
Après une longue période de recherches et d’innovations techniques, vers 1850, les photographes professionnels, prenant le relais de quelques amateurs éclairés, s’installent à Besançon. Le plus ancien TRUCHELUT apparaît dés 1853 au 7 rue de l’Arsenal (rue du Palais-de-Justice), d’autres suivront, la plupart dans la boucle, plus rarement dans les quartiers périphériques, les Chaprais faisant exception avec quelques photographes notables.
Les annuaires professionnels citent en 1880 à la Mouillère : JADELEN, photographe décorateur (?), non identifié, son installation fut éphémère. Il n’est pas recensé en 1876 ni en 1881.
Mais à cette date apparaît Félicien DAVAL. qui semble prendre sa succession. Il arrive de Montbéliard et est cité à la Mouillère dés 1881, et jusqu’en 1894 on le trouve 21 rue des Chaprais (rue Carnot, à l’angle de la rue Krug). Sa production est importante, il a même une succursale à Dole.


Son atelier est situé dans une maison des plus pittoresques. Il utilise la vue de cette maison au dos de certaines photos. On peut aussi la repérer sur des cartes postales. Un descriptif fut fait à l’actif du bilan du 25/11/1884 (voir ci-dessous).



« Une construction artistique en Bois et Briques sise aux Chaprais, rue des Chaprais, couverte en tuiles et zinc, fondée sur maçonnerie, composée de cave, sept pièces au rez-de-chaussée affectées à l’exploitation de la photographie et trois pièces pour appartement privé plus une pièce avec balcon au premier. Située à l’aile droite de la dite construction, grille et jet d’eau en façade, le tout avec aménagement d’eau et de gaz. Estimé 10000 Frs »
Il était né en 1850 en Haute-Saône, avait exercé à Belfort en 1878, à Montbéliard en 187, puis à Besançon de 1880 à 1894 et décède en 1897 à St-Ylie, après avoir quitté Besançon pour le Jura (St-Claude).

A la même adresse on trouve en 1894-1896 Jules BROUILLOT, à l’enseigne »Photographie Electrique », il se déplacera ensuite au 59 rue des Granges et deviendra »Photographie Militaire ». Il était né en 1840 dans la Meuse et semble quitter Besançon après 1896. Il décède en 1905 à Paris (75)


Enfin apparaît, toujours rue des Chaprais, le photographe LEBLANC, très prolifique. Les annuaires et les photos indiquent »A. LE BLANC », il semble que ce ne soit qu’une raison sociale, le photographe étant, en fait, Frédéric Louis Henri LEBLANC, venant de Dijon après avoir travaillé à Paris (où il est né en 1851), il s’installe dés 1893 au 5 rue des Chaprais ( »en face du Casino »), et opère jusqu’en 1903, avec son fils, au 5 rue Carnot (face à l’hôtel des Bains). L’enseigne deviendra »Photographie Parisienne » et ils auront une succursale à Vesoul.
En terme de production, DAVAL et LE BLANC comptent parmi les photographes importants de Besançon.

Un nommé BERNARD est photographe 19 avenue Fontaine-Argent, pas de date précise, l’identification est difficile.

Louis BEVALOT débute sa longue carrière aux Chaprais, 12 rue de Vittel, de 1909 à 1914. Puis il s’installe au 4 rue Moncey avant 1921 ; avec ses enfants et petits-enfants, l’enseigne vivra jusqu’à nos jours.


Auguste KOLB est dit photographe 12 rue de la Liberté, avant de partir à St-Etienne (42) où il décédera en 1924.

Jean Martin LANDRIER originaire de l’Yonne, mariée dans l’Eure, vient s’installer en 1863 comme photographe à Besançon. On le trouve en différent lieux des Chaprais : 33 route de Baume en 1881, 22 rue de Belfort de 1883 à 1895, 47 rue des Chaprais en 1888 et 1890, 13 rue de la Liberté en 1896. Il décède en 1899 à l’Hôpital St-Jacques
Victor PIRON est libraire rue de Belfort de 1882 à 1906, puis il s’installe en 1911 rue des Chaprais au 20-22-24. Il déclare en 1920 un commerce de librairie, papeterie, encadrements, bimbeloterie, photographie et en 1922, de nouveau un commerce de photographie. Cette même année Félix PROST, Maire des Chaprais, lui succède.
De nombreux photographes se sont installés à Besançon, profitant de deux clientèles fidèles : le clergé et les militaires.
Ils se sont installés au centre ville mais aussi en périphérie, surtout aux Chaprais, avec une clientèle surtout familiale.
Diverses activités ont été lièes avec la photographie comme les libraires ou plus curieusement les coiffeurs.
Les traces de cette activité ne sont pas visibles dans la géographie du quartier, seules des archives et surtout les photographies qui nous sont parvenues en sont encore témoins.
Roger Chipaux


