En 2021, pour un projet personnel de parution, M. Franck BRUN a réalisé un travail de recherche et de rédaction remarquable sur la vallon de la Mouillère. Il nous a autorisés à reproduire ce travail qu’il a édité sous forme d’un fascicule richement illustré. Si son texte est ici repris dans son intégralité, il n’en est pas de même des illustrations que nous n’avons pas toutes pu reproduire afin d’illustrer cet article. Vous pouvez trouver un lien, en fin d’article, qui vous permet de découvrir ce fascicule tel qu’il a été publié en 2021 en un nombre d’exemplaires très limité.

 

En 1820, l’Annuaire statistique et historique du Doubs donne la description du vallon : […] La source de la Mouillère, au pied des remparts de Besançon, sous le bastion de Battant, coule dans un enfoncement très peu élevé au-dessus de l’étiage du Doubs ; on voit une source remarquable abondante d’eau limpide et déboucher d’un cours d’eau souterrain, venant de la colline boisée de Chailluz, qui traverse les champs de Palente.

 

Source de la Mouillère aujourd’hui

 

Elle fait mouvoir un beau moulin à blé, un lavoir, une scierie, un moulin à moutarde et arrose un bassin embelli par une brasserie considérable et par plusieurs maisons et jardins de restaurateurs, très fréquentés ».

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, le vallon de la Mouillère conserve un caractère champêtre, aéré, même pour les terrains accueillant la brasserie. C’est le passage obligé pour relier Bregille village à la porte Battant.

On y trouve des activités festives. De modestes cafés proposent jeux de quilles, musique dominicale, organisent des banquets démocratiques se terminant parfois en tumultueuses manifestations… La mouillère apparaît comme un véritable lieu de débauche. On peut y risquer des grosses sommes d’argent sur un coup de dé ou le hasard d’une carte…

 

En 1923 Le brasseur Gangloff demande l’autorisation d’ériger un bâtiment de 20 mètres de haut pour stocker des fûts vides, servir de réfectoire et logements pour le personnel. L’immeuble s’appuie sur un château d’eau montant à 25 mètres. La municipalité refuse. Désormais, elle veut protéger le vallon et demande le classement, en site pittoresque, de l’environnement de la source. Les droits des propriétaires sont figés. La ville souhaite reprendre tout l’espace, mais le chemin sera encore long.

 

Carte postale ancienne Mémoire Vive

 

Juin 1924 : en visite à Besançon, Gabriel Faure, inspecteur général des monuments historiques s’engage à appuyer le classement qui intervient en 1931. Il répond à une préoccupation visuelle qui préserve la vue sur la ville depuis le parvis de la gare, les Glacis et le belvédère du bas de l’avenue Foch.

Le chemin de la Mouillère prend le nom de l’illustre peintre Marie Victor Émile Isenbart en 1926.

Les moulins

C’est au bord de ce ruisseau de la Mouillère, dont le débit reste toujours actif et la température stable en toute saison, que s’établissent dans le vallon au fil du temps moulins, battoirs, lavoirs, abreuvoirs, cressonnière, monastères et finalement brasseries.

Une charte de 1049 y mentionne déjà l’existence de moulins. L’établissement situé vers la source, dit « moulin du fond », dépend de l’Archevêque. Celui du bas, dit « petit moulin », relève du Chapitre de Sainte-Madeleine.

 

Moulin du haut G. Coindre 1898 Dessin colorisé par Frank Brun

 

Moulin du bas dessin G. Coindre 1898

 

Photo parue dans Les Gaudes n°505 du 16 avril 1906

 

Ces moulins sont des battants. On y lave et attendrit le drap ou le cuir. Des marteaux de bois reposant sur un axe rotatif garni de crampons frappent régulièrement les étoffes préalablement enduites d’argile. L’énergie est fournie par le courant du ruisseau.

La corporation des drapiers est riche et puissante. C’est une industrie de luxe. Elle tient tête à l’Archevêque qui entend transformer un battant en moulin à grains.

Ces battants vont donner leur nom au seul pont qui relie la ville au quartier rive droite. La rue qui conduit au petit moulin du bas devient rue du Petit Battant.

En 1228, une vingtaine de religieuses de l’Ordre des cisterciennes fondent dans le vallon le monastère de Sainte-Marie de Battant. Elles y mènent une vie très austère et peinent à édifier un couvent et son église. On leur donne quelques vignes à Velotte, elles défrichent à Chailluz, mais ça n’est toujours pas suffisant. Le pape leur recommande alors de faire la charité publique (la manche de l’époque) ! Le monastère est alors péniblement érigé.

Mais en 1595, à l’approche des troupes d’Henry IV, les sœurs doivent quitter de toute urgence leur couvent. Le 30 mars elles s’installent à l’abri des français dans la ville fortifiée au 59 de la rue des Granges (aujourd’hui librairie l’Intranquille). On vend aux enchères leurs bâtiments si précieusement construits. Le 5 avril, Jean Perrenot, un vigneron, se porte acquéreur et détruit le tout pour mille francs. Seul le nom originel des Dames de Battant survit.

La ville acquiert les deux moulins et la cressonnière attenante, vaste espace qui va de la source à la Tour de la Pelotte.

En 1659, Pierre Prost, fourbisseur, prend en location la source et le terrain pour y construire un martinet, sorte de marteau hydraulique.

En 1668, il envisage plutôt une manufacture d’armes. Il se ravise encore en 1670 pour un projet de moulin.

A chaque fois les servitudes lui sont rappelées. Il doit laisser libre accès à la source, à l’abreuvoir et au lavoir situés sur la dérivation.

La population peut accéder ainsi directement au site par une poterne derrière la tour de la Pelotte sans avoir à faire le tour par la porte de Battant et le chemin de la Mouillère.

Suite à la conquête française, les nouvelles fortifications amputent une partie de la cressonnière.

Le moulin du bas fut détruit en 1814. À sa place une baraque accueillit un temps un maréchal ferrant puis le dépôt du tram.

Le moulin du fond a connu un autre destin. Il a été « déconstruit » par le Général Marulaz pour empêcher les ennemis autrichiens de s’y abriter en 1814, durant le siège de Besançon.

On reconstruit à son emplacement deux bâtiments de part et d’autre du ruisseau, réunis plus tard en un seul.

 

Les brasseries

Les héritiers de Pierre Prost cèdent les terrains à Joseph Greiner en 1800. C’est un brasseur établi en ville, rue Champrond et qui souhaite transférer son activité. En effet, depuis 1778, dans un souci de salubrité publique, la municipalité interdit les brasseries intra muros pour leurs nuisances olfactives et la vente directe des produits de distillation qui incite à l’ivresse.

 

Requête de Greiner pour pose d’une enseigne 1777 archives municipales

 

Le brasseur veut s’étendre. Il dédommage d’abord la Ville, toujours propriétaire d’une partie du vallon, et retrouve ses droits sur le cours d’eau et les moulins. Il se rend également acquéreur du terrain du monastère des Dames de Battant. Le père de Pierre-Joseph Proudhon travaille dans cette brasserie comme garçon tonnelier.

Mais comme deux cents ans plus tôt, tous les bâtiments du vallon font partie des démolitions préventives du général Marulaz lors de la campagne de France des guerres napoléoniennes en 1814.

Le fils Greiner, Auguste redresse courageusement son établissement en 1816. Il le revend cinquante ans plus tard à Boiteux père, qui l’exploite jusqu’en 1889 avant que ses fils ne lui succèdent. Ils abandonnent alors l’ancien mode de fabrication et mettent en place un outillage moderne et perfectionné augmentant la production jusqu’à mille hectolitres par mois en 1896.

 

 

C’est en 1911 que la brasserie est cette fois rachetée par le lorrain Jean Gangloff. Il donne son nom à ce qui devient l’une des premières industries bisontines avec près de deux cents employés.

En 1923 après de nombreuses modernisations et extensions la production annuelle atteint les cinquante mille hectolitres et ses bières sont réputées jusqu’à Paris.

Une des raisons de ce succès semble être ce ruisseau de la Mouillère qui produit une eau d’une grande qualité. La publicité (la réclame dit-on, à l’époque) proclame ainsi : Le vin est cher, buvez de la Gangloff!

 

 

Cette prospérité dure jusqu’au début de la seconde guerre mondiale. Mais victime collatérale du bombardement de juillet 1943 qui détruit une partie importante de ces installations, la brasserie a des difficultés à se relever.

Quelques années plus tard, l’essor de l’industrie brassicole française précipite la faillite de la brasserie Gangloff en 1966.

 

Le rapide déclin des brasseries au XX° siècle

En 1910, on compte près de 3 000 brasseries françaises. Pendant la Grande Guerre, de nombreuses industries sont détruites réduisant le nombre des brasseurs à 900. En 1947, 500 établissements sont encore en fonction. Trois ans plus tard, il n’en reste plus que 116. En 1960, la lutte contre l’alcoolisme favorise le déclin de la consommation de bière. Il reste 23 brasseries en France en 1976. Ces chiffres remontent progressivement dans les années 80 pour atteindre une centaine de brasseries. Aujourd’hui malgré l’essor des brasseurs artisanaux, 90 % de la production provient des grosses brasseries industrielles.

 

Le crépuscule industriel

Avec le développement important des industries dans le vallon depuis le début du siècle, les riverains des rues des villas, des villas bisontines et même jusqu’à la place Flore se plaignent de façon répétée des nuisances que génèrent les installations. Il faut aujourd’hui imaginer l’endroit hérissé au fil du temps des cheminées de la brasserie, de la laiterie, du lavoir, de la teinturerie, de l’usine électrique du tramway et de la fabrique de plots.

Depuis le début du siècle et jusqu’aux dernières années d’activité les habitants pétitionnent régulièrement, parfois avec le renfort des instituteurs de l’école de l’Helvétie toute proche, auprès des autorités sanitaires contre les fumées noires et nauséabondes qui empoisonnent leur quotidien, alliées aux bruits des machines à glace et des déchargements de bidons de lait avant l’aube…

En 1911, la ville affiche sur ses murs une enquête publique informant les riverains du futur agrandissement de la brasserie. En effet, grâce à l’acquisition de terrains de l’ancien Grand Séminaire, Jean Gangloff entend continuer d’étendre son entreprise…

… Mais les riverains du vallon pétitionnent pour se plaindre de l’insalubrité de leur quartier. En cause, les suies et les fumées rejetées par la brasserie surtout par vent d’Ouest. Ils réclament de rehausser les cheminées, trop basses, et de les munir d’appareils fumivores. Ils demandent également de n’utiliser que des charbons d’une meilleure qualité de combustion, et de faire charger les chaudières suivant les règles de l’art par des chauffeurs « intelligents et experts »… Les réponses des industriels ne varient pas avec le temps. Ils s’excusent…Ils vont régler le problème…ça n’est pas eux mais leurs voisins…jusqu’à la prochaine réunion.

Mais las ! Cinquante ans plus tard, les nuisances sont toujours présentes dans le vallon. Les suies fines des fumées pénètrent partout, empoisonnent l’air, noircissent le linge et les intérieurs des maisons, même fenêtres fermées.

En 1960, devant une énième fronde des riverains et de réclamations du bureau d’hygiène de la ville, la brasserie tente encore de désamorcer les contestations. Elle fait paraître un article dans les colonnes du journal local où elle s’excuse encore une fois platement.

 

 

Devant cette cohabitation devenue impossible, la municipalité exige le transfert progressif des entreprises du vallon.

Le lavoir est le premier à être démonté en octobre 1965.

 

Démolition du lavoir octobre 1965 photo B. Faille Mémoire Vive

 

En 1966 la laiterie est déplacée à Velotte.

 

Usine UAC en construction à Velotte photo B. Faille Mémoire Vive

 

Le 21 mars de la même année, la société lorraine Champigneulles, désormais propriétaire de la brasserie, écrit au maire de Besançon pour l’informer qu’elle ferme son usine de la Mouillère pour la remplacer par un simple centre de distribution en zone industrielle.

 

Courrier de la société Champigneulles de 1966 Archives municipales

 

Le jour même, la SMCI (Société Moderne pour les Commerces et les Immeubles) acquiert la totalité des terrains occupés par la brasserie à l’angle de la rue Isenbart et de la rue Denfert-Rochereau.

Elle dépose dans la foulée une demande pour la construction d’un ensemble immobilier de 200 appartements !

 

Démolition de la Gangloff Photo B. Faille Mémoire Vive

 

L’immeuble le Président

Cet immeuble de prestige est colossal. Ses hauteurs sont d’ailleurs dérogatoires aux règles en vigueur. Pourtant la municipalité donne rapidement son accord de principe.

Il prend modestement le nom de la SCI « Le Président ». Le nombre de logements est revu à la baisse avec cent trente neuf appartements allant du deux pièces/cuisine aux neuf pièces et chambre de « bonne ». Le tout sur 15 000 m² auxquels s’ajoutent des bureaux, des galeries couvertes et quatre conciergeries en rez-de-chaussée. Pour palier l’instabilité du terrain, le bâtiment repose sur près de deux cent pieux.

Le 29 mars 1968, le permis de construire est délivré. Ce n’est que deux ans plus tard, lorsque les premiers bâtiments s’élèvent, que ses volumes soulèvent l’opposition d’une partie de la population bisontine.

Pour exemple, M. Leroy des Barres conseiller municipal, intervient publiquement lors d’un conseil en 1968 : « […] cet immeuble considérable qui se veut majestueux, mais dont – il faut bien le dire – la masse et surtout la hauteur ont détruit désormais le panorama unique que l’on pouvait avoir depuis l’avenue Foch sur la Citadelle et une partie de la vieille ville. Certains diront que c’est un scandale. Je regretterai simplement quant à moi, que l’on puisse aisément disposer de ce qui devrait être le patrimoine de tous les bisontins […] ».

 

L’immeuble Le Président aujourd’hui photo Alain Prêtre

 

Le lavoir

Les barques lavandières installées sur le Doubs, propriétés privées, font place en 1945, au lavoir municipal installé cette fois sur la terre ferme du vallon. Ces bateaux-lavoirs ne sont pas uniquement de simples laveries, mais bel et bien des lieux où l’on aime se retrouver.

 

 

Ce dernier vestige d’un passé révolu représente encore le gagne-pain d’une dizaine de dames dont l’âge avancé empêcherait de trouver un autre travail. Ce sont les lavandières de Besançon.

L’eau nécessaire provient de la brasserie. L’installation en bois se révèle sommaire. Il s’agit probablement d’une baraque donnée par la Société de la Foire Exposition.

Mais depuis 1958, la municipalité envisage la fermeture du lavoir dont les recettes ne couvrent qu’à peine la moitié des dépenses et dont la chaudière a besoin d’être modernisée pour être aux normes. Il perdure encore six ans avant d’être démoli en octobre 1965.

 

Juillet 1965 photo B. Faille Mémoire Vive

 

Le tramway

Le 6 mai 1896, la première des 15 voitures de la nouvelle Compagnie tramway électriques de Besançon s’élance à 20 km/h d’Isenbart à l’hôtel de ville. Elle se déplace sur une voie unique alimentée en courant continu. Les tramways se croisent sur des voies d’évitement il faut abaisser et remonter manuellement la perche. Un dépôt est construit dans le vallon, assez vaste pour servir à la fois de remise et d’atelier pour les voitures.

Dans son prolongement, usine électrique fournit l’énergie au réseau à l’aide de trois gros chaudières qui alimentent de machine à vapeur de 300 chevaux chacune. Elles actionnent de énormes volants d’inertie de 7 tonnes et 5 m de hauteur accouplées à des dynamos.

Au cours de leur exploitation les tramways ne seront jamais épargnés par les aléas…

En janvier 1910, le Doubs en crue monte jusqu’au vallon. Les moteurs électriques et les tramways sont noyés. Il faut une année pour revenir à une exploitation normale.

En juin 1940, tous les ponts sont dynamités. Le tram n’a plus accès au centre-ville, la Boucle. En avril 1943 les locaux sont détruits par un incendie. Trois mois plus tard, les bombardements aériens détruisent le bâtiment administratif et les toitures voisines s’écroulent sur le matériel et les ateliers.

 

Dépôt tramways bombardé le 16 juillet 1943 photo Marcel Bidoli

 

Et les ponts ressautent en 1944. Les tramways ne repasseront plus la rivière.

 

La passerelle Denfert Rochereau détruite en 1944

 

Noël 1952, les derniers tramways hors d’âge sont définitivement remplacés par des autobus.

En 1961, le réseau de transport TEB, pour « Tramways Electriques Bisontins » laisse la place à la CTB, la « Compagnie des Transports Bisontins », renommée «Ginko » en 2002.

Le dépôt devient un centre de tri postal jusqu’en 1965 et son usines électriques un garage automobile

AUTRES ACTIVITES

LA LAITERIE UAC

Installée à partir de 1928 dans le moulin du fond, l’Union Agricole Comtoise – l’UAC – regroupe quelques 450 sociétaires. A son apogée, elle vend et distribue jusqu’à la moitié de la production de lait régionale, soit 10 millions de litres. Elle fabrique également les premiers yaourts bisontins. Le vieux moulin est démoli en 1966. L’UAC s’installe alors dans des nouveaux locaux à Velotte avant de disparaître définitivement début 80.

 

Au 1er plan l’UAC photo B. Faille Mémoire Vive

 

LA FABRIQUE PACAUD

Émile Pacaud installe son usine mécanique de briques au début du XXe siècle contre le flanc droit du moulin. Elle produit des plots de construction à base de scorie comprimée. Sur l’illustration, on distingue le toit du moulin à droite et une partie de la brasserie en arrière plan.

 

 

L’ATELIER DES BEAUX-ARTS

Vers 1960 l’école des Beaux-arts, trop à l’étroit au Kursaal délocalise pour un temps ses ateliers de sculpture dans l’ancien entrepôt de l’UAC. Celui-ci était utilisé précédemment pour l’embouteillage et la conservation du lait.

 

Atelier sculpture de l’Ecole des Beaux Arts mars 1962 Photo B. Faille Mémoire Vive

 

LA TEINTURERIE PENOT

Propriétaire de trois magasins en ville et plusieurs dépôts dans le département, Paul Penot installe son atelier de teinturerie dans le vallon en 1927. Dès lors, au pied de la tour de la Pelotte, la rivière prend différentes teintes suivant les commandes du jour…

 

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LES GARAGES

Divers entreprises et garages automobile occupent des locaux dans le vallon. Chapuis vers le moulin de l’UAC, Kratz dans l’ancienne usine électrique du tramway, et l’atelier de bobinage électrique Renaud au pied de la venelle qui relie le vallon à la rue des villas bisontines.

 

 

LE TERRAIN DE SPORT

Longtemps les matchs de ligue régionale de Handball se jouent sur le terrain d’Isenbart devant la brasserie. On y joue parfois à la pétanque. Le club Vespa bisontin y organise aussi des concours de maniabilité.

 

Terrain de sport Isenbart ; Fresque Vincent Jacquin 2021 Photo site Plein Air

 

AUJOURD’HUI

De 1964 à 1968, toutes les activités du vallon de la mouillère disparaissent. Reste quelque temps la maison Émile Pacaud qui accueille une famille de dix-huit enfants ! Le seul souvenir encore visible aujourd’hui est le petit pont de béton sur le ruisseau et la dalle de béton posée sur le fond qui permettait de stocker les bidons de lait à 13°C.

Les photographies Moutrille de la fin du XIXe, nous font mesurer les mutations urbaines en plus d’un siècle.

 

Photo Moutrille Mémoire Vive

 

Le vallon a retrouvé son calme. Après la disparition de l’industrie en 1965, l’ensemble du vallon est classé « zone verte ». Mais l’artificialisation des sols est passée par là. Il reste Le Président, le terrain de sport, beaucoup de places de parkings, les ruches du Maire de Besançon et leurs 360 000 abeilles, et des jardins populaires veillant sur la source.

Mais le vallon aurait-il pu connaître un autre destin ?

Finalement c’est un statu quo qui persiste aujourd’hui. Le vallon reste un parking. Et demain ? Des études ont été conduites, ces dernières années, sous l’égide de Grand Besançon Métropole afin d’aménager les berges du ruisseau et en faire un lieu de promenade et de fraîcheur.

 

AUTOUR DU VALLON

La rue des Villas Bisontines

La création de la gare en 1856, l’établissement des Bains et du Casino en 1892, favorisent le développement du quartier des Chaprais. La fin de la guerre de 1870, permet de libérer également ces zones urbaines des contraintes défensives qui touchent les terrains hors fortifications. On peut enfin y construire « en dur ».

À partir de l’ouverture de l’avenue Denfert- Rochereau, héros de la guerre nouvellement achevée, un réseau de rues va se développer comme la rue des villas et la rue Delavelle. L’ensemble des villas bisontines qui donne son nom à la voie qui la dessert, regroupe treize maisons de maîtres édifiées vers 1890 à la place d’une zone maraîchère. Une venelle est aussi ouverte qui rejoint le vallon.

En 1911, la rue compte 85 habitants, alors que celle des villas n’en compte qu’une cinquantaine et l’avenue Denfert-Rochereau 69. La raison ? C’est une voie résidentielle là où ses voisines sont plutôt industrielles. C’est une époque faste pour l’horlogerie à Besançon, et pléthore d’entreprises s’implantent dans ce nouveau quartier.

 

La machine élévatoire PLM

Souvent présente en arrière plan sur les photos du vallon ou de la tour de Pelotte, cette modeste construction intrigue avec sa grosse cheminée…

 

Machine élévatoire avec sa cheminée

 

Situé au bord du Doubs, à l’angle de l’avenue d’Helvétie et Denfert-Rochereau, probablement érigé en même temps que la gare Viotte en 1850, ce petit bâtiment appartient à la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, la PLM.

 

 

Il abrite une machine élévatoire, appelée aussi machine fixe. Il s’agit d’une station de pompage à vapeur. Elle remonte l’eau depuis la rivière jusqu’au niveau de la gare pour alimenter les locomotives. Ces dernières ont en effet besoin de beaucoup d’eau pour fonctionner (environ quarante mètres cubes tous les cent kilomètres).

Sources : fascicule rédigé et édité par M. Frank Brun « Le vallon de la Mouillère » en 2021 ; archives municipales.

 

Cliquez ici pour consulter l’article « Le Vallon de la Mouillère » de la revue « Histoires Bisontines »

Frank Brun