
Parcours mémoriel Lundi 24 août 2026 de la Boucle à Battant
Il y a 200 ans, Sœur Jeanne Antide Thouret décédait à Naples, le 24 août 1826.

Buste de Sainte Jeanne Antide Thouret, plâtre coloré de Georges Oudot. Photo Collectif Histoire des Chaprais.
Pourquoi le Collectif Histoire de Chaprais s’intéresse-t-il à cette Sœur d’abord béatifiée, le 23 mai 1926.

L’Eclair Comtois du 25 mai 1926
Puis canonisée le 14 janvier 1934.
Journal La Croix 14 janvier 1934
Tout d’abord, rappelons que Jeanne Antide est née dans le Doubs, à Sancey le Long, le 27 novembre 1765. Et qu’elle est la fondatrice de la Congrégation les Sœurs de la Charité, à Besançon en 1799.

Eclair Comtois 26 mai 1926
Cette Congrégation est toujours présente à Besançon dans leurs locaux de la rue des Martelots. Et de ce fait, de nombreuses Sœurs sont inhumées dans un grand caveau collectif au cimetière des Chaprais.


Caveau des Sœurs de la Charité aux Chaprais

Une plaque mémorielle sur le caveau
Ajoutons que les Sœurs de la Charité ont réalisé une œuvre importante aux Chaprais : l’œuvre de Protection de la Jeune Fille, créée il y a 70 ans, connue aujourd’hui sous le nom Habitat Jeunes La Cassotte. Voir sur ce site https://www.histoire-des-chaprais.fr/portfolio-items/histoire-du-foyer-habitat-jeunes-de-la-cassotte/

Foyer Habitat Jeunes La Cassotte en 2026
Voici donc pourquoi nous nous intéressons à cette sainte pour laquelle nous célébrerons le 200° anniversaire de sa mort le 24 août prochain.
Sous forme d’un parcours pédestre sur les traces des lieux qu’elle a fréquentés ou des œuvres qu’elle a créées.
Deux visites et une rencontre ponctueront ce parcours : visite des archives et du musée des Sœurs de la Charité ; rencontre avec les responsables de la boutique Jeanne Antide à Battant.
Parcours commenté gratuit mais sur inscription préalable à chapraishistoire@gmail.com ou auprès de Michèle 06 70 29 61 50.
Nous avons retrouvé cet article publié dans le quotidien La Croix du 14 janvier 1934, au moment de la béatification de Jeanne Antide. Article rédigé par Mgr René Fontenelle (1894-1957).

La canonisation de sainte Antide Thouret
De qui s’agissait-il donc aujourd’hui ? D’une Franc-Comtoise, type achevé de la femme forte de l’Ecriture. « C’est une figure dit Pie XI, d’une grandeur historique, parmi les plus grandes, et d’une grandeur morale encore plus grande que la grandeur historique ». C’est à la Révolution française que nous la devons. Non pas qu’elle y eût trouvé le martyr du sang, comme ses sœurs, les Carmélites de Compiègne, ou comme ses frères, les prêtres des Carmes. Elle n’en fut d’ailleurs pas moins persécutée, et c’est miracle qu’elle traversât indemne une pareille tempête. Mais il est vrai que sans la Révolution, Sœur Jeanne Antide Thouret aurait poursuivi, comme tant d’autres, sa vocation de Fille de la Charité, où elle était entrée en 1787. Voies mystérieuses de la Providence, qui voulait en faire, mais dans la douleur comme toujours, la mère d’une nouvelle et innombrable famille ! Un décret de la Convention abolit, en 1793, toutes les Congrégations religieuses. Sœur Jeanne Antide rentre, en mendiant, et à travers toutes sortes de périls, à Sancey le Long, son pays natal. Les prêtres sont dispersés, les églises fermées. Elle supplée à tout, préside les prières, fait le catéchisme, ouvre une école, soigne les malades. Il faut voir comme elle tient tête au Comité révolutionnaire de Baume-les-Dames.
Mais elle aspire tellement à la vie religieuse ! Une communauté bisontine, qui s’est réfugiée en Suisse, lui ouvre ses portes. Cependant, la Retraite chrétienne, ballottée elle-même par les événements politiques et militaires, doit s’enfuir en Bavière, puis en Autriche. Sœur Antide Thouret l’y suit ; mais se sentant irrésistiblement attirée à Besançon, elle revient bientôt se mettre à la disposition du vicaire général, Mgr de Chaffoy, qui lui confie une école, une infirmerie, et un refuge pour les pauvres. Le pays est en ruines. Tout est à refaire. Sœur Antide et ses compagnes vont accomplir des miracles de résurrection. Une nouvelle Congrégation se forme, à la faveur du Concordat et de la nomination du premier pasteur du diocèse, Mgr Le Coz. Les Sœurs de la Charité de Besançon s’étendent rapidement, non seulement en Franche-Comté, mais en Savoie, en Suisse et jusqu’en Italie où les vocations se multiplient. La sainte fondatrice va même à Naples en 1810, et y jette les bases d’une importante maison. Il est temps désormais de solliciter la suprême sanction de l’Eglise. Pie VII approuve l’Institut, en 1818. Mais, sur ces entrefaites, un nouvel archevêque est monté sur le siège de Besançon. Mgr de Pressigny, entaché de gallicanisme, désapprouve l’intervention romaine est en fait un grief impardonnable à la Mère Thouret, lui interdisant même de revenir, ne fût-ce qu’un seul jour, dans les maisons des Sœurs de la Charité de Besançon.
Nous ne pouvons pas entrer dans le détail de cette page douloureuse. Il faut la lire dans l’excellente biographie que M. le chanoine Trochu vient de consacrer à la nouvelle Sainte. La vie d’exil recommence pour la Mère Thouret, dont le cœur est broyé d’anxiété ; la voici à Annecy, à Paris, à Besançon, où la porte de sa propre maison se ferme devant elle ; enfin à Naples, qui la verra mourir, en 1826, après avoir procédé à ses nombreuses fondations en Italie. À sa mort, l’Institut avait déjà 136 maisons. Aujourd’hui on n’en comptait plus de 800, se répartissant, dans le monde entier en écoles, hôpitaux, prisons, ouvroirs, orphelinats, léproseries.
Voilà celle dont l’Eglise a fait aujourd’hui une Sainte. On ne s’étonnera pas que la France, sa patrie, fût encore spécialement à l’honneur dans la basilique vaticane. Besançon d’abord, le pays natal de sainte Antide, étaient présents dans la personne de son archevêque vénéré S. Em. le cardinal Binet qui voulait bien exprimer au correspondant de la Croix toute sa joie et toute sa fierté de cette canonisation qui est d’ailleurs la première canonisation dont puissent s’honorer la métropole Franche-Comté. « Il est difficile, ajoutait Son Eminence, se faire une idée de ce que mon diocèse doit à sainte Thouret et à ses filles. Tout au long du XIXe siècle, la grande majorité de nos œuvres d’enseignement et d’assistance furent entre leurs mains. Elles nous ont légué ces traditions de foi et de charité qui font de mon peuple une des portions est plus choisies de l’Eglise de France. »Mgr Trépy supérieure ecclésiastique des Sœurs de la Charité, ratifiera à mieux que personne le jugement de son archevêque qu’accompagnent un groupe de prêtres et près de 300 pèlerins de Besançon. Mgr Florent de La Villerabel, évêque d’Annecy, conduit également un groupe de 200 prêtres.
../.. On devine l’émotion de toutes ses filles qui se pressaient, au nombre de 5000, autour de la Confession et dans l’abside, avec leurs Supérieures générales, les TT. R. Mères Lapierre de Rome et Nathanaël, de Besançon. Jamais peut-être n’avait-on vu, rassemblées dans la basilique, au temps de cornettes, recouverte du classique voile noir qui ajoutait encore à la piété de cette foule et à la ferveur de ce temple immense, où des myriades d’étoiles brillaient sur les voûtes dorées et descendaient, en grappes de lumières, le long des pilastres recouverts de tentures rouges.
R. Fontenelle

Livre recommandé par Mgr René Fontenelle

Livre qui reprend les travaux de Mgr Trochu et les complète
Sources : Mémoirevive Besançon : livre de Mgr Francis Trochu ; livre de M. Théodule Rey-Mermet ; Gallica.
J.C.G.


