
Cocori…quet ! Pratiquement tous les médias évoquent le cadeau de l’Elysée à l’Empereur du Japon : une montre PEQUIGNET, très particulière et unique, offerte par le Président de la République E. Macron, à l’empereur du Japon…

Article de M. Sam Bonjean. Est Républicain du 3 avril 2026
Mais quel est le rapport entre cette entreprise horlogère prestigieuse de Morteau et les Chaprais ? A priori aucun….Mais il s’agit là d’une petite histoire. Jugez plutôt.
Notre Collectif Histoire des Chaprais se présente d’entrée, sur ce site (lire Qui sommes nous ?) comme la continuation d’une commission créée dans le cadre du Conseil Consultatif des Habitants (CCH) des Chaprais et des Cras.
C’était il y a 10 ans, en 2016. Cette commission est alors intitulée Patrimoine et Partage suite à la suggestion d’une de ses membres, Brigitte Delsalle : voir à son sujet les 2 articles qu’elle a publiés le 8 mars sur ce site concernant la Mère supérieure Jacoulet et sur Julie Considerant, une militante fouriériste. Toutes deux sont inhumées au cimetière des Chaprais.
Et le lien entre Péquignet, les Japonais et les Chaprais… est précisément ce cimetière.

Photo Anne-Lise Thierry auteure d’un livre sur l’histoire de ce cimetière
En effet, dès la création de cette commission du CCH, des visites commentées sont envisagées dans ce lieu historique vieux de deux siècles, et ce, dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine en 2017.
Le guide potentiel s’impose d’emblée : M. Jean-Pierre Gavignet, historien connu et reconnu qui réside aux Chaprais. Il a en effet, à plusieurs reprises dans le passé, organisé des visites commentées dans ce cimetière qu’il connaît parfaitement et rédigé des articles savants pour l’association Renaissance du Vieux Besançon. Malheureusement M. Gavignet n’est pas disponible à ce moment là…Animant cette commission, je propose alors d’annuler le projet. Mais Mme Brigitte Delsalle suggère alors de demander à M. Gavignet de documenter, avant ces journées, quelques membres de notre commission. Trois membres sont volontaires (Mme Brigitte Delsalle, Mme Michèle Roche et M. Jean-Claude Goudot). Ils sont donc formés par M. Gavignet au printemps 2017 : durant plus de 3 heures, nous arpentons la partie ancienne de ce cimetière, enregistrant avec avidité ses commentaires réalisés sans notes, les mains dans les poches ! Merci encore M. Gavignet !
Mais encore, quel rapport avec Péquignet et les japonais? Nous y venons, rassurez-vous, nous n’avons pas perdu et enterré le fil de nos propos.
Nous avons donc organisé pour ces journées Européennes du Patrimoine, 3 visites commentées pour 3 groupes rapidement complets, les inscriptions étant alors gérées par l’office du tourisme.
Au cours de cette visite, à la limite de la partie nord la plus ancienne et la partie sud plus récente, un monument imposant, d’un blanc éclatant, attire tous les regards. Nous le commentons alors brièvement : ce monument funéraire a été réalisé par le sculpteur Albert Pasche, pour sa famille. Nous connaissons sa date de naissance (1873) mais pas encore la date de son décès (1964). Nous indiquons quelques unes de réalisations en ville : des pierres taillées de la fontaine place Jean Cornet alors qu’il n’a que 15 ans, un poilu du monument aux morts de la guerre 14/18, etc.
Voir à son sujet la brochure que nous avons publiée depuis ce lien.https://www.calameo.com/books/0004181480382add996b2

Monument funéraire de la faille Pasche : le sculpteur se représente sculptant un médaillon avec l’effigie de son père.
Et nous ne savons même pas où il est lui-même inhumé. Après enquête, nous parvenons à trouver une piste. Il serait à Orchamps-Vennes dans le Haut-Doubs : nous approchons et nous découvrons finalement son mausolée, encore plus haut, au milieu des bois, à Fournets-Luisans, au Pré Oudot, propriété…de Laurence et Emile PEQUIGNET !

Oui, Emile Péquignet le fondateur de cette marque célèbre en passe de devenir mythique. Nous allons donc, ensemble retracer l’histoire de cette ferme rachetée aux descendants du sculpteur. Laurence Péquignet avait découvert dans les greniers de nombreux documents qui l’ont de suite subjuguée et inspirée au point de porter un projet de recherche et d’écriture sur ce cher Albert. Notre rencontre ne relève donc pas du hasard.

Et, encore aujourd’hui, Laurence et Emile entretiennent avec soin et vigilance ce mausolée qu’ils ont restauré à leurs frais, de même que le grand Christ en bois taillé par Albert Pasche.
Le père d’Albert Pasche, Suisse d’origine, était ingénieur dans le domaine de l’horlogerie. Les neveux d’Albert Pasche sont issus de la famille Favre-Heinrich, l’inventeur de la pendulette électrique…Il n’y a pas de hasard…
Depuis, notre Collectif a beaucoup progressé dans sa connaissance des Chaprais et de son cimetière en particulier.
Classé au titre des paysages remarquables, il donne lieu à de nombreux parcours thématiques commentés en ce qui concerne les personnalités qui y sont inhumées : les maires et ministres; les Résistants et déportés ; les artistes ; les horlogers ; les Bisontines célèbres ou celles qui auraient dû le devenir ; les gloires de l’empire ; les communautés religieuses ; les sapeurs-pompiers ; sans oublier des visites plus générales du site et de ses monuments funéraires.
Paradoxalement, on peut dire que nos activités dans le domaine de l’histoire et du patrimoine sont nées… dans un cimetière, celui des Chaprais…
J.C.G.


