1772-1832
(Prénoms Jeanne-Claude sur le site de la ville)
Fondatrice des sœurs de la Sainte Famille.

Lithographie A. Girod Mémoire Vive Besançon

 

Jeanne est née le 14 août 1772 au « hameau des Chaprais » (à cette époque, seulement quelques maisons et des jardins), dans une famille modeste de jardiniers qui compte dix enfants.

 

La stèle de la sépulture de la Révérende Mère au cimetière des Chaprais

 

Faute d’école publique, Jeanne se contentera de quelques leçons de lecture et d’écriture dispensées par un de ses oncles. Elle souffre de ce manque d’instruction, ce qui sans doute orientera le reste de sa vie.

Elle fait sa première communion à 13 ans à l’église Saint-Martin de Bregille. Trois ans plus tard, elle perd son père et sa mère le même mois. Elle doit donc gagner sa vie et veiller à la marche de la maison. Entre autres, elle tient un café rue Battant.

Pendant la révolution, elle offre l’asile aux prêtres réfractaires et risque sa vie.

Elle se marie assez vite, a un enfant, mais son mari « part pour affaires commerciales » en Suisse. Il ne reviendra jamais (?)…

La jeune veuve s’installe avec son fils Jean-François, rue des Granges, puis place des Jacobins (aujourd’hui Jean Cornet) où pour survivre, elle ouvre une modeste école. D’abord avec seulement deux autres jeunes filles.

Dès 1798, soutenue par l’abbé Maire, elle forme sous le vocable « Sainte famille » un petit pensionnat dont elle est responsable, elle souhaite entreprendre l’éducation des jeunes filles pauvres pour les former au travail , leur apprendre un métier et former des maîtresses d’école pour les campagnes.  Dès 1802 l’institution compte 50 pensionnaires, en particulier grâce à l’aide de madame Chifflet. En 1803, Jeanne-Claude-Jacoulet fait profession religieuse et devient Soeur Marie-Joseph, puis Mère Marie-Joseph. La Sainte-Famille se transforme alors en communauté  religieuse. Début d’un essor qui persistera pendant des décennies.

1808 Installation rue du Chapître (actuellement « Le Sauvage »).

La communauté étend son oeuvre à d’autres régions. C’est ainsi que les soeurs de la Sainte-Famille gagnent Amiens en 1817, Bourges en 1822, Lille en 1824, Nevers en 1827. Chaque maison rassemble une communauté de religieuses, l’oeuvre de formation des maîtresses d’écoles pour les campagnes et un pensionnat.

A Besançon en 1820, acquisition du 6 rue du Palais (hôtel particulier ayant appartenu à François Bonvalot, oncle du cardinal de Granvelle) qui devient la maison mère.

1821 Reconnaissance canonique de la congrégation (loi ecclésiastique).

1832 Acquisition à la Grette d’une propriété qui devient maison de campagne où les sœurs sont jardinières.

Jusqu’au soir de sa vie,  Mère Marie-Joseph Jacoulet anime, soutient, donne l’exemple de plus pur.

Après la mort, le 7 juin 1832, de Mère Jacoulet, le développement continue : création d’une salle d’asile pour la classe ouvrière en 1843, en 1862 les soins des malades à domicile sont autorisés et les sœurs deviennent infirmières. En 1870 la maison mère est réquisitionnée comme hôpital.

En 1884 une révision de la Constitution laïcise les écoles communales en opposition aux écoles dites libres. En 1904, avec la loi sur les congrégations enseignantes, la communauté est dispersée. Les sœurs prennent l’habit civil. Certaines se consacreront aux soins des malades dans les campagnes. Les bâtiments de la maison mère sont confisqués par l’Etat qui peine à déloger les sœurs âgées qui y restent et rendent la vente impossible. Les locaux servent à nouveau d’hôpital pendant la guerre de 14. Finalement en 1940, les sœurs retrouvent le droit d’enseigner et de garder l’habit religieux (robe bleu marine avec châle noir, coiffe noire à grand bord blanc plissé).

 

Tombe au cimetière des Chaprais

 

Les 2 stèles de la première sépulture des Sœurs de la Sainte Famille

 

La stèle des Supérieures générales

 

Une autre sépulture collective des Sœurs de la Sainte-Famille a été ouverte au cimetière des Chaprais.

 

La seconde sépulture collective

 

Brigitte Delsalle