
Rue de l’Eglise
Il aurait pu être baptisé Parc Millot, du nom de son généreux donateur à la ville.

C’est donc en 1978 que M. André Millot, ancien ambassadeur de France en Albanie, fait donation de ce parc à la ville pour les habitants du quartier. (voir par ailleurs son portrait dans la rubrique Personnalités).

A l’origine, ce parc fait partie de la villa Les Iris propriété de la famille Millot.

Et l’entrée du parc que nous connaissons aujourd’hui n’existe pas. En lieu et place il y a des maisons avec, en rez de chaussée, des boutiques en façade sur la rue.

Article de l’Est Républicain d’octobre 1966
Il a donc fallu démolir ce pâté de maisons, propriété de la famille Millot, afin de permettre l’ouverture du parc sur la rue de l’Eglise. Trois artisans sont expulsés malgré leur opposition : un coiffeur, M. Jean Hermand ; un serrurier M. Marcel Dey ; un garagiste M. Henri Zurcher.

Le parc en 1978
Cette donation de ce parc, avec des conditions inscrites dans l’acte de donation :
– il doit rester un espace vert ouvert au public ;
– il doit porter le nom de Jardin des Chaprais ;
– il ne peut être utilisé pour un stationnement même partiel ;
– aucune construction ne peut y être faite…
Sages précautions ainsi énoncées qui fait de ce parc, encore aujourd’hui, un espace vert prisé des habitants du quartier.
- André Millot songe depuis longtemps à céder une grande partie du jardin de la villa familiale : c’est ainsi qu’il rachète la part de son frère Jean, en ce qui concerne les maisons qui seront démolies ; il veille également à remplacer les arbres vieillissant, le plus souvent des fruitiers, par des arbres d’ornement.
Mais il attend son heure, car comme il l’a déclaré publiquement, il n’était pas question de donner son parc tant que Jean Minjoz serait maire de Besançon. Pourquoi ? Parce qu’il estime que celui-ci est un des responsables de la spoliation du titre de presse familial Le Petit Comtois, créé en 1883 et racheté par sa famille. Ce quotidien a cessé de paraître en mai 1944 sur l’ordre de l’occupant Allemand et ne parvient pas à reparaître à la Libération. Un des gérants et quelques imprimeurs font paraître à la place un nouveau journal intitulé Le Comtois.

Le dernier numéro du Petit Comtois 22 mai 1944
Cette interdiction de reparaître est due au fait que ce quotidien est paru sous l’Occupation. Cette parution l’avait été à la demande des autorités administratives françaises et des autorités d’occupation allemandes, soucieuses de disposer d’un quotidien susceptible de publier leurs communiqués et avis à la population. Un officier allemand est présent dans la salle de rédaction et surveille le contenu des articles.
Et même si ce sont les Allemands qui suspendent la parution du journal, une ordonnance provisoire du gouvernement provisoire du Général De Gaulle avait indiqué que tout journal ayant eu des parutions 6 mois avant le débarquement en Normandie, devait être considéré comme un organe de collaboration.
Malgré les actions en justice et le fait que la famille Millot ait lavé son honneur, si l’imprimerie familiale leur est rendue, Le Petit Comtois supplanté par Le Comtois ne pourra plus reparaître. Cet épisode de l’Histoire a bien sûr marqué André Millot qui a été formé pour prendre la direction du journal et qui a été Résistant dans l’Ain.
Aussi, il attend que Jean Minjoz termine son dernier mandat en 1977 et qu’il ne se représente pas pour effectuer cette donation. On peut découvrir aux archives municipales de Besançon un dossier de préparation de cette donation avec divers aménagements à effectuer dès 1977.
- André Millot est invité à l’inauguration de « son » parc le 21 juillet 1978.

Une partie du texte du discours de M. André Millot
En 1986, un jeu d’échecs géant est installé à l’entrée du parc offert par la ville de Frbourg jumelée avec Besançon.

Ce jeu d’échecs a été remplacé par une aire de jeux pour enfants
En 2018, le conseil consultatif des habitants du quartier célèbre les 40 ans de cette donation, au Parc, en présence de la fille d’André Millot, Madame Catherine Millot.
L’historien Joseph Pinard donne alors une conférence sur le milieu politique de l’époque, en particulier celui des Radicaux auxquels les Millot appartenaient.
Madame Catherine Millot, quant à elle, a tenu à souligner combien ce Parc a été l’œuvre capitale de son père.

Sources : archives familiales; archives municipales; Mémoire Vive Besançon.
J.C.G.


