Entrée rue de l’Eglise

L’histoire du cimetière des Chaprais est intimement liée à l’histoire du premier cimetière communal bisontin, celui du Champ Brulley.

En effet, compte-tenu des inconvénients présentés par le Champ Brulley et le fait que les bisontins ne souhaitaient plus y être enterrés, compte-tenu également du fait que le cimetière de Saint Ferjeux (l’ancien cimetière alors situé à l’emplacement de la basilique actuelle) bien qu’agrandi n’offrait plus de concessions libres, les élus durent se résoudre à ouvrir un nouveau cimetière. Lors d’une délibération en date du 2 mai 1821, le conseil municipal décide l’acquisition d’un terrain appartenant au sieur Dhangest, un pharmacien. Ce dernier avait mis à disposition de la paroisse une maison située sur ce terrain afin d’y célébrer des offices religieux, l’église Saint-Martin de Bregille  ayant été détruite afin de défendre la ville lors du blocus des autrichiens de 1814.

Le choix de ce terrain, après l’étude de plusieurs autres options, s’impose d’autant plus qu’une église vient d’être construite en et jouxte ce terrain. La première pierre en est posée le 3 mai 1821. Les bisontins se plaignaient qu’il n’y eut point d’église à proximité du Champ Brulley.

 

Délibération du conseil municipal du 2 mai 1821

 

Ce premier terrain sera agrandi lors d’achats successifs en 1821 et 1841 au sieur Chambard.

C’est l’architecte de l’église Saint-Martin des Chaprais, Denis-Philibert Lapret (1761-1821) qui est chargé de l’aménagement de ce cimetière. A la suite du décès de ce dernier, lui succède Pierre Marnotte (1797-1882) qui est d’ailleurs inhumé dans ce cimetière.

 

Tombe famille Marnotte

 

Si l’entrée principale du cimetière, à l’origine se situe rue de l’Eglise pour la partie nordhistorique, classée au titre des paysages remarquables, une petite entrée est prévue au sud qui subsistera lors de l’aménagement d’une entrée principale au sud, place des Déportés actuelle.

 

Plan de la DREAL pour le classement de la partie historique de 1,89 ha (en date du 10 mars 1977)

 

Petite entrée latérale au sud

 

Entrée sud actuelle place des Déportés

 

Les deux piliers encadrant l’entrée principale portent les 2 dates principales : 1824 pour le pilier gauche, date d’ouverture du cimetière, et 1902 pour le pilier droit, date de l’aménagement de cette entrée principale.

 

 

Les dates sur les piliers encadrant l’entrée principale

Délibération conseil municipal 5 mars 1902

 

La première inhumation au cimetière des Chaprais date donc du 12 décembre 1824.

 

Le premier registre d’inhumation de 1824

 

 Les premières inhumations en 1824

La première inhumation, le 12 décembre 1824 concerne Philiberte Gurnaud. Mais il faut noter que la première concession achetée ne concerne pas cette inhumation.

11 inhumations ont été inscrites dans le registre en 1824.

8 actes de décès ont été retrouvés à l’état civil et concernent :

– Philiberte GURNAUD, native de Besançon, décède le 11 décembre 1824 à l’âge de 84 ans.

Déclarée célibataire et rentière. Domicile 1 rue de Glère (actuelle rue G. Courbet).

– Pierre François MARTIN, natif de Besançon, veuf de Claire Guerrinot, décède le 13             décembre 1824 à l’âge de 50 ans. Domicile 12 rue Sainte Anne (actuelle rue du Général Lecourbe). A noter que les déclarants du décès à l’état civil sont d’une part son beau-frère Guerrinot, marbrier 51 ans et son frère, Joseph entrepreneur en bâtiment, 48 ans.

– Claudinette LAVERNE, native de Besançon, décède le 15 décembre 1824, veuve de Martin Ollier. 80 ans, domicile 48 rue Battant. Pas de profession déclarée.

– Anne LAURENT, native de Serre les Sapins, décède le 16 décembre 1824, à l’âge de 84 ans, veuve en secondes noces de Gabriel Chardon. Domicile 17 rue de l’Ecole.

– André Ferréol LEBOEUF, natif de Besançon, décède le 17 décembre 1824 à l’âge de 76 ans. Est déclaré célibataire et rentier. Domicile 5 rue Ronchaux.

– Pierre Joseph COUTURIER, natif de Besançon, décède le 17 décembre 1824 à l’âge de 70 ans. Capitaine pensionné. Domicile 45 rue Saint Vincent (actuelle rue Mégevand).

A noter qu’un des témoins déclarant le décès, Jean-Baptiste Antoine, 26 ans, vigneron, indique  ne pas savoir signer.

– Antoine VUILLAUME, natif de Montbenoit, décède le 21 décembre 1824 à l’âge de 85 ans. Ex frère des Ecoles Chrétiennes. Domicile 29 rue Saint Vincent (actuelle rue Mégevand).

– Anne FAIVRE, native de Pesmes, décède le 24 décembre 1824 à l’âge de 87 ans. Veuve de François Bardot. Domicile 10 rue du clos (actuelle rue Renan).

Aucune de ces sépultures n’est encore existante et donc visible aujourd’hui.

Aucun habitant des Chaprais enterré en cette fin d’année 1814, et pour cause, puisque les Chaprais se développent surtout dans la seconde moitié du XIX° siècle.

En 1825, il y a eu 137 inhumations au cimetière des Chaprais.

Aujourd’hui, le cimetière des Chaprais  s’étend sur 5,12 ha et comporte plus de 8 100 concessions. Avec le Champ Brulley (1793) et le cimetière israélite (1796), c’est l’un des plus anciens cimetières de la ville. Celui de Velotte ouvre en 1865, Saint-Ferjeux en 1867, Saint-Claude en 1896.

Sources: Anne-Lise Thierry « Une nécropole romantique le cimetière des chaprais », éd PUFC; archives municipales; Mémoire Vive Besançon.

J.C.G.

J.C.G.