche ou un bain de 20 minutes. Auquel il faut ajouter :
-Peignoir 0,10 centimes d’ancien franc.
-Serviette : 0,05 centimes d’ancien franc.
-Coiffe (bonnet de bain) : 0,05 centimes d’ancien franc.
-Savon ordinaire : 0,05 centimes d’ancien franc.
-Savonnette : 0,10 centimes d’ancien franc.

Les enfants et les militaires profitent, eux, d’un tarif avantageux(18).

En 1946, une délibération du Conseil municipal lance l’acquisition des trois établissements de la Caisse d’Epargne, en vue de leur exploitation par la Ville.

Avec l’amélioration des conditions de vie, la fréquentation des bains douches diminue : l’établissement de la rue Proudhon cesse son activité à la fin des années 1970, celui de Saint-Ferjeux en 1983 et celui de la rue de Belfort en 1990. Les bains douches de la rue de la Madeleine fonctionnent jusqu’en 2004.

 

(XXe -XXIe siècles)

Une prise de conscience de l’insalubrité des logements a lieu dans les milieux intellectuels et scientifiques. La loi Siegfried du 30 novembre 1894, relative aux habitations à bon marché (HBM) marque les prémices d’un engagement de l’État en faveur de la construction de logements.

L’accroissement de la population entre deux guerres se fera au détriment du centre ville, insalubre. Celui-ci perd près de 5 000 habitants, alors que les quartiers extra-muros en gagnent 8 000(19).

Aux problèmes d’apport d’eau courante en quantité suffisante sont venus vite se greffer les problèmes d’évacuation des eaux usées. Les toilettes (WC) individuelles, bien qu’apparues tardivement, nécessitent l’installation de stations d’épuration, afin de traiter les eaux et les rejeter dans la nature ou les réutiliser.

L’urbanisation des secteurs de Montrapon, de Palente et des Orchamps dans les années 1950 n’est pas suivie de construction d’ouvrage d’assainissement important. Les grands travaux ne reprennent que dans les années 1960, avec la mise en place du réseau d’assainissement de Planoise : dans ce quartier conçu pour loger 40 000 habitants, on construit un grand collecteur de 2,9 mètres de hauteur(20).

 

Conclusion

Grâce à la révolution industrielle, l’accès de la population aux produits d’hygiène tels que le savon, les accessoires de salle de bains, etc. s’est sensiblement accru. Les salles de bains et l’équipement des salles de bains ont connu un développement considérable. L’accès de la population aux produits d’hygiène tels que le savon, les accessoires de salle de bains, etc. s’est sensiblement accru.

Au XIXe siècle, la salle de bains se matérialise par une pièce dotée d’un ensemble de mobiliers (chaise, placard) semblables à ceux dans lesquels les pots de chambre étaient auparavant cachés. C’est seulement au début du XXe siècle que la pièce prend la forme contemporaine d’éléments de faïencerie nus.

L’apparition des salles de bains dans les maisons et appartements de la grande population est donc assez récente : la salle de bains, en Europe, n’est popularisée que dans la seconde moitié du XXe siècle, notamment grâce aux grands ensembles.

En France au début du XXe siècle, seuls 2 % des logements parisiens en ont une, les gens se lavant le plus souvent dans un tub en zinc dans leur cuisine, voire dans leur chambre. Le développement de cette pièce spécialisée n’a lieu qu’après la seconde Guerre mondiale. La proportion de maisons françaises équipées est de 50 % dans les années 1970 et n’atteint 100 % qu’au début des années 2000(21).

Jean-Pierre Regazzoni

 

(1) Annales de démographie historique. « Pour une Histoire de l’hygiène corporelle aux XIXe et XXe siècles » Page 125 – Guy THUILLIER
(2) Pline, Histoire naturelle, XXVIII, 191 : « prodest et sapo, Galliarum hoc inventum rutilandis capillis. »
(3) A. Pons-Guiraud, L’Histoire du savon. In: Progrès en dermato-allergologie, Montpellier, 2011, Groupe d’études et de recherches en dermato-allergologie.
(4) César. Guerre des gaules.58 AV J.C.-Pages 28 Livre I- Société d’éditions : Les belles lettres Paris 1965
(5) P. Veyne, Le Pain et le cirque, Sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, Seuil, 1976
(6) https://odysseum.eduscol.education.fr/les-thermes
(7) Ma Commune Publié le 22 novembre 2023 par Hélène LOGET
(Voir) https://www.estrepublicain.fr/culture-loisirs/2023/11/02/fouilles-archeologiques-place-de-la-revolution-des-thermes-romains-et-des-restes-du-moyen-age
(8) Besançon Histoire d’eau, fontaines et bains douches/La source d’Arcier/Brochure archéologie DRAC BFC_Aqueduc d’Arcier n°2.pdf
(9) Citée aussi comme rue des Bains du Pontot ? Les rues de Besançon page 183 Eveline Toillon. Editions Cêtre 1984
(10) Histoire d’eau. 4 – Des usages de l’eau au quotidien Mémoire Vive Patrimoine Numérisé de Besançon
(11) Propre comme au Moyen-Age – Historama N°40, juin 1987
(12) M.Limon : Les Mesures contre la peste à Besançon au XVIe siècle, Pats.1906,page.9 |Cité par Georges VIGARELLO, Le propre et le sale- Page16 – L’Univers Historique. SEUIL]
(13) Histoire d’eau. 4 : Des usages de l’eau au quotidien – Ville de Besançon-Mémoire vive-Patrimoine numérisé de Besançon
(14) Auteur(s) du dossier : Christiane Roussel Copyright(s) : (c) Région Bourgogne- -Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
(15) Inventaire général du patrimoine de la région Bourgogne-Franche-Comté !
(16) La ville au fil de l’eau. Focus- Besançon ville d’art et d’histoire – Direction patrimoine Historique
(17) Source le Particulier 2026
(18) L’invité patrimoine de France Bleu Besançon- L’histoire des Bains Douches à Besançon 24.05.2023
Petite histoire de l’eau et des Bains Douches – Ville de Besançon
(19) Une véritable petite ville au sein de Besançon : 1960-1990 Planoise Le Doubs conseil Général – Académie de Besançon
(20) Histoire d’eau. 3 – Face à l’expansion urbaine (XXe siècle)
(21) Julien Arbois, Dans l’intimité de nos Ancêtres, City Edition, 2014, p. 53.

 

 

Documents consultés

-Histoire d’eau 1.2.3.4 Patrimoine numérisé de Besançon
-Pour une histoire de l’hygiène corporelle aux XIXe et XXe siècles. Guy THUILLIER. Annales démographie historique1975. pp. 123-130
-Les anales de recherches urbaines : Sisyphe dans la ville. La propreté à Besançon au fil des âges [article]/Sisyphe dans la ville. Denis GUIGO

 

Livres et revues

-Une véritable petite ville au sein de Besançon : 1960-1990 Planoise Le Doubs conseil Général – Académie de Besançon – 2004
-Archives de la peur «la population à risque» dans la Franche-Comté au XIXè siècle-Presses Universitaires franc-comtoises-Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté-Vol.705 – 2000
– Focus-Ville d’art et d’histoire-Ville de Besançon
La ville au fil de l’eau – 2026
La cité-Jardin Jean Jaurès – 2023
-Petite histoire de l’eau et des bains douches Ville de Besançon
-Le propre et le sale- l’hygiène du corps depuis le Moyen-âge-Georges Vigarello- L’univers Historique-SEUIL – 1985
-Thermalisme et villégiature en Bourgogne- Franche-Comté, Editions Lieux-Dits – 2025

Internet

-Aqueduc gallo-romain d’Arcier. Patrimoine historique du grand Besançon-Audab-Hôtel Jouffroy 1rue du grand Charmont-Besançon-www-audab.org
-Wikipedia